Le dollar baisse et le prix du panier d’épicerie explose

Par Christian Caron
Le dollar baisse et le prix du panier d’épicerie explose
En cette période de crise, les consommateurs peuvent consulter plusieurs ressources pour mieux connaître les produits d'ici. (Photo : Depositphotos - Gpoint Studio)

SOCIÉTÉ. Quand la valeur du dollar canadien est à la baisse, le prix du panier d’épicerie explose inévitablement. Les consommateurs peuvent s’attendre à payer encore davantage dans les mois à venir.

Avec un dollar canadien qui tourne actuellement autour de 70 cents, la facture des importations s’alourdit. Résultat : le prix des aliments importés monte en flèche, notamment pour les fruits et légumes.

Coordonnatrice de l’Association coopérative d’économie familiale de l’Estrie (ACEF-Estrie), Sylvie Bonin est bien placée pour expliquer les inconvénients qui en découlent. Depuis 1972, l’ACEF fait la promotion des droits et intérêts des consommateurs, principalement ceux à faible et modeste revenu.

«Quand le prix d’épicerie augmente, ça touche la classe moyenne, mais ça affecte davantage les plus démunis parce que ceux-ci ont évidemment moins de marge de manœuvre», fait valoir d’entrée de jeu Sylvie Bonin.

Les données à cet effet sont éloquentes et incitent à la réflexion. On a noté une augmentation moyenne de 325 $ pour le panier d’épicerie en 2015 et cette augmentation sera de 350 $ en 2016.

Les fruits et légumes consommés au Canada proviennent de l’extérieur dans une proportion de 81 %. «L’été, on peut s’en tirer assez bien grâce à la présence de marchés locaux ou à un potager derrière la maison. Mais en hiver, c’est différent. J’ai été estomaquée de voir le chou-fleur à 8,00 $ la semaine dernière. Le prix du raisin a également quadruplé depuis un an. Et que dire de la viande et du poisson», se désole la coordonnatrice de l’ACEF-Estrie.

Les gens moins fortunés doivent forcément diminuer la qualité de leur panier d’épicerie. Moins de fruits et moins de légumes frais. Sans compter que certains coupent déjà les petits luxes : un bon fromage ou des fruits de mer, par exemple.

«Il faut réaménager le panier d’épicerie, faire les choses différemment. Plutôt que d’acheter du bœuf haché, on y va avec du porc haché. Plutôt que de prendre exclusivement du bœuf haché, on peut favoriser le tofu pour sa sauce à spaghetti. Il faut se montrer créatif pour se procurer sa dose de protéines, on doit planifier davantage», insiste-t-elle.

Stratégies

Chaque geste doit être planifié. À commencer par la gestion du frigo. Éviter le gaspillage et utiliser tous les restants s’avèrent la consigne à suivre. Sylvie Bonin suggère de ne faire qu’une épicerie par semaine plutôt que d’y aller à deux ou trois reprises. «En y allant une seule fois, ça exige de nous y préparer à l’avance et à planifier chaque repas. Si on y va à trois reprises, on risque de se laisser tenter par des achats moins appropriés», précise Sylvie Bonin.

Si le coût des légumes frais est élevé, on peut se tourner vers les légumes surgelés qui conservent une excellente valeur nutritive.

Sylvie Bonin invite aussi les consommateurs à se montrer attentifs au sujet des spéciaux annoncés. «Parfois à première vue, on peut penser que les spéciaux affichés sont intéressants alors qu’en réalité la différence est très minime. C’est bon de prendre l’habitude de noter les prix et de mémoriser cette information quand on tombe sur une véritable aubaine. On peut par la suite mieux définir ce qu’est un prix en spécial et ce qui est un simple appât pour nous attirer vers cette épicerie», suggère Mme Bonin.

Celle-ci estime qu’il faut aussi user d’astuces dans les allées des épiceries. Pour se procurer des arachides, par exemple, on doit parfois se rendre à l’allée des produits en vrac. L’écart du prix vaut le détour. «On doit aussi prendre l’habitude de regarder vers le bas des tablettes. Les céréales en gros format sont fréquemment sur la tablette du bas. Se pencher vaut la peine», assure la principale intéressée.

Biens à la consommation

Les consommateurs risquent aussi, si ce n’est pas déjà le cas, de voir les prix des biens à la consommation monter progressivement. «J’ai cru entendre que les coûts d’opération des magasins seront de l’ordre de 5 %. Ceux-ci ont laissé entendre qu’ils souhaitent éviter de refiler cette hausse aux consommateurs, mais la réalité est souvent toute autre», déplore Mme Bonin qui recommande aux gens de fréquenter plus souvent les friperies qui offrent de belles choses. «Si vous avez le souci d’économiser, tout en vous souciant de l’environnement, c’est un bon choix», exprime cette dernière.

Selon elle, la tendance à favoriser les échanges de biens et la formule du troc pourrait se propager dans les années à venir.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires