Tensions entre voisins à la Marina Yacht Club St-Benoît

Par Dany Jacques
Tensions entre voisins à la Marina Yacht Club St-Benoît
Même si la Marina Yacht Club St-Benoît n’accepte aucun bateau à moteur, sa reconfiguration inquiète quelques voisins. (Photo : Photo gracieuseté – photohélico.com)

NAUTISME. La reconfiguration des quais de la Marina Yacht Club St-Benoît, au lac Memphrémagog, déplaît tellement à quelques voisins que le dossier se déplace devant les tribunaux.

Située dans la baie Sergent à Austin, cette marina qui n’accueille que des voiliers, sans aucun bateau à moteur, souhaite déplacer ses quais, mais tout en gardant le même nombre d’emplacements, soit 99.

Le principal voisin concerné, Philippe Plumet, digère mal ces changements, car il perd la location annuelle de 38 000 $ que lui versait la marina pour se coller à sa propriété, et ce, depuis plus de 35 ans. «Je m’y oppose, car la marina ne s’éloigne pas beaucoup de ma rive. Je risque de vivre avec une certaine nuisance, mais sans compensation financière», déplore-t-il.

M. Plumet, dont le père était parmi les fondateurs de la marina, craint aussi que cette modification déplace des voiliers encore plus loin vers le centre du lac. Selon lui, la plage publique risque également de disparaître.

«Je crains une dévaluation de 40 % de ma propriété. Voilà pourquoi j’embauche un avocat pour maintenir le statu quo, ou même réduire le nombre d’emplacements», lance-t-il.

Des craintes partagées par des voisins

La famille Voyer, qui possède une autre propriété voisine, craint également de subir des inconvénients à la suite du déplacement des quais et voiliers sur le lac Memphrémagog. Elle tient à préciser qu’elle ne participe pas à ce litige. Le doyen de cette famille, Pierre Voyer, fait aussi partie des fondateurs de la marina.

La famille Voyer a profité de longues années de bon voisinage avec la marina, mais ce changement risque, à ses yeux, de lui occasionner des nuisances. «Notre perdrons notre vue vers la baie, car nous ne verrons que des quais et des embarcations, s’inquiète le fils Michel. Je crains également une dévaluation des propriétés, car les voiliers circuleront davantage devant nos maisons.»

Une demande conforme, selon les autorités

La mairesse d’Austin, Lisette Maillé, confirme que la demande de la marina est conforme aux règlements de la Municipalité. Un certificat d’autorisation a donc été émis. Selon elle, la balle est maintenant dans le camp du Centre d’expertise hydrique du Québec, qui analyse actuellement la demande des usagers de la marina.

Le dossier semble cheminer au goût des plaisanciers, car la direction régionale du ministère de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques indique que des représentants de cet organisme ont récemment rencontré le Ministère pour présenter leur projet, qui consiste à reconfigurer la disposition de leurs quais sans en augmenter la superficie, et ce, afin de régler un litige civil.

Des autorisations à Québec et Ottawa

«Cette marina possède déjà une autorisation ministérielle et le Ministère ne demandera pas de modifications ou une nouvelle autorisation dans les circonstances pour les travaux proposés», détaille le porte-parole régional, Daniel Messier.

Le Yacht Club a également déposé une demande auprès du ministère des Transports du Canada pour obtenir une autorisation en vertu de la loi sur la protection de la navigation. Les personnes désirant s’exprimer sur la question ont 30 jours pour le faire auprès du Programme de protection de la navigation, Transports Canada, 401-1550, avenue d’Estimauville, Québec, G1J 0C8.

Pour sa part, le président du groupe Memphrémagog Conservation Inc. (MCI), Robert Benoit, ne s’opposera pas à la démarche de la marina. «Je crois qu’il s’agit davantage d’un litige entre voisins que d’un problème environnemental», résume-t-il.

Par contre, il invite les acteurs en cause à communiquer avec la Marine marchande du Canada s’ils pensent que la libre circulation des bateaux sera brimée.

Quant au député d’Orford, Gilles Bélanger, il questionne la pertinence de cette reconfiguration, compte tenu les possibles impacts négatifs sur les voisines et la circulation sur le lac.

La Marina assure respecter les règles de l’art… et les voisins

La Marina Yacht Club St-Benoît assure que la configuration de ses quais s’effectuera dans les règles de l’art et en respectant le voisinage.

Le porte-parole Denis Verville explique qu’il s’agit d’un réaménagement englobant le même nombre de voiliers accostés depuis les dernières années. Il est convaincu que la reconfiguration n’affectera pas la circulation des embarcations au large et n’embarrassera pas les voisins.

«Je rappelle qu’on n’accepte que des voiliers sans aucun bateau à moteur. La circulation à proximité des quais se fera très lentement. Nous garantissons la sécurité et la quiétude», assure-t-il.

M. Verville dit avoir fait toutes les vérifications nécessaires auprès des ministères fédéraux et provinciaux pour connaître et faire valoir les droits des membres de la marina. Selon lui, le processus avance bien et il espère un réaménagement pour la prochaine saison estivale. Ne reste que l’étape du ministère des Transports du Canada à finaliser.

Le porte-parole de la marina croit que le litige origine du voisin Philippe Plumet, qui perdrait ainsi des revenus annuels de location. «Il souhaitait presque doubler son tarif à 72 000 $ (65 000 $ selon M. Plumet) car nos installations touchaient à sa propriété. Notre proposition lui fait redonner sa rive et nous épargnerons beaucoup d’argent, tout en utilisant la surface de l’eau située face à notre terrain, comme le prescrit la loi», explique M. Verville.

 

 

 

 

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Frederick Hardy
Frederick Hardy
3 années

Je comprends le voisinage et de l’inquiétude par apport à la vue, je suis un plaisancier de la marina depuis plusieurs années, j’ai vu des baies occupées tous les weekends par des gens qui ont des bateaux à l’épaule jusqu’à 8 parfois faire du bruit jusqu’au petites heures du matin.

Malgré le fait que nous seront un peu plus dans la vue des riverains, je crois qu’une marina de voiliers reste un bons compromis.

Pat
Pat
2 années

La vraie histoire du YCSB Est la vente et l’achat d’action
$65.000 pour une action, et Judge Bouchard ? Oui Judge Bouchard de Sherbrooke à profité de sa position come commodore du club pour changer la structure des action , d’origine le club a émis des actions class A avec privilege et class B Non privilege , les actionA de plus haute valeur que les actions B le changement a augmenté la valeur de son action B ???$$
Je connais bien l’histoire du club ?

Si le club est réduit en nombre d’emplacement suivant les decision de la court , quel actionnaire garde son emplacement ?? Qui reste ,Et quel valeur auront les actions. ???