Les protecteurs du lac Magog tiennent à une station de lavage permanente

Par Pierre-Olivier Girard
Les protecteurs du lac Magog tiennent à une station de lavage permanente
La conférence (ce soir) et le symposium (ce week-end) qui devaient traiter de l'avenir des lacs ont tous deux été annulés. (Photo : Le Reflet du Lac – Patrick Trudeau)

ENVIRONNEMENT. Malgré des démarches infructueuses depuis cinq ans, l’Association de préservation du lac Magog (APLM) continue de faire pression auprès des décideurs afin que le secteur soit doté d’une station de lavage permanente pour les bateaux.

Une pétition en ce sens a été déposée en 2015 aux trois Municipalités touchant à ce plan d’eau, soit Magog, Sherbrooke et Sainte-Catherine-de-Hatley. Une demande qui s’est toutefois avérée vaine. «Il y a eu beaucoup de discussions, reconnaît la présidente de l’organisme, Joanne Sarrasin. Celles-ci étaient même avancées à un certain moment, mais à chaque élection, un changement de garde s’opère et tout est à recommencer.»

Selon la porte-parole, cette solution permettrait de freiner la dégradation de la qualité de l’eau du lac Magog, aux prises avec des espèces exotiques envahissantes comme le myriophylle à épi. «Actuellement, il n’y a aucun contrôle. Le lac est une vraie passoire avec une quarantaine d’accès publics et privés pour les bateaux», dénombre-t-elle.

«Évidemment, une station n’enlèverait pas ces problèmes, mais elle éviterait d’en ajouter. On est en retard, sachant qu’il y en a deux au lac Massawippi et plusieurs sur le Memphrémagog», ajoute la bénévole.

Deux endroits pourraient accueillir ce type d’infrastructure au lac Magog, selon l’APLM: la rampe de mise à l’eau à Sainte-Catherine-de-Hatley (chemin du Lac) et la plage municipale de Deauville (avenue du Parc).

En ce qui concerne les coûts, Joanne Sarrasin reconnaît que la facture varie énormément d’un projet à l’autre. Toutefois, une chose est unanime, le support des autorités municipales est essentiel à son avis. «Ces terrains appartiennent aux Municipalités, alors c’est de leur ressort. De plus, une levée de fonds bien ciblée avec les riverains pourrait être faite. Mais pour y arriver, il faut d’abord que les élus et fonctionnaires concernés y croient», soutient la présidente.

 

Le choix de la prévention

Maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog,  Jacques Demers soutient que les élus ont opté, en 2019, pour un geste collectif au lieu d’une action précise. En ce sens, une campagne de prévention et de sensibilisation sur le lavage des bateaux a été mise de l’avant.

«Les Municipalités concernées ont pris une décision commune d’investir pour l’ensemble des lacs. Avec une sensibilisation plus intense, on considère avoir franchi une étape importante. Et avec la station mobile mise de l’avant par Bleu Massawippi, c’est un autre pas en avant», se réjouit le politicien.

Sans se prononcer en faveur ou non d’une station permanente au lac Magog, Jacques Demers reconnaît qu’une telle installation nécessite des coûts importants. «Dans un monde idéal, il y en aurait à tous les lacs, mais c’est impossible», concède-t-il.

Et même où il y en a, comme au Memphrémagog, ça n’a pas empêché la moule zébrée d’y entrer. Je crois, avant tout, que les plaisanciers doivent être des promoteurs pour protéger les lacs et ça commence à la maison. Avec une machine à pression, il est possible de faire le même travail qu’une station permanente», conclut le préfet.

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