Le Mont-Orford dans la mire de Gilles Bélanger

Par Dany Jacques
Le Mont-Orford dans la mire de Gilles Bélanger
«Je ne suis pas un sauveur

ÉCONOMIE. L’homme d’affaires derrière l’École Montessori et le Carrefour Santé Globale, Gilles Bélanger, s’offre pour assurer la pérennité de la station touristique du Mont-Orford. Une proposition d’achat est possible si les installations sont à vendre.

Le Magogois de 57 ans ne passe pas par quatre chemins. Selon lui, le statu quo à la montagne sera inadmissible dans trois ans. «Il faut donc bouger rapidement. On peut miser sur la continuité, mais sous une forme plus dynamique», résume-t-il.

Gilles Bélanger assure qu’il ne s’agit pas de paroles en l’air. La passion des affaires, du sport et du plein air inspire celui qui vient de compléter son 12e Ironman. «J’ai parlé avec d’autres passionnés qui souhaitent relancer le ski et le golf au Mont-Orford. La station vient de compléter un bon redressement des finances, place maintenant à l’audace, aux rêves», lance-t-il.

Gilles Bélanger se voit déjà assis à une table, à titre d’actionnaire ou de collaborateur, avec des gens visionnaires et spécialistes de ski. Des gens expérimentés dans cette industrie pour complémenter les élus municipaux de la MRC de Memphrémagog, un organisme qui possède actuellement les installations à Orford et qui a créé un organisme sans but lucratif (Corporation Ski Golf Mont-Orford) pour gérer les activités. Il souhaite aussi mettre à contribution les administrateurs en place pour bonifier son «dream team».

M. Bélanger pense notamment à des «visionnaires» comme Robert Benoit et André L’Espérance (ce dernier possède des terrains voisins au domaine skiable) pour améliorer et diversifier l’offre au Mont-Orford. Hébergement discret en montagne, chalet au sommet, partenariat ski alpin et ski de fond, place aux sports à la mode comme le ski de montagne (peau de phoque), télésiège pour amener skieurs à la montagne à partir des hébergements situés à l’extérieur des limites du Parc national du Mont-Orford figurent dans ses plans. «Certaines de ses idées ont été lancées par le passé; il faut rattraper les meilleures et les exécuter», lance-t-il.

Gilles Bélanger ne croit pas que la présence d’un parc national freinera ses ardeurs. Il pense à ce que la SÉPAQ a fait dans les Chics-Chocs, en Gaspésie, (auberge en montagne) pour s’inspirer de ce qui est possible de réaliser ici tout en respectant les règles environnementales.

L’homme d’affaires, qui dit avoir les reins assez solides pour s’investir ainsi et qui a réalisé des projets immobiliers totalisant plusieurs millions de dollars aux quatre coins de la planète, se dit prêt à fouiller dans son portefeuille pour investir dans la montagne. Avec la passion qui l’allume en parlant du Mont-Orford, il se croit en bonne posture pour convaincre le Québec Inc. du lac Memphrémagog à investir dans l’un des moteurs de l’économie régionale.

Gilles Bélanger ne se voit pas comme un sauveur. Par contre, il se dit à prêt à prendre les commandes pour rassembler des gens intéressés à relancer le ski. Le golf l’intéresse moins. «Je suis prêt à collaborer, mais à la vitesse grand V, sans faire de politique», prévient-il.

Une oreille attentive

Jacques Demers, président de la Corporation Ski & Golf Mont-Orford, écoutera attentivement les propositions de M. Bélanger. Il signale cependant que rien n’a été déposé officiellement et qu’il ne connaît pas les partenaires financiers de l’homme d’affaires magogois, ni l’importance de son portefeuille.

Selon M. Demers, l’objectif n’est pas de vendre ou non le Mont-Orford, mais d’en assurer sa pérennité. «Tant mieux si quelqu’un peut amener la montagne plus loin, mais ce sera une décision prise par les 17 municipalités de la MRC», dit-il.

L’art d’investir temps et argent dans Magog-Orford

Gilles Bélanger ne s’intéresse pas seulement au Mont-Orford. Des millions pleuvront bientôt pour relancer l’îlot Tourigny et possiblement l’ancien Club Azur.

Le développement de la route 112, entre la rue Merry de Magog et le Mont-Orford, intéresse particulièrement cet homme d’affaires. Entre cinq et six millions $ seront bientôt annoncés pour la construction d’un bâtiment commercial (entreprises de technologie de l’information et professionnelles) à l’angle des rues Principale et Saint-Patrice, derrière le centre communautaire.

Une offre d’achat est sur la table pour relancer l’ancien Club Azur, plus récemment transformé en Centre culturel sur la rue Desjardins. Si son souhait s’exauce, la transaction comprendra également le Club de tennis pour le renipper. Son objectif est de relancer le tennis, mais aussi d’y aménager le volet secondaire de l’École Montessori. «Nos élèves pourront profiter du tennis, mais aussi de la Plage des Cantons pour des activités connexes comme la voile», se réjouit-il.

Il souligne d’ailleurs l’excellente collaboration de la Ville de Magog dans ces deux dossiers.

D’autres terrains et propriétés sont aussi dans sa mire, comme les anciens bureaux de Boréalis et le presbytère Saint-Patrice. «Je n’ai pas encore d’idée pour l’ex-Boréalis, mais je vois très bien le presbytère transformé en mini-résidence pour retraités autonomes, qui pourraient se partager ces espaces au lieu de s’ennuyer chez eux», explique M. Bélanger.

Même la Plage des Cantons est sur sa table à dessin, car des plans de jeux d’eau et d’une piste d’hébertisme ont été récemment déposés à la Ville.

«Je rêve d’un Magog et sa montagne différents de Bromont et de Tremblant, mais où il fait bon rêver, créer, travailler et s’amuser. Dans le respect de notre patrimoine, de notre environnement et de l’avenir. Il y a encore quelques horreurs dans le voisinage, mais nous ne pouvons tout faire en même temps», termine-t-il.

200 emplois livrés au Carrefour Santé Globale

Gilles Bélanger et ses partenaires sont bien fiers de leur nouveau-né, en l’occurrence le Carrefour Santé Globale, un mini centre commercial situé sur la route 112 à Magog, près du chemin Southière.

Comme prévu, 200 emplois ont été créés grâce à un investissement de dix millions de dollars. La clinique médicale privée, Choix Santé, est déjà ouverte, tout comme l’Institut médico-athlétique Kin Impact (kinésiologie, nutrition, coaching) et Triade Santé.

S’ajoutera bientôt l’épicerie fine Avril à la fin août, la Boulangerie Owl’s Bread, la clinique esthétique MÜ, le Studio Breathe (yoga, boxe) et deux entreprises provenant des technologies de l’information.

De plus, la boutique sportive Vivre à fond complétera bientôt le portrait grâce à l’investissement financier de trois sportifs connus dans la région, soit Frédéric Côté, Christian Vachon et Gilles Bélanger.

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