Déchets et émission de GES: les consommateurs magogois pointés du doigt

Par Dany Jacques
Déchets et émission de GES: les consommateurs magogois pointés du doigt
Le règlement sur l’enfouissement et l’incinération de matières résiduelles, qui est entré en vigueur le 19 janvier 2006, a notamment introduit des obligations de captage et d’élimination/valorisation des biogaz, mais, ayant cessé ses activités avant l’entrée en vigueur du nouveau règlement, le lieu d'enfouissement de Magog n’est pas visé par ces obligations. (Photo : gracieuseté photohelico.com)

DÉCHETS. Waste Management n’est pas un pollueur, aux yeux du Conseil régional en environnement (CRE) de l’Estrie, qui cible plutôt la mauvaise gestion des déchets des consommateurs pour expliquer les gaz à effet de serre émanant du lieu d’enfouissement sanitaire de Magog.

Sans être accusatrice, la directrice générale du CRE, Jacinthe Caron, montre du doigt la façon dont chacun d’entre nous gérons nos poubelles à la maison. «Le tri à la source est la base du succès, insiste-t-elle. Il faut éloigner les déchets organiques des lieux d’enfouissement, car ils sont de grands responsable des GES émis dans l’atmosphère lorsqu’enfouis avec d’autres déchets. Il faut s’en servir pour faire du compost, ce qui est beaucoup plus utile pour l’environnement.»

Fermé en 2009, le lieu d’enfouissement de Waste Management a donc accepté plusieurs types de déchets résidentiels au cours de son existence, surtout que les collectes sélectives étaient alors moins répandues.

Voilà pourquoi le site du chemin d’Ayer’s Cliff émet plus de 50 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère par année. «C’est considérable, car ça représente la consommation annuelle d’environ 13 000 voitures, atteste Mme Caron. Par contre, les GES de Waste Management ne représentent qu’environ 7% de tous les GES émis dans la ville de Magog.»

Ce 7% représente le même ratio qu’ailleurs au Québec, incluant le site de déchets fermé de Sherbrooke, aux dires du CRE. Mme Caron rappelle que l’entreprise magogoise offrait un service à l’époque pour répondre à la demande. «Notre passif environnemental est enfoui sous terre. Il existe et on doit vivre avec car la compagnie gérait avec les règles de l’époque. Heureusement que les GES diminuent naturellement avec les années et que l’enfouissement des déchets s’est radicalement amélioré pour être entreposés de façon très étanche».

Et pour éviter de répéter ces «aberrations» du passé, elle recommande de détourner le plus possible les détritus organiques ou matières putrescibles vers le bac brun. «Il faut aussi s’attaquer aux 93% des GES qui ne sont pas émis par Waste Management, prévient-elle. Gardons ou plantons des arbres pour capter les GES et réduisons notamment nos transports.»

Le CRE suggère également d’étendre la collecte des matières compostables dans les commerces, restaurants et hôpitaux.

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