Habiter Orford en 1855

Chronique
Habiter Orford en 1855
Le canton d’Orford de 1801 (en rouge; contours noirs ajustés ensuite) et les municipalités de 1852 et 1855. (Photo : gracieuseté)

Le canton d’Orford a été officiellement créé en 1801. En 1831, parmi les 38 ménages recensés dans le canton, vingt-huit habitent à Sherbrooke, au nord des gorges de la rivière Magog. Les dix autres ménages d’Orford sont installés sur des terres le long des rivières Saint-François et Magog. Le reste du canton, jusqu’au mont Orford à l’ouest, reste en forêts. En 1835-1836, la British American Land Company (BALC) fait construire une nouvelle route entre Sherbrooke et le canton Shefford pour mieux relier Sherbrooke à Montréal; la route traverse le canton d’Orford d’est en ouest (actuelle route 220).

La corporation municipale de Sherbrooke est proclamée en 1852 et prend en charge un territoire couvrant une partie des cantons d’Orford et d’Ascot (rectangle bleu sur la carte). En 1855, le reste du territoire d’Orford obtient son propre statut, celui de municipalité de canton.

À cette date, la population reste très concentrée dans l’est, mais on trouve aussi quelques grappes de familles le long de la route Sherbrooke-Montréal et probablement déjà le long d’une autre route récemment ouverte entre Magog et Sherbrooke (actuelle 112). Dans l’ouest, des familles pionnières sont installées près des lacs Brompton, Fraser, Stukely et Bowker, où des moulins sont construits. George Bonnallie est alors très actif dans la colonisation de ce secteur.

Dans le bassin de la rivière aux Cerises, ou Cherry River, une première famille pionnière, révélée par la documentation d’époque, est déjà installée depuis quelques années quand la municipalité de canton est créée en 1855. Il s’agit de celle d’Isabella Hoyt et William Rider. Le père ou le frère d’Isabella (tous deux prénommés Chandler), montrait dès 1837 à un arpenteur les défrichements en cours dans le secteur. Les filles d’Isabella et William marieront des Aldrich, un Converse, un Cox et un Buzzell. Parmi ces jeunes femmes de la famille Rider, leurs maris et leurs enfants, plusieurs occuperont ou posséderont la petite maison blanche d’Orford (1896) et d’autres maisons du village.

À compter de 1899, d’autres territoires administratifs seront détachés de la municipalité du Canton d’Orford — municipalité de paroisse de Saint-Élie d’Orford ainsi que Petit-Lac-Magog (Deauville) et Rock Forest. Après les fusions-réorganisations de 2002, la municipalité du Canton d’Orford couvre aujourd’hui la partie ouest du canton d’origine comprenant le bassin de la rivière au Cerises, les terres desservies par le chemin du 13e rang, les lacs au nord et, bien sûr, le mont Orford.

Gilles Lauzon

Historien

Société d’histoire du Canton d’Orford

www.histoireorford.com

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