Festival de films de Magog: un dossier qui soulève les passions

Par Vincent Cliche

Le maire de Magog, Marc Poulin, veut bien étudier la possibilité que sa municipalité accueille un festival de films, pourvu que le dossier soit bien ficelé, ce qui, à son avis, n’est pas le cas pour le moment.

Ce dossier a rebondi publiquement sur la table des élus à la dernière séance du conseil, le 6 juillet dernier. Le festival, auparavant présenté à Tremblant, est maintenant à la recherche d’une nouvelle ville hôtesse. L’histoire avait été débattue à l’occasion d’un plénier le 29 juin.

Bien qu’il ne soit pas contre l’idée d’un tel événement, le premier magistrat déplore la façon dont le dossier a été ficelé. «Ça été très mal monté, souligne Marc Poulin. Il n’y a aucun plan d’affaires. Il y a aussi beaucoup de questions qui demeurent sans réponse.»

Là où le bât blesse, selon M. Poulin, c’est au niveau d’une des demandes du promoteur. «On voulait que la Ville engage quelqu’un pour trouver des commanditaires pour financer l’événement, explique-t-il. La Ville est là pour agir en tant que levier, pas en tant que promoteur. Je n’ai aucun problème à offrir un plateau pour présenter l’événement, mais on ne peut pas monter ce festival à la place des promoteurs.»

Le maire de Magog espère également obtenir certaines réponses de la part des promoteurs. «Je me demande pourquoi Tremblant ne veut plus de ce festival. Elle injectait 80 000 $ pour des retombées de plusieurs millions, mais là, elle ne veut plus. Pourquoi? On a aussi dit qu’une troisième ville était dans la course. Quelle est cette ville? Ce genre de négociations, ça ressemble à un vendeur de voitures usagées», laisse entendre Marc Poulin. «Pour l’instant, ma priorité, c’est de renforcer les événements qu’on a déjà sur notre territoire», conclut-il.

Des supporters

Lors de la réunion du 6 juillet, des représentants de la Chambre de commerce et d’industrie Magog-Orford ainsi que de la Société de développement commercial du centre-ville de Magog (SDC) sont venus appuyer la démarche pour obtenir de plus amples informations sur le projet.

Le conseiller municipal Alain Vanden Eynden s’est rangé derrière eux. «Il faut étudier ce dossier davantage. Nous ne sommes pas allés assez loin», a-t-il dit, sans toutefois vouloir se lancer dans une guerre de chiffres.

Selon celui qui est également le président de la Commission de la culture et de la nature, Magog pourrait bénéficier de la tenue d’un tel événement. «Ça se déroulerait en juin. La plupart des entreprises touristiques ont déjà embauché leur personnel, mais il manque l’achalandage. L’événement viendrait combler cette période creuse. La couverture médiatique viendrait aussi donner une belle image à la région peu de temps avant le début de la période estivale.»

Et si le maire Poulin refuse toujours les demandes du promoteur, M. Vanden Eynden serait-il tenté d’utiliser ce dossier pour lancer sa propre campagne électorale? «Je ne veux pas faire de cet événement un enjeu politique, note celui qui est toujours en réflexion à savoir s’il veut briguer les suffrages à titre de maire de Magog en novembre prochain. Je pense seulement que c’est un beau dossier pour Magog. C’est un événement de qualité, qui attirerait les gens et qui tombe en plein dans notre vision culturelle.»

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