Parc national du Mont-Orford: avis divergents entre «fatbikes» et randonneurs

Par Dany Jacques
Parc national du Mont-Orford: avis divergents entre «fatbikes» et randonneurs
Les adeptes du «fatbike» et les randonneurs font généralement bon ménage dans le parc national du Mont-Orford, même si les objectifs des deux loisirs sont parfois incompatibles. (Photo : Photo gracieuseté – Simon Drouin)

LOISIRS. La cohabitation entre usagers de vélos à pneus surdimensionnés (fatbike) et randonneurs semble une réussite aux yeux de la direction du parc du Mont-Orford, mais des marcheurs remettent en question ce partage de sentiers.

Rosa et Marc-Gilles Bouchard pratiquent la randonnée paisible et contemplative depuis une quinzaine d’années dans ce parc national. «Nous fréquentions jusqu’à quatre fois par semaine les sentiers de randonnée pédestre. Depuis trois ans toutefois, nous nous sentons exclus d’un parc qu’on adore depuis longtemps et pour lequel on s’est établi à Orford en permanence», s’inquiète-t-il.

Même s’il souligne le bon comportement des usagers réguliers, ce couple peste surtout contre le comportement «agressif et sportif» d’une poignée d’usagers qui se promènent en groupe. «Ces loisirs sont complètement incompatibles, car c’est vraiment énervant de voir surgir, à chaque détour, un de ces mastodontes en cavale», se plaint M. Bouchard.

Une altercation avec un cycliste, que M. Bouchard compare à un cas de rage au volant, a été la goutte de trop. «On nous a frôlés, on nous a manqué de respect et on nous a traités de vieux», déplore-t-il.

 

Une cohabitation réussie

La directrice du parc national du Mont-Orford, Brigitte Marchand, admet avoir géré quelques cas problème. Elle précise néanmoins qu’il ne s’agit que d’une minorité, car, selon elle, la cohabitation entre «fatbikes» et randonneurs représente une réussite depuis trois ans.

Elle prend au sérieux ce type de plainte. Elle assure faire les suivis avec les bonnes personnes, comme les présidents de clubs de vélo, pour qu’ils interviennent à leur tour s’il s’agit de leurs membres. «Nous avons une excellente collaboration avec les clubs. Les usagers corrigent rapidement leur tir, car ils comprennent qu’ils nuisent alors à la majorité au bon comportement. Ils savent qu’il ne s’agit pas d’un centre d’entraînement. La priorité est aux marcheurs», explique Mme Marchand.

La direction du parc poursuit l’analyse de cette cohabitation. Elle trace un bilan positif jusqu’à maintenant, mais ne peut se prononcer sur le retour ou non des «fatbikes» dans des sentiers de raquetteurs et de randonneurs l’an prochain. «Ce dossier demeure en évolution et en développement. Je réitère que, dans l’ensemble, le partage des sentiers se déroule très bien, même avec une clientèle de cyclistes hivernaux à la hausse», ajoute la directrice du parc.

Compte tenu de ce sport de plus en plus populaire, le parc national a aménagé 11 km de sentiers réservés exclusivement au «fatbike». Ces portions s’ajoutent aux 18 km actuels en cohabitation avec les randonneurs.

Par ailleurs, le Canton d’Orford vient d’ajouter le vélo à pneus surdimensionnés comme activité dont le tarif d’accès au parc est remboursé à 50 % par la Municipalité. La mairesse Marie Boivin préfère se tenir loin du débat entourant la cohabitation des sentiers. «J’encourage le plein air et la diversité, dit-elle. Je suis convaincue que le parc trouvera un terrain d’entente en faveur de tous les usagers, autant les sportifs que les marcheurs contemplatifs à la recherche de quiétude.»

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Richard Bedard
Richard Bedard
3 années

Bonjour
En réaction de l’article concernant la co-habitation avec les vélos à pneus surdimensionnés dans le parc du Mont-Orford, je pratique régulièrement la marche en sentier et le ski de randonnée. J’ai porté plainte sans résultats concrets pour le croisement de vélos sur un sentier de ski de randonné (raccourci non autorisé). De plus, la courtoisie a diminué beaucoup de la part des cyclistes depuis que la période de probation est terminée.. Également la quiétude des lieux est perturbé grandement par le grincement des freins à disques dan s les pentes…
Je considère que ce sport a sa place dans le parc mais dans des sentiers dédiés pour le vélo comme dans d’autres parcs de la SÉPAQ comme celui de St-Bruno. Je me questionne également sur la co-habitation avec les chiens qui seront autorisés en mai prochain.
Richard Bédard
Magog

Anne
Anne
3 années

Quelle drôle d’idée! Le randonneur est assurément à la recherche de tranquillité et de contemplation du paysage. Celui qui pratique le fatibiket y voit une activité physique demandant de la concentration axée sur l’aspect technique. J’arrive bien mal à comprendre la décision du parc d’obliger ces deux types de personnes à partager un seul et même endroit. Les pistes de ski de fond pourraient s’avérer un excellent choix mais les sentiers de raquette devraient être réservés uniquement au randonneur. Curieuse décision tout comme celle de couper des arbres pour installer un nouveau centre d’accueil d’ailleurs….