Des conseillers municipaux « très inquiets » du projet de CPE à Orford

Par Pierre-Olivier Girard
Des conseillers municipaux « très inquiets » du projet de CPE à Orford
Trois élus du Canton d'Orford émettent plusieurs inquiétudes entourant le projet du futur CPE, qui pourrait voir le jour au cœur du village. (Photo : (Photo Le Reflet du Lac - Archives/Pierre-Olivier Girard))

 GARDERIE. Trois conseillers municipaux du Canton d’Orford sortent publiquement pour partager leurs inquiétudes à l’égard du projet du nouveau CPE, dont la construction et le financement seraient supportés par la Municipalité. 

Richard Bousquet, Jacques Lauzon et Alain Brisson se disent « très préoccupés » par l’orientation prise par la majorité du conseil municipal. Ce dernier envisage de prendre en charge la construction de la future garderie de 31 places par l’adoption, notamment, d’un règlement d’emprunt. Le 21 mars dernier, les élus ont d’ailleurs mandaté une firme pour produire les plans préliminaires du projet et en évaluer les coûts. 

« Nous sommes totalement d’accord qu’il faut un CPE à Orford et que les besoins sont importants, précise d’abord M. Brisson. Mais on s’inquiète sérieusement que le conseil avance sans discussion profonde ni étude, dans un projet qui comporte plusieurs problématiques et bien des questions laissées sans réponse. C’est un dossier trop gros pour l’avenir de notre municipalité pour qu’on se taise. Il faut que les citoyens le sachent et soient informés. »

En plus de craindre un « gouffre financier » pour la Municipalité, Alain Brisson est d’avis que le Canton d’Orford ne dispose pas d’une expertise interne suffisante pour piloter un tel projet, qui est soumis à une « multitude de normes extrêmement pointilleuses et coûteuses ».

Il croit, de plus, que si le projet était rentable, un CPE aurait accepté de le prendre sous sa gouverne. « La décision qui aurait dû être prise il y a quelques mois, ou du moins analysée, est celle de mettre une croix sur les 31 places et de tenter d’obtenir un projet plus complet d’au moins 64 places en 2022. Un projet qui aurait été géré de façon autonome par un CPE, comme cela se fait partout au Québec, et dans lequel Orford aurait joué un rôle de partenaire en donnant le terrain gratuitement ou d’autres accommodements. Surtout qu’en cette année électorale, des villes beaucoup moins populeuses qu’Orford ont obtenu beaucoup plus de places que nous », observe-t-il, en citant les 78 places accordées à Sainte-Catherine-de-Hatley. 

Par ailleurs, les trois conseillers émettent de gros bémols sur l’idée d’intégrer le CPE et le futur pavillon communautaire dans le même bâtiment. Une fois de plus, ils déplorent le manque de données précises pour justifier le bien-fondé d’une telle décision. « On ne dit pas que c’est une mauvaise idée, mais nous n’avons aucune preuve du contraire. C’est là le problème. La mairesse Marie Boivin et son équipe pensent que c’est une bonne idée et elles n’en démordent pas. Même si nous posons des questions, elles avancent comme un bloc politique monolithique en suivant la ligne de parti. Si la population est d’accord avec cette décision, je n’ai aucun problème à l’accepter. Mais il faudrait d’abord que les citoyens sachent ce qui se passe », conclut Alain Brisson.

Rappelons qu’à l’heure actuelle, le terrain municipal situé derrière le bâtiment commercial abritant La Mie d’Orford est l’endroit privilégié pour ériger la garderie.

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