«Perdre l’odorat, quand notre travail c’est de sentir, c’est impossible»

Par Pierre-Olivier Girard
«Perdre l’odorat, quand notre travail c’est de sentir, c’est impossible»
La parfumeuse Alexandra Bachand espère que les gens sortiront du cadre habituel de la Saint-Valentin, cette année, pour répandre de l'amour autour d'eux, particulièrement envers les personnes seules qui ont vécu des derniers mois difficiles. (Photo : gracieuseté – Éric Delbaere)

PANDÉMIE. S’il y en a une qui se tient bien loin de la COVID-19 et qui fait tout en son possible pour éviter de se faire contaminer, c’est bien la parfumeuse Alexandra Bachand. Pour elle, les risques de contracter le virus pourrait mettre en péril sa jeune entreprise et même sa carrière.

La femme d’affaires de Magog a vécu des montagnes russes d’émotions ces derniers mois. Sa crainte principale est d’être testée positive en raison des risques liés à la perte d’odorat.

Pour elle, un tel symptôme risquerait d’avoir un impact majeur sur son entreprise, La Grange du Parfumeur. «Au début de la pandémie, il y a des nuits où je n’en dormais pas. Dans toutes les étapes de mon métier, mon outil de travail est l’odorat. Je sollicite mon nez tout le temps, alors je ne peux pas me permettre de le perdre, ne serait-ce qu’une semaine.», explique-t-elle.

Face à ce risque, la parfumeuse et son conjoint ont pris la décision de fermer complètement l’accès à leur boutique en priorisant essentiellement les ventes en ligne. Une «sage décision» qui a toutefois eu des contrecoups directs sur leur chiffre d’affaires. «On a été impacté financièrement, car moins de visiteurs signifie moins de ventes. Mais pour nous, la santé prime avant n’importe quelle stratégie économique, soutient-elle. Si on veut préserver tout ce qu’on a bâti ces dernières années, et être capable d’exister une fois que tout ça sera derrière nous, il n’y avait pas d’autres alternatives. Car perdre l’odorat, quand notre travail c’est de sentir, c’est impossible.»

Malgré des revenus à la baisse, Alexandra Bachand est loin d’analyser la situation comme un recul, bien au contraire. «Notre projet a continué à avancer presque de la plus belle façon. Cette pause m’a permis de revenir à l’essentiel de mon travail, qui est la création, en passant beaucoup de temps dans l’atelier, poursuit-elle. J’ai pu peaufiner mon nouveau parfum qui sortira ce printemps et faire un film pour le lancement. En étant super résilient et en restant le plus zen possible, on arrive toujours à tirer du positif de chaque situation.»

 

Semer du bonheur

À l’approche de la Saint-Valentin, la parfumeuse espère que les gens prendront le temps de faire du bien autour d’eux, en répandant de l’amour au-delà des clichés habituels. «Beaucoup de gens sont isolés depuis des mois et malheureusement, ils risquent de le ressentir encore davantage à la Saint-Valentin. À mon avis, c’est l’occasion de ne pas tomber dans le cliché commercial d’une fête réservée aux amoureux. C’est à tout le monde, humainement, de se mettre en mode bonheur et de le répandre autour de nous, autant à nos êtres chers qu’à ceux qui vivent seuls et pour qui, chaque petit geste peut apporter un si grand bien», conclut la principale intéressée.

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