Une pâtissière de Magog s’y connaît en cannabis comestible

Par superadmin
Une pâtissière de Magog s’y connaît en cannabis comestible
Véronique Lettre veut faire tomber les préjugés à l'égard du cannabis.

Propriétaire du café et bar à jus Atelier C au centre-ville de Magog, Véronique Lettre est bien connue pour ses talents de pâtissière. Toutefois, peu de gens savent que ses compétences culinaires l’ont amené à expérimenter un domaine encore méconnu, celui du cannabis comestible.

La femme d’affaires est son propre cobaye depuis 2015, alors que son médecin lui prescrit du cannabis médical pour soulager les symptômes liés à son deuxième cancer. Pour elle, il n’était pas question de fumer le produit en raison des effets nocifs sur la santé. Elle s’est donc tournée vers la transformation du produit qu’elle a intégré à ses recettes à la maison, à coups d’essais et erreurs, que ce soit sous forme de «cupcake» ou de biscuit, et même dans son café.

Les effets positifs ont été instantanés et au-delà de ce qu’elle avait imaginé. Si bien qu’aujourd’hui, Mme Lettre a recours au cannabis comestible comme un médicament à plusieurs usages. «Avant, j’utilisais des anti-inflammatoires assez puissants pour soulager des douleurs menstruelles, raconte-t-elle. Maintenant, je prends uniquement du cannabis avec une dose adaptée à ma condition. De plus, il n’y a pas de THC, donc aucun effet euphorique. Je peux donc la prendre le matin, avant d’aller travailler, et personne ne s’en rend compte.»

L’autre avantage, explique-t-elle, est que les effets thérapeutiques durent beaucoup plus longtemps lorsque le cannabis est digéré plutôt qu’inhalé, soit entre six et huit heures. «Une dose par jour est généralement suffisante contrairement au Tylenol, que l’on doit prendre aux quatre heures. Et parfois, ça ne fonctionne même pas. Personnellement, je préfère consommer une plante, qui est 100% naturelle, plutôt qu’un produit fait par des chimistes en laboratoire», soutient la mère de deux enfants.

Sa démarche est loin d’être improvisée. La principale intéressée a suivi une formation pointue en ligne offerte par la «THC University», en plus d’être accompagnée par un mentor aux États-Unis. Elle suit également les activités d’une organisation intitulée «Women Grow», formée par des femmes à la tête d’entreprises spécialisées en cannabis comestible. «Je prends cette démarche très au sérieux, assure-t-elle. Je veux le faire dans les règles de l’art et de manière professionnelle. C’est vraiment une science en soi. Mon but serait, un jour, de vendre mes produits dans un commerce ou sur Internet, tant pour les consommateurs médicaux que récréatifs.»

Elle précise que ces produits ne pourraient être vendus à l’Atelier C puisque l’établissement devrait être interdit aux moins de 18 ans, ce qui ne cadre pas dans la philosophie de l’entreprise.

Briser les tabous

En acceptant de parler ouvertement de sa démarche, Véronique Lettre souhaite briser les tabous et les préjugés entourant le cannabis. Elle espère aussi que son message amènera le gouvernement à changer son fusil d’épaule puisque pour l’instant, la future réglementation entourant la légalisation du cannabis interdirait la forme comestible.

Elle a d’ailleurs présenté un mémoire sur le sujet lors d’une consultation publique sur l’encadrement du cannabis, le 1er septembre dernier, à Granby. Une rencontre à laquelle était notamment présente la ministre de la Santé publique, Lucie Charlebois. 

«J’ai accepté de sortir de l’ombre et de m’assumer pleinement, car j’y crois profondément. Avant, j’avais peur de la réaction des gens et que ça nuise même à mon commerce. Mais si je veux faire bouger les choses et partager mes connaissances pour aider d’autres personnes, c’est le moment ou jamais de foncer», conclut-elle.

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