Annie-Élizabeth Girard: femme de toutes les causes

Annie-Élizabeth Girard: femme de toutes les causes

En plus de s'impliquer socialement dans de nombreux organismes, Me Annie-Élizabeth Girard est à la tête de deux bureaux d'avocats (Magog et Sherbrooke) qui totalisent une vingtaine d'employées.

Crédit photo : gracieuseté - Marco Bergeron

PERSONNALITÉ. Chef d’entreprise, avocate respectée, mère de famille dévouée, survivante du cancer, impliquée socialement dans de multiples causes, voilà quelques-uns des faits d’armes qui se retrouvent sur la feuille de route de notre personnalité féminine de la dernière année, Annie-Élizabeth Girard.

En choisissant de décerner ce titre annuel à Annie-Élizabeth Girard, le Reflet du Lac faisait face à deux défis: résumer sur une seule page la vie et la carrière de cette femme aux nombreuses réalisations… et réussir à lui faire prendre une pause pour la durée de l’entrevue.

Car l’expression «Vivre à 100 à l’heure» s’applique très bien à cette brillante avocate, qui mène de front son entreprise – deux bureaux et une vingtaine d’employés – , son rôle de mère et ses innombrables implications sociales.

Question d’économiser un peu de temps, la Magogoise se présente sans maquillage, mais avec sa bonne humeur et son aplomb habituels. Même s’il est seulement 8 h, sa journée de travail est déjà bien amorcée. «J’ai sauté l’étape du maquillage ce matin, mais ce n’est pas anormal dans mon cas. L’authenticité est une valeur primordiale au sein de notre équipe et vous avez la preuve que je me présente sous mon vrai visage», lance-t-elle avec une touche d’humour.

«À 23 heures hier soir, j’étais sur mon tapis roulant. Je n’avais pas encore trouvé du temps pour courir, et c’est important pour moi d’enfiler mes espadrilles chaque jour. C’est libérateur et ça m’aide à garder un certain équilibre», ajoute-t-elle, tout en vantant au passage les mérites de son entraîneure de course, Mary-Lou Butterfield.

L’activité physique et les défis (comme l’ascension d’une montagne) font partie intégrante de la vie d’Annie-Élizabeth Girard.

Même si ses 20 ans de carrière pourraient lui permettre d’être plus sélective avec sa clientèle et d’épurer son horaire de travail, Annie-Elizabeth Girard n’a jamais eu l’intention de ralentir. Ou si peu. «Depuis quelques années, je me résous à faire des semaines de (seulement!) 70 heures, mais ça n’a pas toujours été le cas, admet-elle. Il faut comprendre aussi que certaines personnes peuvent nous rejoindre seulement le matin très tôt, ou encore le soir après leur journée de travail. Je suis tellement passionnée par mon boulot que ça ne m’importune pas d’être encore au bureau à 21 h certains soirs.»

Au bureau avec bébé

Signe que cette ardeur au travail a toujours été présente, Me Girard se souvient d’avoir amené ses enfants très tôt au bureau, après ses accouchements. À la tête d’une jeune entreprise, elle avait mis une croix sur le congé de maternité. «Grégoire (son aîné) avait 16 jours lorsque je suis revenue au travail, et Victoria, seulement 4. En plus, ils ont été allaités tous les deux. Cette expérience m’a convaincue plus que jamais de l’importance de la conciliation travail-famille. Régulièrement, vous allez voir les enfants de nos employées à l’intérieur de nos bureaux. Les membres de mon équipe peuvent même travailler à la maison au besoin. D’ailleurs, nous sommes en train de rénover notre bureau de Sherbrooke, et on va y aménager un petit gymnase et un salon pour accueillir les enfants», cite-t-elle en exemple.

La fibre entrepreneuriale

Dîplomée en droit de l’Université de Sherbrooke, Annie-Élizabeth Girard a ouvert un bureau sur la rue Principale ouest à Magog, dès le lendemain de son assermentation en 1998. «J’ai toujours eu la fibre entrepreneuriale, mais je savais que beaucoup de travail m’attendait. Même si elle ne possédait pas de formation comme commis de bureau, ma mère a décidé de me donner un coup de main comme secrétaire. Elle est finalement restée près de 15 ans avec nous», évoque-t-elle avec reconnaissance.

Même si sa mère est aujourd’hui «retraitée», Me Girard s’est toujours fait un devoir de promouvoir l’esprit de famille au sein de son équipe, composée exclusivement de femmes.

«Je joue un rôle de leader, mais je dois dire que tout le monde rame dans la même direction. J’ai recruté des équipières qui partageaient mes valeurs, et les autres avocates de l’équipe sont tout aussi compétentes que moi. Je suis privilégiée qu’elles aient choisi  de se joindre à notre groupe», louange-t-elle.

Les valeurs familiales, la bonne humeur et l’esprit d’équipe font partie de l’ADN de Girard Avocats.

«C’est un hasard s’il y a seulement des femmes. J’ai déjà été associée à Me Charles Gosselin (maintenant à la retraite) et nous nous entendions très bien», a-t-elle précisé.

Spécialisée en droit civil, Annie-Élizabeth Girard a déjà été associée à quelques causes «explosives» au fil des ans, dont celle de l’ex-policière Stéfanie Trudeau (la fameuse matricule 728).

Elle a également travaillé dans un complot pour meurtre à ses débuts. «J’avais seulement six mois de pratique et j’étais assistée d’un avocat criminaliste. Malheureusement, j’ai découvert à la fin que mon client m’avait caché des éléments très importants. Je n’ai vraiment pas apprécié et ça m’a même rendue malade», se remémore-t-elle.

Le respect des deux parties doit prioriser

Bien qu’elle adore plaider en cour, Me Girard a toujours comme objectif d’éviter l’étape ultime à ses clients. «Si on peut arriver à une entente qui satisfait les deux parties, c’est toujours préférable à un procès. Se retrouver en cour, ça cause du stress et ça coûte plus cher; il ne faut jamais l’oublier», met-elle en garde.

«Ce qui me rend le plus fière: trouver une solution à une situation difficile.

Le respect des deux parties est primordial, autant pour mon client que pour la partie adverse. Il m’est même arrivé de représenter des gens contre qui j’avais été opposée dans des causes antérieures.»

Maintes fois identifiée comme candidate potentielle à la magistrature, Annie-Élizabeth Girard assure être pleinement comblée dans son rôle d’avocate. «Je me sens vraiment à la bonne place, et ce, pour plusieurs années encore. Mes fonctions me permettent d’intervenir directement auprès des gens en difficiculté, et j’ai aussi le loisir de m’impliquer dans plusieurs causes qui me tiennent à cœur. Si j’étais juge, je devrais adopter un devoir de réserve, cesser de nombreuses implications et quitter les membres de mon équipe. Je ne suis définitivement pas prête pour ça», affirme-t-elle.

Rendre le droit accessible

Difficile de trouver plus passionnée de son métier que Me Girard. À titre de professionnelle du droit, elle agit comme chroniqueuse hebdomadaire dans une station de radio sherbrookoise, et même parfois en Outaouais. Les journalistes de la télé font également appel à ses services lorsque des dossiers judiciaires font la manchette.

S’étant donné comme mission de rendre le droit accessible, elle prêche par l’exemple en offrant gracieusement sur son site web – girardavocats.com –  des dizaines de capsules vidéos/audios et rubriques traitant de questions litigieuses (séparation, garde d’enfants, vices cachés, responsabilité civile, droit du travail…), afin de vous aiguiller dans une éventuelle démarche judiciaire.

«Des collègues m’ont reproché de vouloir me faire de la publicité ou d’offrir de l’information gratuitement. Mais, au contraire, j’estime que les gens doivent avoir accès à des renseignements juridiques de base avant de décider s’ils entament un processus, avec tous les frais que ça engendre.»

Avec des causes réparties aux quatre coins de l’Estrie, et même dans la région de Montréal, la réputation de Me Annie-Elizabeth Girard n’est plus à faire.

Elle est même la deuxième avocate du Québec à avoir un droit de pratique au Nunavut. «En raison de la distance, je n’y vais pas très souvent, avoue-t-elle. Pour moi, il n’y a pas de grandes causes ou de petites causes; seulement des gens qui ont besoin qu’on les aide.

L’abus envers les personnes âgées, par exemple, me répugne. Il m’est déjà arrivé de travailler gratuitement pour aider des gens sans défense, qui se faisaient exploiter par quelqu’un de leur entourage.»

La justice, c’est le combat contre l’injustice», conclut-elle.

 

Elle a déjoué les pronostics

Réputée pour sa joie de vivre, son énergie contagieuse et son humanisme, Annie-Elizabeth Girard a sans contredit forgé sa personnalité avec ses expériences de vie, tantôt heureuses, tantôt difficiles.

La famille occupera toujours une place de choix pour Annie-Élizabeth Girard. On l’aperçoit ici en compagnie de son conjoint Alain Lavoie et de leurs enfants Grégoire et Victoria.

Elle a notamment traversé une importante épreuve, en 1999, lorsqu’on lui a diagnostiqué un cancer des ovaires. «J’aurais très bien pu en mourir. Et on me disait que si je m’en sortais, je serais stérile», se rappelle-t-elle avec émotion.

«Malgré la maladie, je n’ai jamais cessé de travailler. Au beau milieu de mes traitements de chimiothérapie, alors que je n’avais plus un cheveu, j’allais plaider à la cour avec mon bandeau sur la tête. Et quelques années plus tard, j’ai finalement accouché de deux beaux enfants – ses deux miracles – à 14 mois d’intervalle.»

Épaulée par son conjoint et complice Alain Lavoie – un homme patient et compréhensif, tient-elle à préciser, l’avocate et mère de famille a œuvré dans plusieurs organismes touchant la santé et la famille, depuis une vingtaine d’années.

On l’a notamment vue au sein de la Fondation de l’Hôpital de Memphrémagog, du Gala de la Robe Rouge, du Comité d’animation trajectoire en oncologie du CHUS, de l’organisme Tandem (pour les enfants) et du Relais pour la vie de Magog. «Lorsque j’étais dans le comité organisateur du Relais pour la vie, j’ai demandé à la fanfare de jouer de la musique durant la marche des survivants. Cet événement est important et je voulais qu’il soit synonyme de joie, de célébrations», plaide la femme de 45 ans.

Malgré que le cancer soit loin derrière elle, Annie-Elizabeth Girard est toujours aussi troublée et empathique lorsqu’elle croise quelqu’un aux prises avec la maladie. «À l’épicerie, par exemple, il m’arrive régulièrement d’aborder des femmes qui se promènent avec leur foulard sur la tête, parce qu’elles sont en plein traitement pour le cancer. Je sais ce qu’elles vivent et j’essaie de les réconforter un peu, en leur expliquant que ça finira par aller mieux», dit-elle avec sincérité.

«Mes enfants ne s’en formalisent plus quand ils me voient aborder des inconnues», ajoute-t-elle sur un ton plus léger.

Lors de son passage au Relais pour la vie Annie-Élizabeth Girard (celle qui a le bras levé sur cette photo) a insufflé un vent de célébration sur la marche des survivants.

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Diane Dube
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Diane Dube

WoW! Quel beau parcours Annie-Elizabeth! Nous sommes très fier de toi et sûrement tes parents le sont aussi! Lache pas ça te réussi très bien! Belle équipe! Bravo!