La Banque alimentaire Memphrémagog tient le fort face à la pression inflationniste

Par Pierre-Olivier Girard
La Banque alimentaire Memphrémagog tient le fort face à la pression inflationniste
Michel Morisset est le président de la Banque alimentaire Memphrémagog depuis janvier 2021. (Photo : Le Reflet du Lac - Archives)

PAUVRETÉ.  À l’instar des autres régions du Québec, la Banque alimentaire Memphrémagog (BAM) fait face à une hausse des demandes d’aide alimentaire en raison de l’inflitation galopante qui touche l’économie à bien des niveaux.

L’an dernier, ce sont environ 500 ménages qui ont reçu une aide alimentaire sur une base régulière, ce qui représente entre 1000 et 1200 personnes. De ce nombre, plusieurs en étaient à une première demande d’aide, ce qui est directement lié à la hausse des prix des aliments et celle des logements. «L’inflation resserre le budget de tous les ménages. Pour ceux qui sont déjà serrés financièrement, chaque petite augmentation créée des limitations budgétaires. Ce qui fait en sorte que des gens qui ne nous appelaient pas avant n’ont plus le choix de cogner à notre porte», explique le président de la BAM, Michel Morisset.

Parmi les nouveaux «usagers», la BAM constate de plus en plus de personnes âgées, dont certaines vivant seules, qui arrivaient à se débrouiller par le passé. Une donnée qui s’explique aussi par le fait que l’organisme offre depuis deux ans un service de livraison. «Auparavant, des personnes ayant des contraintes de mobilité ou en lien avec la maladie ne pouvaient pas se déplacer à nos bureaux pour recevoir de l’aide. Avec la livraison, il nous est maintenant possible de rejoindre cette clientèle, tout comme des milieux plus éloignés aux prises avec des enjeux de pauvreté, comme Stanstead, le quartier des Tisserands à Magog ou le Canton de Potton.»

Moins de denrées, mais plus de dons

Face à ce flux de demandes, la BAM doit jongler avec une nouvelle réalité, celle de la diminution des dons de denrées alimentaires. En raison du coût des aliments, le président constate que la communauté est moins portée à donner des aliments, «ce qui est tout à fait compréhensible» à son avis.

Une tendance qui oblige toutefois l’organisme à prévoir davantage d’argent pour acheter elle-même des denrées périssables et non périssables à Moisson Estrie ou encore dans les épiceries locales. Pour la prochaine année, 70 000 $ sont réservés pour ces emplettes. 

«Depuis le printemps 2021, nous lancé un programme pour aider les familles ayant des enfants de 0 à 5 ans. On collabore avec des pharmacies de la région pour acheter, à des prix très réduits, des produits essentiels comme des couches ou du lait maternisé.»

En plus de la générosité de ces partenaires, la Banque compter sur des généreux donateurs qui se sont faits d’ailleurs encore plus généreux depuis le début de la pandémie. «Nous avons accès à quelques programmes spéciaux du gouvernement, mais les deux tiers de notre budget proviennent de dons de particuliers et de fondations ou par des activités de financement comme la Guignolée des médias. On espère que cette générosité va se poursuivre.»

Des mois difficiles à l’horizon

Sans être pessimiste, Michel Morisset ne voit pas beaucoup de lumière au bout du tunnel, laissant croire à une accalmie financière pour les ménages. Il est d’avis que la facture de l’épicerie continuera de grimper dans les années à venir.

«Beaucoup de pays producteurs souffrent énormément de la crise climatique. On le voit avec la pénurie de céréales ou d’autres graines utilisées dans la fabrication de produits de base. Le manque de logement crée également une pression inflationniste sur les prix.»

«Oui, le taux de chômage est extrêmement bas et les salaires sont en hausse, poursuit-il. Mais une bonne partie de notre clientèle ne peut pas travailler pour diverses raisons, comme des accidents de travail, de la santé mentale ou des jeunes enfants à la maison. Pour eux, chaque hausse est très difficile à supporter», conclut-il.

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