Une citoyenne demande l’installation de conteneurs de verre à Magog

Par Pierre-Olivier Girard
Une citoyenne demande l’installation de conteneurs de verre à Magog
Le verre qui serait déposé dans le conteneur serait ensuite recyclé par l'entreprise 2M Ressources située à Saint-Jean-sur-Richelieu. (Photo : (Photo Depositphotos - Pixinooo))

RÉCUPÉRATION. Une citoyenne interpell les élus de Magog afin que la Municipalité déploie sur son territoire des conteneurs de récupération de verre.

Janie Gagné s’inspire de ce qui se fait un peu partout au Québec et non loin d’ici, à Eastman et à Saint-Denis-de-Brompton. Il s’agit d’installer des dépôts volontaires pour le verre afin d’éviter que la matière se retrouve dans les bacs domestiques, où la récupération est plus difficile.

«La verre qui est mis dans nos bacs sert en ce moment d’agrégats au centre d’enfouissement, alors que c’est une matière qui se recycle à l’infini. De plus, lors des collectes, le verre se brise et contamine les autres matières recyclables. En le détournant dans des conteneurs, on augmente la pureté des autres matières recyclées et donc, leur valeur marchande», explique Mme Gagné.

La Magogoise Janie Gagné a interpellé les élus lors de la période de questions de la séance du conseil municipal, le 4 février dernier. (Photo Le Reflet du Lac – Pierre-Olivier Girard)

Avec l’appui de plus de 500 personnes, qui ont signé une pétition en ligne, la citoyenne demande à ce que les conteneurs soient placés à des endroits stratégiques, comme des épiceries ou encore près d’une succursale de la Société des alcools du Québec. Selon elle, les coûts de transport vers l’entreprise responsable de recycler le verre, soit 2M Ressources à Saint-Jean-Sur-Richelieu, sont de 525 $. De plus, la Ville doit assumer la location du conteneur établie à 75 $ par mois.

«Pour avoir une idée, Eastman doit faire vider son conteneur trois fois par année, alors qu’à Magog, nous avons 15 fois plus de population permanente, donne-t-elle en exemple. Ce projet serait même potentiellement admissible à une compensation de Recyc-Québec, qui couvrirait entre 55% et 96% des frais, selon l’indice de performance de la Municipalité. Bref, ça peut potentiellement presque ne rien coûter à la Ville.»

Janie Gagné rappelle que le sable, servant à la fabrication du verre, n’est pas une ressource inépuisable et que les besoins planétaires dépassent actuellement les sources disponibles. «L’an dernier, l’humanité a utilisé environ 50 milliards de tonnes de sable, l’équivalant de 18 000 fois le stade olympique de Montréal,  plein à rebords. Ce qui est quatre fois plus de ce que les fleuves et les océans du monde produisent en une année. Oui, on a beaucoup de sable au Québec. Mais est-ce qu’on peut se demander à quelle distance nous irons dans 25 ou 50 ans quand les grands dépôts situés dans le sud du Québec auront été exploités?», s’interroge-t-elle.

 

Une demande bien accueillie

Avant même que cette demande soit déposée, la Ville de Magog étudiait déjà la possibilité d’implanter cette initiative sur son territoire. Selon la conseillère Diane Pelletier, qui est membre du comité consultatif en environnement, il est plus probable que la Municipalité installe un seul conteneur pour commencer.

«Il y a trop de contamination à l’heure actuelle dans nos centres de tri pour se croiser les bras et ne rien faire. L’idée d’un conteneur pour le verre est intéressante, mais à mes yeux, il s’agit d’une solution temporaire en attendant une stratégie gouvernementale. Le gouvernement doit faire quelque chose, surtout qu’il y a beaucoup de rattrapage à faire, sachant que le Québec et le Manitoba sont les seules provinces à ne pas avoir de consigne sur le verre», déplore Diane Pelletier.

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