Santé: Legault veut maintenir le front commun pour aller chercher plus de fonds

Patrice Bergeron, La Presse Canadienne
Santé: Legault veut maintenir le front commun pour aller chercher plus de fonds

QUÉBEC — Débouté dans ses demandes à Ottawa, accusé de mollesse par l’opposition, le premier ministre François Legault veut maintenir le front commun des provinces pour obtenir davantage de fonds fédéraux en santé.

Au lendemain d’une proposition de Justin Trudeau jugée «finale» mais insuffisante, le chef caquiste entend faire valoir sa position à la prochaine rencontre avec ses homologues des provinces prévue dans les jours qui viennent. 

Rappelons qu’Ottawa a mis sur la table mardi 46,2 milliards $ de fonds supplémentaires sur 10 ans dans le Transfert canadien en matière de santé (TCS), soit le sixième de ce que les provinces demandaient pour financer la hausse constante des besoins en soins de santé. 

Le Québec obtiendrait ainsi 1 milliard $ par an de plus du fédéral, plutôt que les 6 milliards $ supplémentaires attendus.

Les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale reprochent à M. Legault de s’être écrasé.  

«C’était une longue journée, je suis déçu», a lâché M. Legault en mêlée de presse en matinée.  

«Ça ne règle pas le problème structurel» du financement des soins de santé, a-t-il dit à la période de questions. 

Il a néanmoins tablé sur des gains, comme l’indexation du financement fédéral, pour qu’Ottawa finance ainsi de manière stable 24 % des dépenses en santé au Québec, plutôt que 22 %, une part qui était en décroissance constante depuis le milieu des années 90. 

Le ministre des Relations canadiennes, Jean-François Roberge, estimait mercredi que les négociations n’étaient pas terminées, tandis que M. Legault jugeait que l’offre de M. Trudeau était «finale» pourtant. 

«On a une réunion prévue dans les prochains jours avec (mes homologues des provinces), a affirmé le chef caquiste en Chambre. J’ai demandé qu’on continue le front commun pour demander plus.»

«Échouer en équipe, ça demeure un échec», a riposté le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon en Chambre.  

«Quels services seront coupés? Ou sinon prendra-t-on ces 5 milliards $ manquants que le premier ministre jugeait nécessaires pour la pérennité de notre système?»

En mêlée de presse, autant le ministre de la Santé, Christian Dubé, que le ministre des Finances, Eric Girard, ont assuré que le gouvernement pourra garantir des soins de qualité à tout le monde et mettre en oeuvre son plan de réforme en santé, même sans les fonds supplémentaires espérés du fédéral.

M. Dubé «doit capoter un peu» devant cette offre «non seulement insuffisante, mais ridicule», avait pourtant présumé le député de Rosemont, Vincent Marissal, de Québec solidaire, au côté de son chef parlementaire, Gabriel Nadeau-Dubois. 

«Le premier ministre avait une « job »: aller chercher notre argent à Ottawa pour permettre d’améliorer notre système de santé, hier, il est revenu bredouille», a déploré M. Nadeau-Dubois, en jugeant que M. Legault «s’écrase», selon ses mots. 

«Dans mon livre à moi, c’est un échec. (…) Qu’est-ce qu’il va faire pour le système de santé, au Québec, s’il n’est pas capable de se tenir debout?»

«J’aimerais voir le premier ministre fâché, a lancé le chef de l’Opposition, Marc Tanguay. Ressaisissez-vous! Allez chercher notre butin! (…)  Il doit penser aux patients sur les listes d’attente.»

Le député péquiste Pascal Bérubé, qui connaît M. Legault depuis longtemps, a dit sentir de la résignation chez lui.

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