Gilles Bélanger, un spécimen aux ambitions sans limites

Par Pierre-Olivier Girard
Gilles Bélanger, un spécimen aux ambitions sans limites
Après avoir branché le Québec à Internet haute vitesse, Gilles Bélanger a de grandes ambitions s'il est réélu le 3 octobre prochain. (Photo : (Photo Le Reflet du Lac - Pierre-Olivier Girard))

PORTRAIT.  Lorsque Gilles Bélanger a fait le saut en politique en 2018 à la toute dernière minute, bien des gens étaient étonnés de sa décision. Comment un homme d’affaires, roulant à vitesse grand V et n’ayant pas la langue dans sa poche, réussirait à trouver sa place dans un environnement hyper complexe où la moindre virgule est surveillée de près? Étonnamment, le principal intéressé y a trouvé sa place et même, une liberté inattendue à ses projets de grandeur, d’où son désir de poursuivre son aventure pour un deuxième mandat. 

NDLR : En marge du scrutin provincial du 3 octobre prochain, le Reflet du Lac vous présente cette section spéciale contenant les portraits des candidats des cinq principaux partis dans la circonscription d’Orford.

Ces reportages, qui ciblent autant l’aspect personnel que politique, ont pour but de vous faire connaître les candidats sous un jour différent.

À noter que les portraits apparaissent en ordre alphabétique, selon le nom de famille.

Ceux qui ont côtoyé de près Gilles Bélanger savent que son style est loin d’être traditionnel. Sans aucun filtre et au risque de déplaire ou de bousculer les habitudes, il n’hésite jamais à livrer le fond de sa pensée et à foncer tête première lorsqu’il est convaincu de son objectif.

Même s’il est plus expérimenté avec quatre années comme député, le Magogois demeure un livre ouvert. En entrevue, sans note ni plateforme électorale sous ses yeux, il répond à pratiquement toutes les questions, même les plus délicates que tout politicien «plus prudent» aurait esquivées en utilisant la fameuse cassette.

«Je ne suis pas un homme traditionnel dans ma vie, alors je ne le serai pas plus comme politicien. Par exemple, en campagne, je ne suis pas du genre à faire du porte-à-porte ou à serrer des mains dans un centre d’achat. Je trouve que c’est trop long pour ce que ça donne, admet celui qui se qualifie de maniaque de l’efficacité. 

«Et en réalité, je trouve que ça fait vendeur de balayeuses. De rencontrer des gens que je n’irais pas voir à temps normal, il y a quelque chose là-dedans qui n’est pas vrai. Je comprends que le but est de se faire connaître, mais au final, les candidats le font pour avoir des votes. Ce n’est pas mon genre. Je préfère livrer la marchandise, comme je l’ai fait pour presque tous mes dossiers, et me faire élire pour ces raisons», soutient-il.

Un futur ministre?

Sans surprise, Gilles Bélanger revient aussitôt sur la connectivité des régions, lui qui s’est fait confier ce grand projet par le premier ministre François Legault, avec un budget dépassant le milliard de dollars. Il aura finalement dépensé 700 M$ pour un projet qui générera, selon lui, quatre milliards de dollars par année. 

La tâche était immense et les obstacles fort nombreux. Et pourtant, il se targue d’avoir réussi là où les autres ont échoué avant lui. «Je pense que localement, les gens ne prennent pas conscience de cette réalisation. Même si c’est un accomplissement comparable à l’électrification du Québec dans les années 40, les électeurs risquent de me donner plus de votes pour l’aréna, par exemple, un dossier pour lequel je me suis battu fort pour obtenir les fonds quand plusieurs n’y croyaient plus.»

D’ailleurs, le principal intéressé ne s’en cache pas. Il était très déçu d’avoir été exclu du premier cabinet ministériel de François Legault en 2018. Maintenant, même s’il assure n’avoir aucune garantie en ce sens, il considère avoir fait suffisamment ses preuves pour obtenir un ministère. «Je pense que je suis ministrable. Je ne le fais pas pour le titre, ou l’honneur, mais bien pour avoir les moyens de réaliser de grandes choses», fait-il valoir.

Verdir le web avec l’hydroélectricité

Pour la première fois en entrevue, il ose même partager son prochain grand rêve pour le Québec, après celui de l’Internet haute vitesse. Cette fois-ci, il aimerait marquer l’histoire dans le domaine de l’environnement, en «dépolluant» les géants du web avec l’hydroélectricité. «Actuellement, 80% du trafic du web est géré par des serveurs en Virginie, l’État avec la plus grande croissance de sa richesse «per capita». De ce trafic, 90% de l’énergie utilisée provient des énergies fossiles, comme le charbon. Les Facebook, Google et Amazon du monde, que l’on appelle GAFAM, ont des empreintes carbone énormes sur la planète. À eux seuls, ils sont les troisièmes plus gros consommateurs d’énergie fossile derrière la Chine et les États-Unis. En 2030, ils seront numéros un avec toutes les technologies qui s’en viennent, comme la 5G, l’Internet des objets, les véhicules autonomes, etc.»

«Au Québec, nous avons une énergie propre, un environnement géopolitique extrêmement stable ainsi qu’une localisation parfaite entre l’Europe et les Amériques. On est dans une situation idéale, avec le fleuve Saint-Laurent entre autres, pour verdir le web et générer de nouveaux revenus considérables qui profiteront à tous les Québécois», affirme-t-il avec conviction. 

De nouveaux rêves après la vie de luxe

Ce projet n’est qu’un exemple des grandes ambitions qui animent l’esprit de Gilles Bélanger au quotidien. Qu’il gagne ou non le 3 octobre prochain, il compte bien demeurer dans le feu de l’action, que ce soit dans la région ou ailleurs dans le monde. 

Mais son premier choix est de poursuivre son aventure à l’Assemblée nationale du Québec. «Ma retraite, je l’ai vécue à 40 ans, alors je vais travailler aussi longtemps que la santé me le permettra. J’ai eu des maisons de millionnaire à West Palm Beach, des voitures de luxe, fait le tour du monde, voyagé avec mes enfants, resté en gougounes pendant six mois à apprendre le «kitesurf». Ce genre de «trips», je les ai vécus.»

«Maintenant, ce qui m’allume, c’est de livrer des projets et surtout, de les voir se réaliser. C’est pour ça que je veux continuer en politique, car j’ai eu la preuve qu’on peut le faire. Et c’est encore plus vrai avec un aussi bon «boss» comme François Legault. Il est hyper exigeant et très challengeant, mais il te donne les coudées franches pour réussir», conclut-il.

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