Concessionnaires automobiles : d’une entrée de ville à l’autre

Par Pierre-Olivier Girard
Concessionnaires automobiles : d’une entrée de ville à l’autre
J. Eugène Bélanger a fort probablement été le premier concessionnaire à Magog. En 1927, il opérait un garage et un service de taxi sur la rue Principale Est, à peu près en face de l'actuel bureau de poste. En 1931, il est relocalisé au coin des rues Sherbrooke et Tupper (notre photo), où il demeurera pendant plusieurs décennies. (Photo : gracieuseté)

À la suite de l’arrivée de l’automobile à Magog dans le premier quart de XXe siècle, deux nécessités s’imposent : l’amélioration des voies de circulation et l’arrivée de vendeurs d’automobiles.

En 2020, les concessionnaires automobiles de la région de Magog sont concentrés le long de la rue Sherbrooke, la grande majorité dans le secteur Omerville. Cependant, il n’en a pas toujours été ainsi.

Depuis les années 1930, les commerçants d’automobiles étaient disséminés à travers la ville, notamment sur la rue Principale Ouest, mais on en retrouvait aussi dans des secteurs résidentiels, dont un sur la rue Hall, un sur la rue de Hatley et un autre sur la rue Dollard : Delphis Benoît, représentant de Morris Minor au 217, rue Dollard.

Il est difficile d’affirmer avec certitude qui a été le premier concessionnaire d’automobiles à Magog, mais notre recherche nous amène à conclure que ce fut probablement J. Eugène Bélanger. En 1927, il opérait un garage et un service de taxi sur la rue Principale Est, à peu près en face de l’actuel bureau de poste. En 1931, il est relocalisé au coin des rues Sherbrooke et Tupper, où il demeurera pendant plusieurs décennies. Il opère alors sous la raison sociale Bélanger Auto Sales and Service. En 1934, il est concessionnaire pour Ford, car en 1959 Ford Canada lui rend hommage pour ses 25 ans d’association avec cette compagnie. En 1938, en plus d’être concessionnaire pour Ford, il vend des Buick et des Pontiac, produits de General Motors. Plus tard, il deviendra concessionnaire exclusivement pour les  voitures Ford.

En 1938, Donat Martin est dépositaire pour Chrysler-Plymouth et camions Fargo (Martin Motor Sales). Il occupe l’ancien site de la SAQ, aujourd’hui désigné Îlot du Quai (TIC). L’année suivante, Hugh Pibus vend des produits GM, McLaughlin-Buick. Sa station-service occupe le lot actuellement vacant au coin nord-ouest des rues Principale et Merry. En 1948, Ted Rexford opère Magog Automobile Inc, au 744 Principale O., voisin de la Maison Merry (Roy Radio-TV jusqu’à récemment, aujourd’hui Giant).

À partir des années 1950, la tendance s’accentue. On voit apparaître Édouard D’Arcy, concessionnaire pour Meteor-Lincoln-Mercury au coin des rues Hall et Brassard; Marchand Automobile Olds-Chevy, à l’angle des rues Sherbrooke et Saint-Patrice; Larivière et Charland Automobile Ltée, Pontiac, au 1000 rue Sherbrooke; Alphonse Pomerleau, au coin des rues Tarrant et Hatley, pour les produits d’American Motors et plus tard Renault; Brouillard Automobile Ltée Chevrolet-Oldsmobile au 1000 rue Sherbrooke, et ensuite au 1310 Principale O.; Cyr Auto Sales au 1000 Sherbrooke, agent pour Vauxhall et General Motors; Rolland Lavallée pour Datsun-Toyota-Nissan, sur la 112 près des Quatre-Fourches; etc.

Au cours des années, les vendeurs d’automobiles quittent le centre-ville et les quartiers résidentiels de Magog pour se relocaliser sur le boulevard Bourque, aujourd’hui la rue Sherbrooke, notamment dans le secteur Omerville. Des espaces plus vastes sont disponibles à meilleurs prix pour accueillir d’importants inventaires de véhicules. De plus, le taux de taxation immobilière y est moins élevé.

En outre, jusqu’au milieu des années 1960, les rues Principale et Sherbrooke constituaient l’axe de circulation privilégié. Avec l’arrivée des autoroutes 10 et 55 au début des années 1960, et la création d’un parc industriel, ce secteur de la ville se développe rapidement et devient facilement accessible. On peut penser à Gilles Dion (Chevrolet Oldsmobile) qui quitte la pointe Cabana en 1979 pour s’installer sur la rue Sherbrooke. Aujourd’hui, tous les concessionnaires jalonnent cette entrée de ville, témoignant en quelque sorte de l’évolution commerciale des dernières décennies.

 

 

Par Maurice Langlois et Serge Gaudreau

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