L’esprit de compétition a sauvé Liz Lamoureux

SANTÉ. À pareille date il y a deux ans, Liz Lamoureux fêtait ses 50 ans en réalisant l’un de ses plus grands rêves: participer aux Championnats mondiaux de balle donnée en Floride. Ce qui s’annonçait ensuite comme une douce retraite sportive s’est plutôt transformé en cauchemar avec l’apparition d’un virulent cancer du sein.

À l’instar de toutes les femmes qui reçoivent ce terrible diagnostic, Liz Lamoureux a vu sa vie basculer en apprenant la nature du mal qui la tenaillait depuis quelques semaines. «Comme dans l’annonce, on tombe à la renverse. Heureusement, j’ai rapidement été prise en charge par le milieu médical lorsque j’ai obtenu un diagnostic précis. J’ai également eu la chance de tomber sur le docteur André Séguin à l’urgence de Magog, et celui-ci m’a beaucoup aidé dès les premiers instants» a louangé la Magogoise de 52 ans.

Forte d’une carrière de plus de 35 ans comme joueuse de balle – à Magog, Sherbrooke et Coaticook – , Mme Lamoureux dit avoir fait appel à son esprit de compétition pour combattre la maladie. «Mon côté sportif m’a aidé à passer au travers des différents traitements. La forme physique et le désir de vaincre sont des atouts lorsqu’on vit une épreuve du genre», croit-elle.

«Et j’ai également pu bénéficier du support de ma famille», ajoute la mère de deux enfants et nouvellement grand-mère d’un petit-fils.

«Le fait que ma fille soit tombée enceinte durant ma maladie m’a aussi beaucoup aidée. Je voulais garder un esprit positif pour partager cet événement heureux avec elle. Il y a même une journée où on s’est retrouvé en même temps à l’hôpital. Dès que mon traitement de radiothérapie a été terminé, j’ai changé d’étage et je suis allée la rejoindre pour sa dernière échographie», se remémore-t-elle.

Ayant toujours prôné l’entraide, Liz Lamoureux a vite trouvé un sens à ses nombreuses visites en milieu hospitalier. «Chaque fois que j’allais à mes traitements de chimiothérapie, je voyais de nouveaux visages et je me rappelais à quel point cela avait été difficile pour moi la première fois. J’ai donc décidé de faire le tour du département et d’aller à la rencontre des femmes qui avaient besoin d’information ou d’être rassurées. Je voulais aider et être utile, car j’ai toujours eu un côté Mère Térésa. J’ai senti que c’était une mission pour moi», laisse entendre celle qui pratique le hockey, la balle et les quilles depuis de nombreuses années.

Retour au jeu

Absente des terrains durant toute la saison 2015, Liz Lamoureux a fait un retour au jeu cet été, à la surprise de plusieurs. Bien que son bras droit n’avait pas encore retrouvé toute sa force en raison de l’ablation d’une vingtaine de ganglions, la joueuse vétéran a poussé un soupir de soulagement en remettant les pieds sur le losange pour la première fois. «Pouvoir recommencer à jouer était un objectif primordial pour moi. J’ai dû me résoudre à lancer «par en dessous» au départ, mais je pouvais encore courir et frapper. J’ai même pris part au Tournoi «Pif» Dépatie cet été (à Fleurimont). Mais je dois avouer que ma performance a été modeste; au moins, je me suis amusée», lance-t-elle en riant.

Objectif emploi en 2017

Obligée de laisser temporairement son travail (en administration) pour s’occuper de sa santé, Liz Lamoureux a découvert un à-côté de la maladie dont elle se serait bien passé. «J’ai eu droit à 15 semaines de chômage au début des traitements, mais ensuite, rien du tout. Et ce, même si j’étais incapable de revenir au boulot. En plus, j’ai appris récemment par courriel que mon poste avait été coupé», déplore-t-elle.

«Heureusement, j’ai la chance d’avoir beaucoup de soutien de la part de mon conjoint. Mais, je sais que ce ne sont pas toutes les femmes qui ont la même chance», reconnaît-elle.

«Mon prochain objectif est donc de me trouver un nouvel emploi après la période des Fêtes», annonce cette battante.

Un groupe qui fait des vagues

En côtoyant les organismes oeuvrant auprès des personnes atteintes de cancer, Liz Lamoureux a fait la connaissance d’un groupe qui a littéralement donné un nouvel élan à son processus de guérison: les Phénix de la Rose des vents.

Composée entièrement de survivantes du cancer du sein, cette équipe s’entraîne deux fois par semaine au Club nautique de Sherbrooke et participe à des courses de bateaux-dragons depuis une dizaine d’années au Québec.

La formation prévoit même prendre part à une compétition internationale en Italie, en 2018. «Ce sont des femmes de tous les horizons et de tous les âges qui en font partie. Quand je les ai rencontrées au début de la saison, elles m’ont tout de suite donné l’énergie et la «drive» dont j’avais besoin pour continuer. Et même si je n’avais jamais touché à une rame de ma vie, j’ai embarqué dans l’aventure sans hésiter», lance Mme Lamoureux.

Un peu comme à la balle, la recrue magogoise des Phénix a découvert que le travail d’équipe était primordial pour manœuvrer un bateau-dragon, qui comprend 20 rameuses, une meneuse et une barreuse. «C’est très technique et beaucoup plus exigeant qu’on l’imagine. Les filles qui ont 69-70 ans et qui s’entraînent depuis dix ans, croyez-moi, elles sont «en shape». Je faisais un peu pitié à côté d’elles les premières fois».

La nouvelle rameuse a vécu l’euphorie de sa première compétition il y a quelques semaines à Drummondville, une course qui s’est soldée par la deuxième place pour les Sherbrookoises. «Il y a une énergie incroyable qui se dégage de notre équipe et c’est impressionnant de voir tout le monde travailler en harmonie. Et il faut préciser que nous compétitionnons autant contre des équipes régulières que face à des survivantes du cancer. Je suis convaincue que le sport, c’est ça qui me tient en vie», a conclu Liz Lamoureux.