Des signalements à la hausse à l’Hôpital de Magog

SANTÉ. Le nombre de signalements, requêtes et insatisfactions a fait un important bond au cours des dernières années au Centre de santé et des services sociaux de Memphrémagog.

Avant 2021, les Comités des usagers et des résidents de Memphrémagog recevaient moins de 15 signalements par année. Ces plaintes ont augmenté à 125 puis à 155 annuellement. Elles touchent principalement des délais jugés trop longs à l’urgence de l’hôpital de Magog. 25% des signalements concernent donc l’urgence entre avril 2022 et mars 2023.

Selon le président du Comité des résidents, Yannick Conilh de Beyssac, d’autres plaintes sont en lien avec la qualité des soins offerts, comme la présence de plaies de lit, des soins lents, des traitements inappropriés ou un changement de médecin sans préavis.

Les patients et les familles déplorent aussi, à l’occasion, des bains en nombre insuffisant, des sorties tardives du lit, un manque d’information en provenance des médecins et des appareils dentaires lavés de façon irrégulière. 

M. de Beyssac aimerait également que tous les résidents puissent mourir dignement, comme dans l’unité de soins palliatifs, plutôt que dans des endroits plus exigus et moins calmes comme une chambre en CHSLD.

DES CITOYENS PLUTÔT QUE DES USAGERS

«Il y aurait peut-être moins de signalements si on considérait les patients comme des citoyens en résidence qui paient des impôts, plutôt que de simples usagers, déplore-t-il. Ce n’est pas aux usagers à se mouler aux décisions du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, car c’est plutôt ce dernier qui devrait s’adapter aux besoins de sa collectivité.»

Parmi les enjeux et défis à relever, le Comité des résidents souhaite améliorer les soins de fin de vie offerts aux résidents et mettre en place une meilleure communication avec les médecins.

S’ajoute la gestion des places en débordement, où des patients sont installés en attente d’un transfert en longue durée ou à l’extérieur de l’hôpital. «Certains sont au mauvais endroit, car ils n’y reçoivent pas des soins personnalisés, s’inquiète-t-il. Ils voisinent parfois des gens à risque de violence envers eux-mêmes ou aux autres. Ce n’est pas une place pour ces grands malades. On devrait les diriger vers l’unité spécialisée du pavillon Argyll, à Sherbrooke, mais c’est toujours plein. Il faudrait toujours avoir une place pertinente pour chacun des aînés.»

AUSSI DES TÉMOIGNAGES POSITIFS

Tout n’est cependant pas noir à l’intérieur des murs de l’hôpital magogois. Le Comité des usagers tient à signaler que des aspects positifs figurent aussi dans les signalements reçus. La nouvelle présidente Lori Duggan cible des témoignages soulignant la qualité des soins ainsi que l’humanisme et la vigilance d’employés. «Ça fait du bien aux travailleurs de la santé d’entendre ces commentaires positifs, surtout dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre où certains font des tâches pour deux personnes», nuance-t-elle.

Quant à la présidente sortante du Comité des usagers, Michèle Salvail, elle explique le nombre de signalements à la hausse par le fait que son organisation est de plus en plus présente à l’hôpital et dans les points de services de Potton et de Stanstead. «La hausse n’est pas dramatique, car nous sommes davantage connus, observe-t-elle. On encourage les gens à s’exprimer, car ça permet d’améliorer les services en partageant ces commentaires avec les gestionnaires concernés.»

Lori Duggan ajoute que son comité évaluera bientôt la qualité des soins à domicile. «C’est une démarche à analyser avec beaucoup de nuances, car les soins offerts sont fréquemment excellents, explique-t-elle. Ce sont les soins non reçus qui sont plutôt problématiques.»

M. de Beyssac termine en disant que les deux comités sont des outils offerts aux usagers et résidents pour améliorer les soins et défendre leurs droits.

Information supplémentaire auprès du Comité des usagers Memphrémagog au 819 843-2572, poste 2639.