À l’écoute de solutions pour donner de l’amour à la baie Fitch

ENVIRONNEMENT.  La baie Fitch était le sujet de l’heure à l’hôtel de ville du Canton de Stanstead, récemment, à l’occasion d’une consultation sous forme de portes ouvertes visant à trouver une façon de protéger davantage ce secteur particulier du lac Memphrémagog. 

Après une conférence offerte par Memphrémagog Conservation inc. (MCI) et Canards illimités Canada, les participants étaient invités à partager leurs opinions sur différentes options de protection qui sont actuellement sur la table du conseil municipal.

Comme l’explique l’une des élues derrière cette activité, Constance Ramacieri, la santé de la baie Fitch s’est détériorée au fil du temps, notamment par des manifestations de cyanobactéries. «La baie Fitch souffre d’une pression très grande qui a un impact important sur la qualité de son eau. Au cours des dernières années, cela s’est traduit par des éclosions de cyanobactéries qui surviennent de plus en plus tôt à l’été. Avant, on en observait en septembre seulement et maintenant, ça commence dès juillet. C’est préoccupant», partage la conseillère municipale.

Lors de cette rencontre, différentes pistes de solution ont été discutées, dont celle de la conservation de milieux humides par des dons de propriétaires riverains. Une autre avenue est celle entourant la navigation des bateaux de plaisance.

Actuellement, la vitesse est limitée à 10 km/h à moins de 100 mètres de la rive, mais on voudrait analyser la possibilité d’aller peut-être plus loin en termes de réglementation. «La profondeur moyenne de la baie Fitch est d’environ trois mètres, ce qui est très peu. Il y a des bassins olympiques qui sont même plus profonds!», image Mme Ramacieri.

«C’est évident que la navigation nautique a un impact qui est plus important à cet endroit qu’ailleurs dans le lac Memphrémagog. Le mouvement des embarcations fait lever les sédiments, dont le phosphore, qui sont alors remis en circulation et cela crée un environnement propice aux cyanobactéries.»

Comme le précise la politicienne, il n’est aucunement question d’empêcher complètement la circulation des bateaux à moteur dans ce secteur. Ce qui pourrait être fait, donne-t-elle en exemple, est d’imposer la limite de vitesse de 10 km/h partout dans la baie Fitch ou encore interdire certaines embarcations à fort sillage, comme celles utilisées pour pratiquer le «wakeboard».

Une autre avenue qui est explorée pour protéger davantage la baie Fitch serait de revoir l’utilisation du parc Forand, situé sur le chemin Narrows. «On se pose la question à savoir si nous pourrions redonner à ce parc sa vocation d’origine, soit celle d’un marais, afin de créer un poumon qui aiderait à la filtration de l’eau. L’idée ici n’est pas seulement d’enlever simplement l’accès au public, mais réfléchir à une façon d’utiliser autrement cet espace. Est-ce qu’on pourrait y aménager un centre d’interprétation ou encore y construire une tour d’observation qui offrirait une vue unique sur la baie? Toutes les idées sont intéressantes à discuter à cette étape-ci du processus. Mais chose certaine, notre baie a besoin d’amour et il faut trouver les bons leviers pour lui en donner», conclut Constance Ramacieri.