La protestation gagne les policiers de Memphrémagog

Par Dany Jacques
La protestation gagne les policiers de Memphrémagog
La protestation contre le projet de loi 3 sur les retraites devient de plus en plus visible à la Régie de police Memphrémagog

Les quelque 100 employés syndiqués de la Ville de Magog ne revêtiront pas leur mécontentement contre le projet de la loi 3, et ce, contrairement aux policiers de la Régie de police Memphrémagog qui patrouillent en jeans depuis quelques jours.

Depuis le 25 juillet dernier, la Coalition syndicale pour la libre négociation, incluant le Syndicat de la fonction publique (SCFP Québec) et la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec, a demandé à ses membres de la province de laisser de côté leur uniforme et d’ajouter une touche personnelle à leur habillement. L’objectif consiste à rendre visible leur mécontentement face à la libre négociation dans le dossier des régimes de retraite.

«On hausse le ton d’un cran envers les municipalités, sans pour autant nuire aux services à la population. Cette mesure se poursuivra tout l’été et d’autres actions sont à venir sous peu», explique le porte-parole de la Coalition, Marc Ranger.

Le Syndicat des employés municipaux de Magog ne participe pas au mouvement «pour l’instant» aux dires de son vice-président, Robby Rodrigue. Ce dernier demeure prudent sur les raisons qui motivent ses troupes à ne pas manifester, disant tout simplement que les négociations avec la Ville de Magog reprendront après les vacances estivales. La centaine de syndiqués magogois, qui travaillent à l’hôtel de ville et au garage municipal, sont sans contrat de travail depuis environ deux ans.

À l’inverse, l’Association des policiers et policières de Memphrémagog adhère au mouvement provincial, qui refuse les possibles modifications aux régimes de retraite des employés de l’État. Le président Mario Leblanc déplore les intentions du gouvernement qui risquent de toucher aux ententes locales même si elles ont été négociées dans une convention collective. «On n’a absolument rien contre nos conditions de travail ni contre nos patrons, mais on n’accepte pas que le gouvernement change les règles du jeu et en impose de nouvelles», dit-il.

M. Leblanc favorise la libre négociation, comme à Magog, où des ententes entre les deux parties ont notamment permis de réduire le déficit actuariel du Régime de retraite des policiers de Memphrémagog de 1,6 million $ à 135 000 $. La convention de travail est également valide jusqu’au 31 décembre 2016.

La coalition provinciale a proposé le port de jeans ou de pantalon de combat, mais les policiers de Memphrémagog ont opté pour le jeans seulement. De plus, des collants arborant le slogan «On n’a rien volé (nous)» ont été apposés sur les véhicules de patrouille et les vestes pare-balles. «On n’ira pas plus loin pour l’instant et aucun service à la population ne sera touché», précise M. Leblanc.

On n’observe cependant pas d’écart de conduite comme dans d’autres régions (hôtel de ville arrosé d’eau, patrouilles tapissées de collants, boue sur des autos), ce qui rassure la direction de la Régie de police Memphrémagog. Les deux parties se sont d’ailleurs rencontrées lundi dernier pour discuter du dossier. «Les mesures demeurent mineures, mais c’est tout de même légèrement irritant, surtout pour une profession qui requiert un certain «standing». Je voulais aussi m’assurer que les policiers n’utilisent pas les équipements dans leurs moyens de pression même s’ils ont le droit de manifester», dit-il.

Jusqu’à maintenant, même si les syndiqués municipaux magogois sont restés plus tranquilles, les policiers ont manifesté publiquement leur opposition au projet de loi 3 à deux autres reprises en juin dernier. Ces démonstrations de visibilité se sont traduites en deux bruyantes séances de 15 minutes chacune devant l’hôtel de ville de Magog et le poste de police du chemin Southière, sirène et gyrophare en action.

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