Conflits à l’hôtel de ville de Magog: les élus se vident le cœur

Tenus au silence en raison des procédures judiciaires en cours, des élus de Magog ont voulu remettre les pendules à l’heure ce soir en exprimant leurs points de vue au sujet des conflits qui secouent l’Hôtel de Ville depuis quelques mois.

Il s’agissait de la première séance du conseil municipal à laquelle prenaient part à la même table la mairesse Vicki May Hamm et le directeur général Armand Comeau, depuis que ce dernier a vu sa suspension être levée à la suite d’une enquête administrative l’ayant blanchi de toute allégation.

Notons que quatre directeurs de la Municipalité prenaient place dans la salle lors de l’assemblée, soit le directeur des pompiers Luc Paré, le directeur des travaux publics, Michel Turcotte, le directeur de l’environnement et de l’aménagement du territoire, Marco Prévost, et la directrice de la culture, des sports et de la vie communautaire, Linda Gagnon.

Voici quelques extraits de ce que les élus ont dit sur le sujet:

 

Vicki May Hamm

«Je pense que c’est normal et légitime comme citoyens que vous vous posiez des questions. Souvent, dans les journaux, ce sont des parcelles d’information et ça nous laisse avec plus de questions. De plus, plusieurs d’entre nous avons été très peu bavards sur le sujet à cause de la nature confidentielle. Ça laisse souvent place à de l’interprétation, des hypothèses et du questionnement.»

«Nous sommes tous majeurs, il y a beaucoup de compétence autour de la table. On sait qu’il y a des problèmes et on les adresse avec beaucoup de sérieux et on va s’en occuper. Cela dit, je veux vous rassurer. Dans toute organisation avec plus de 200 employés, ça peut arriver qu’il y ait des problématiques. La Ville n’est pas paralysée. Le travail se fait, les dossiers avancent super bien. Une des choses sur laquelle on peut être fier, c’est qu’on a un agenda commun. Malgré des difficultés organisationnelles à régler, on garde le focus sur notre agenda commun. Les équipes savent ce qu’elles ont à faire.»

«Je veux remercier mon conseil. Malgré le climat difficile, on est très loin d’une crise comme on a déjà connu. Les discussions se font généralement dans le très grand respect, avec beaucoup d’ouverture et d’écoute. On discute ensemble des problèmes et on travaille ensemble pour les solutions. Il n’y a pas d’agenda caché.»

Nathalie Pelletier

«J’apprécie la gestion proposée par les différents directeurs et directrices de la municipalité. En tant que conseillère municipale, je m’attends à ce que ces gestionnaires me proposent des pratiques de gestion innovatrices comme ils le font présentement et non des gestionnaires qui fonctionnent par automatisme. Je ne m’attends pas à ce qu’ils soient de simples exécutants. C’est ainsi qu’en tant qu’élue, j’en arriverai à une décision éclairée et avantageuse pour notre municipalité. Parce que c’est nous, les élus qui prennent la décision finale.»

«Est-ce que je sens qu’il y a une guerre de pouvoirs entre élus et direction? Il y a effectivement des tiraillements voire même un certain dysfonctionnement entre certains élus et la haute direction. Dans mon expérience personnelle, je ne le constate pas. Pour moi, le fait d’avoir cette équipe de direction forte et compétente ne me fait pas sentir que je n’ai pas le pouvoir qui me revient. Au contraire, cette équipe me guide pour que je puisse prendre les meilleures décisions pour l’avenir de Magog. Étant optimiste de nature, je prends le parti de faire confiance et de miser sur la bonne volonté des personnes concernées en espérant que l’avenir sera meilleur et plus harmonieux.»

 

Diane Pelletier

«J’appuie les propos de ma collègue Nathalie. Moi aussi j’ai reçu des témoignages d’employés qui me disent que la ville a changé positivement au cours des quatre dernières années à cause de modes de gestion différentes. Les dossiers des derniers mois ont très perturbants, il y a des impacts et il y en aura d’autres. Pour moi, dans ces moments, je voudrais comprendre. Je vous partage une citation de Gandhi: "La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents". Pour les mois à venir, c’est ce que je souhaite.»

 

Steve Robert

«Mon pouvoir comme conseiller, ça se limite aux séances du conseil. En dehors, je suis un citoyen comme un autre. Le maire ou la mairesse a le pouvoir de surveillance, d’investigation et de contrôle de tous les départements, fonctionnaires et employés de la municipalité. Depuis que je suis élu, j’ai entendu et vu des choses permettant de dire que cette partie ne semblait pas tout à faire clair pour tout le monde.»

«Le fait qu’on aime ou pas la personne de Vicki May Hamm, c’est elle qui a été élue à ce poste et qui possède par le fait même tous les pouvoirs et responsabilités qui relèvent d’un maire d’une ville. De ce fait, elle mérite le respect de l’ensemble du municipal et elle a le même droit que ses prédécesseurs, M. Poulin M. Gilbert et M. Lacasse. Elle n’a pas de permission à demander pour faire son travail. Ces permissions, elle les a obtenues lors des deux dernières élections. Il est grand temps que chacun et chacune s’en tiennent à ses rôles et responsabilités et que les choses reviennent claires au sein de notre municipalité.»

 

Yvon Lamontagne

«Beaucoup de choses sont dites en ville sur ce qui se passe au conseil municipal. On passe pour une gang de tatas. Une chose qui me fatigue, je ne suis plus capable, c’est le conflit à la ville entre la mairesse et le directeur général. Ça ne date pas d’hier et il ne faut pas essayer de détourner le problème. Qu’on soit d’accord ou pas, ça crée des froids à l’organisation et ça ralentit le processus de décision. Je ne parle pas d’incompétence, je parle de conflits de personnalités. C’est à nous au conseil de prendre les décisions et de prendre les moyens de les faire respecter.»

«Il y a de beaux projets qui vont voir le jour prochainement qui ont demandé beaucoup de travail. La Ville est partie sur une belle lancée, on parle notamment de ville intelligente. La Ville en retire beaucoup de retombées positives et je trouverais cela dommage que ces retombées positives se transforment en opinions négatives à cause d’un conflit qui perdure à la Ville et qui apporte plusieurs débats sur la place publique. Et des poursuites et des plaintes, ça prend des avocats et c’est toujours le citoyen qui les paye. J’espère que les deux personnes que j’ai nommées vont pouvoir régler leur litige afin que tout le monde puisse travailler en équipe.»

 

Robert Ranger

«Comme conseiller, je suis comme vous autres, on ne sait rien. La différence c’est que moi, je dois voter et je ne sais pas. Par exemple, sur le harcèlement, il y a une firme qui a été choisie et cette firme avait un carcan et avoir su, j’aurais été contre. Un carcan dans lequel elle ne peut pas fonctionner. Et nous, après, on doit choisir et on vote sur quelque chose qu’on ne sait même pas et cette firme ne peut même pas nous parler.»

«C’est moi qui vous représente et je ne sais même pas sur quoi je vote. On va voter sur des avis juridiques. On a plusieurs juristes qui viennent nous voir à tour de rôle et qui suggèrent des choses. Ils ne sont pas tous d’accord et c’est correct. Mais moi, je dois porter un jugement sur quelque chose que je ne sais pas et tous les gens qui sont ici sont pareils. Je ne suis pas capable de vous représenter comme y faut, car je ne sais pas. À l’avenir, je ne voterai plus, parce que je ne sais pas. J’ai le droit de ne pas voter, car je ne sais pas. Je n’ai pas le droit de savoir, et il faut que je vote. Mais je vous promets une chose, je ne voterai plus.»