Se garder jeune en accompagnant des patients en fin de vie

Par Dany Jacques
Se garder jeune en accompagnant des patients en fin de vie
Lise Messier et Gabriel Lassonde recherchent activement des bénévoles pour rejoindre leur groupe L'Envolée. (Photo : Le Reflet du Lac - Dany Jacques)

COMMUNAUTAIRE. L’ex-juge Gabriel Lassonde a troqué les pentes de ski et les terrains de golf pour passer une partie de sa retraite à l’hôpital de Magog. Et ce ne sont pas ses 81 ans qui vont l’empêcher de s’épanouir en accompagnant des patients en fin de vie.

«Je n’étais plus assez bon pour faire du sport pendant ma retraite, je me suis alors tourné vers le bénévolat», image-t-il avec humour.

Son choix s’est tourné vers L’Envolée, un groupe qui accompagne les patients en soins palliatifs depuis 1990. M. Lassonde se rend au centre hospitalier une fois par semaine pour accompagner des gens malades qui vont bientôt mourir. Il épaule également les membres des familles éplorées.

«C’est très valorisant pour moi, car nous offrons du temps de qualité surtout à ceux qui souffrent d’isolement et de solitude, confie M. Lassonde. Ce bénévolat m’aide beaucoup personnellement, mais on aide beaucoup les malades à adoucir leur fin de parcours.»

« C’est plus difficile quand les gens meurent à 40 ans »

M. Lassonde avoue que les échanges avec les patients sont parfois très tristes. Il pleure aussi avec les malades, mais il assure surtout une oreille attentive et empathique. «C’est plus difficile quand les gens meurent à 40 ans», concède-t-il.

«On traverse parfois des petits deuils, témoigne-t-il. On s’attend parfois de revoir quelqu’un, mais on apprend à notre arrivée à l’hôpital qu’il est décédé la veille. On doit être capable de gérer ces situations et d’être capable d’apporter notre support au patient qui arrive en soins palliatifs, qui risque lui aussi de mourir dans quelques jours ou dans quelques semaines à peine.»

«Malgré ces émotions, j’ai toujours hâte de venir voir mes patients. Nous vivons des moments très enrichissants.»

La trésorière de L’Envolée, Lise Messier, apprécie l’authenticité qui est toujours au rendez-vous dans ces derniers moments. «Les gens sont toujours vrais en fin de vie, enchaîne-t-elle. Nous offrons notre support aux gens seuls, mais on demeure en retrait quand les familles sont présentes.»

Mme Messier avoue que l’arrivée de l’aide à mourir a changé la donne un peu. Les bénévoles se sont ajustés à cette nouvelle réalité, respectant tous les choix des malades, peu importe leur religion ou leur spiritualité.

PÉNURIE DE BÉNÉVOLES

La pénurie de «main-d’oeuvre» frappe aussi le milieu communautaire. L’Envolée ne fait pas exception à la règle avec une chute importante de bénévoles depuis la crise sanitaire. De 50 personnes, le groupe a récemment chuté de moitié avec des bénévoles offrant des heures variables. Cette ressource ne pourra répondre à toutes les demandes d’accompagnement sans augmenter le nombre de bénévoles. On souhaite couvrir plus facilement les nuits et les week-ends, en plus d’élargir l’accompagnement à d’autres secteurs de l’hôpital.

Mme Messier invite particulièrement les hommes à rejoindre le groupe, car M. Lassonde est l’unique représentant actif de la gent masculine. «C’est important d’avoir un équilibre pour satisfaire tous nos patients», prévient-elle.

Mais ce n’est pas donné à tout le monde de devenir bénévole à L’Envolée. Vérification d’antécédents judiciaires, entrevue de sélection et formation sont au programme. Il faut posséder une bonne santé physique et psychologique pour éviter de possibles rechutes.

Les principales qualités requises sont l’écoute, le respect, l’empathie, la discrétion et l’ouverture à l’humain. Les bénévoles peuvent notamment aider un malade à s’alimenter et à s’hydrater, lui faire de la lecture ou écouter de la musique avec lui. Ils offrent aussi des moments de répit aux familles, tout en leur offrant une présence attentive et rassurante.

Leur mandat consiste à rendre accueillante l’Unité de soins palliatifs l’Essentiel en distribuant du café et des collations. Grâce à eux et aux employés attentionnés, l’unité possède une ambiance calme et apaisante afin de créer les meilleures conditions possibles pour traverser cette épreuve que représente la mort.

Par ailleurs, soulignons que L’Envolée organise une conférence-formation avec Véronique Jaccard, intitulée « Prendre soin de soi », le samedi 17 décembre prochain à 10 h. Déjeuner et café seront servis dès 8 h 45 à la salle du Bonheur du Centre de jour. 

Dons possibles sur place, aux deux salons funéraires de Magog et en ligne au www.lenvoleemagog.org/don/

Information supplémentaire ou pour devenir bénévole au 819-843-3381, poste 2462

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Ghislaine Drolet
Ghislaine Drolet
1 mois

Désolé mais la mort pour moi n’est pas une épreuve mais normal car c’est la fin tout simplement de la vie.