Sentier Massawippi: la petite histoire d’un grand succès de plein air

Par Dany Jacques
Sentier Massawippi: la petite histoire d’un grand succès de plein air
Le fiduciaire et bénévole Normand Brière, ainsi que la présidente Margot Heyerhoff représentent la Fondation Massawippi et la Fiducie de conservation de Massawippi. Ils marchent sur le populaire Sentier Massawippi. (Photo : Le Reflet du Lac – Dany Jacques)

CONSERVATION. Le Sentier Massawippi a connu un engouement spectaculaire pendant la dernière période hivernale. Plusieurs randonneurs ont foulé ce réseau pédestre pour la première fois, mais les créateurs de ce vaste espace vert travaillent sur la protection de ces terres depuis plus de dix ans. Elles atteignent aujourd’hui une superficie de 1200 acres, ce qui représente quelque 900 terrains de football américain.

La présidente actuelle de la Fondation Massawippi, Margot Heyerhoff, était aux premières loges avec une poignée d’anglophones au milieu des années 2000, lorsqu’une rumeur de développement immobilier sur la rive ouest du lac Massawippi vient jusqu’à leurs oreilles.

Elle, le regretté Jake Eberts, Carmand Normand, Thomas Wilcox, Norman Webster et le regretté David Rittenhouse se sont alors unis pour freiner les élans des constructeurs et protéger cette forêt vierge et ce bassin versant jugés vulnérables.

«J’ai promis à M. Rittenhouse, la veille de son décès dû à un cancer, qu’il pouvait nous quitter en paix, car nous allions tout mettre en œuvre pour réaliser son rêve», se souvient Mme Heyerhoff avec émotions.

 

TOUT COMMENCE AVEC LE DON D’UNE FEMME DE NEW YORK

L’histoire débute avec l’acquisition du terrain de la New Yorkaise Louise Ransom, un petit lot de cinq acres et demie que son voisin Wilcox considérait comme un pilier crucial pour la conservation du bassin versant et du lac Massawippi.

Wilcox a lui-même signé un acte de servitude pour protéger 20 acres de forêt situés sur des terres familiales riveraines au lac et inaccessibles en voiture. Cet Américain de Baltimore est issu d’une famille qui passait ses étés au lac Massawippi depuis cinq générations. Son grand-père a acquis un terrain il y a 120 ans sur les rives du Massawippi. Son père y a bâti le chalet familial après la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Cette propriété est située dans la baie Baltimore.

Après une décennie, le nombre d’acres protégés totalise 1200, dont la majorité dans le secteur de Sainte-Catherine-de-Hatley. Cette superficie comprend une centaine d’acres au parc Scowen à North Hatley.

Le principal don provient de George Wardham, un résident des Bermudes et de North Hatley. Cette propriété, située sur le côté ouest du lac Massawippi, comprend 420 acres vierges au cœur de la crête.

Cet homme fait partie de la troisième génération de la famille Wardman à passer ses étés au lac Massawippi. Son grand-père et son père ont acquis ces terres pour justement les conserver dans leur état sauvage et naturel. Le cadeau de George est fait en leur honneur. C’est sur ces terres que les randonneurs foulent le sol en grand nombre depuis le début de la crise sanitaire.

 

DES CENTAINES D’ACRES ET DES SENTIERS À VENIR

La présidente Heyerhoff espère protéger quelque 600 acres supplémentaires d’ici cinq ans si les pourparlers avec les propriétaires concernés aboutissent sur des ententes. Ces acquisitions à des fins de protection à perpétuité permettraient d’allonger le réseau de sentiers à 20 ou 25 kilomètres.

Le bénévole Normand Brière évalue à quatre millions de dollars les sommes qui ont été nécessaires pour acquérir des terres, incluant les frais d’opération. «La majorité de ces dons sont privés et cette somme ne comprend pas la valeur des dons de terrains. Ces propriétés vaudraient plusieurs millions de dollars avec des maisons et des routes», détaille-t-il.

Ces bénévoles avouent avoir été pris par surprise par l’engouement des randonneurs pour le Sentier Massawippi, l’hiver dernier. «On se prépare déjà pour gérer la foule pour l’été et l’hiver prochains avec la possible création d’une seconde entrée jumelée à un stationnement, prévoit Mme Heyerhoff. On a déjà l’autorisation pour tolérer le stationnement d’un côté pendant l’hiver prochain.»

La Fondation Massawippi et la Fiducie de conservation de Massawippi sont deux organismes qui s’occupent, respectivement, du financement et de la gestion de ces vastes terrains protégés à perpétuité.

Ces deux organisations sœurs commémoreront leur dixième anniversaire avec le don de presque 400 acres de terrains, en juin prochain. Une fête communautaire se tiendra en juillet, tandis que l’ouverture officielle de la plage Ethan aura lieu en août prochain.

Ce petit coin de paradis est situé au bout du sentier sur les rives du lac Massawippi. Il a été nommé en l’honneur du petit-fils de 3 ans de Mme Heyerhoff.

Info et dons au www.massawippi.org

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Daniel Gagnon
Daniel Gagnon
1 année

Nous avons besoin d’air et surtout de santé globale, une santé qui vient de notre environnement.

Le sentier Massawippi, quel bel exemple de conscience environnementale et d’amour de la nature… et de l’humanité.

À l’heure où nous assistons encore et toujours à des dévelopements sauvages autour de nos beaux lacs par des promoteurs délinquants sous le nez même de nos élus trop souvent indifférents sinon complices de ses saccages par leur indolence, leur incurie et leur je-m’en-foutisme, peu soucieux de notre santé mentale et physique, et des coûts faramineux subséquents engendrés dans le système de santé.

Un beau bravo au fiduciaire et bénévole Normand Brière, ainsi qu’à la présidente Margot Heyerhoff de la Fondation Massawippi et de la Fiducie de conservation de Massawippi. 


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