Andrée Fortier donne toujours des cours de chant et de piano à 98 ans

Par Dany Jacques
Andrée Fortier donne toujours des cours de chant et de piano à 98 ans
Andrée Fortier adore partager sa passion du piano et du chant. (Photo : Le Reflet du Lac - Dany Jacques)

PORTRAIT. Andrée Fortier n’a plus besoin de présentation à Eastman, étant notamment la doyenne à 98 ans en plus de donner des cours de chants et de piano tout à fait gratuitement à d’autres retraités.

Cette dame en santé a consacré toute sa vie aux arts et à la culture. Le piano a été son premier amour comme instrument, avant de passer à la guitare, au ballet, au chant et à la peinture. Elle a étudié et approfondi ces formes d’expression artistique avant de les enseigner à plusieurs dizaines de gens pendant toute sa vie.

Le piano a été néanmoins au coeur de sa carrière. Elle se rappelle, comme si c’était hier, de sa performance en solo sur la scène du Palais Montcalm à Québec. Elle a joué dans plusieurs autres salles de la province, en plus de s’offrir en spectacles en direct sur les ondes de différentes stations de radio.

Aujourd’hui, ses deux élèves retraités profitent de ses talents et de son expérience pour perfectionner le piano et le chant. «L’une de mes élèves de 75 ans pourrait même présenter un concert», lance-t-elle avec fierté.

Elle assiste à moins de spectacles qu’avant, mais une amie lui permet de voir et d’entendre des prestations d’opéra en direct à partir d’une salle du cinéma Galaxy à Sherbrooke. «J’adore l’opéra», ajoute Mme Fortier.

Cette dame de 98 ans habite Eastman depuis une trentaine d’années. Elle et son défunt conjoint habitaient précédemment près du lac Bowker avant de s’installer à Eastman. N’ayant jamais eu d’enfant, elle a pu consacrer entièrement sa vie aux arts pendant que son mari travaillait dans une usine de Saint-Hyacinthe. «Je ne voulais pas passer mes journées à ne rien faire, témoigne-t-elle. Ça me coûtait deux dollars pour me rendre à Montréal en autobus et pour perfectionner mes passions. On finissait ça parfois dans des bons restaurants.»

Mme Fortier a surtout foulé les scènes québécoises. Elle avoue toutefois timidement que son rêve était de jouer dans les grandes salles du monde. Faute d’avoir laissé sa marque à l’étranger, elle a laissé sa trace dans les esprits de ses élèves, tout en étant aux premières loges de la création des Jeunesses Musicales en 1949. Elle était notamment au côté de Gilles Lefebvre dans cette organisation, selon son récit, qui a créé le Centre d’arts Orford, devenu aujourd’hui Orford Musique.

Par ailleurs, la politique a toujours tenu une place importance dans sa famille et dans son entourage. Sur la scène municipale, elle appuie haut et fort la mairesse Nathalie Lemaire. Cette dernière identifie même Mme Fortier comme la personne l’ayant convaincue de se présenter à la mairie, en 2021. «Elle m’a dit que je ne pouvais pas laisser tomber la communauté», se rappelle Mme Lemaire avec joie.

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