Un arc-en-ciel géant en mémoire de sa mère décédée de la COVID-19

Par Patrick Trudeau
Un arc-en-ciel géant en mémoire de sa mère décédée de la COVID-19
Difficile de manquer l'arc-en-ciel géant qui trône devant la résidence de Lysane Gosselin. L'aménagement gonflable a une hauteur de 24 pieds, soit l'équivalent de deux étages. (Photo : Le Reflet du Lac - Monique Côté)

HOMMAGE. Lysane Gosselin n’a pas eu la chance de dire au revoir à sa mère, avant que celle-ci ne décède de la COVID-19. La Magogoise a cependant décidé de transformer cette épreuve en quelque chose de positif, en aménageant un immense arc-en-ciel gonflable en sa mémoire.

Les piétons et automobilistes qui ont eu l’occasion de circuler sur la rue Bellevue au cours des derniers jours ont sans doute été surpris par l’arche multicolore d’une hauteur de 24 pieds, qui orne le devant de la résidence de Mme Gosselin. «Plusieurs s’arrêtent pour la prendre en photo. Tant mieux. Je voulais que ça attire l’attention», reconnaît-elle.

À l’instar de plusieurs centaines de Québécois, Lysane Gosselin s’est retrouvée impuissante devant la maladie qui a frappé sa mère, et qui l’a finalement emportée le 15 mai dernier.

Âgée de 73 ans, Danielle Charbonneau était en bonne santé et rien ne laissait présager qu’elle pourrait faire partie d’un triste bilan. «Elle logeait dans un CHSLD de Longueuil et elle était pratiquement toujours isolée dans sa chambre. Peut-être a-t-elle attrapé le virus sur un objet contaminé ou par un employé qui était asymptomatique», suggère-t-elle.

Transférée dans un centre hospitalier de la Rive-Sud, Mme Charbonneau est décédée quelques jours plus tard, malgré les efforts du personnel médical. «À moins qu’un malade soit en phase palliative, il n’est pas possible de le visiter puisqu’on l’isole le plus possible. Lorsqu’on a appris que la fin était proche, il était déjà trop tard pour se rendre à son chevet», se désole Mme Gosselin.

Funérailles reportées

En raison des contraintes sanitaires qui touchent les salons funéraires, le rituel d’adieu risque d’attendre lui aussi. «On nous avait proposé de tenir des funérailles virtuelles, mais ce n’est pas une formule qui m’intéresse. Quand tu organises une cérémonie en mémoire de quelqu’un, tu as justement besoin d’avoir des contacts humains et des échanges avec des gens qui l’ont connu», fait-elle valoir.

«Dans le contexte actuel, l’incinération est obligatoire pour les personnes qui décèdent du coronavirus. Le plus ironique, c’est que le salon funéraire avec lequel nous faisons affaire (dans la région de Montréal) a déjà un mois d’attente pour les incinérations», ajoute Lysane Gosselin sur un ton incrédule.

En dépit de ce scénario cauchemardesque, la mère de famille magogoise continue de croire que «ça va bien aller», tel qu’on peut l’apercevoir devant sa demeure.

Incidemment, c’est la compagnie pour laquelle elle est représentante (fitforrun.ca) qui avait au départ commandé une dizaine d’arches gonflables et différentes médailles pour souligner le travail des employés de la santé et des services essentiels. «Ces gens méritent qu’on reconnaisse leur apport, alors on les visite sur leur lieu de travail pour leur remettre des médailles», explique-t-elle.

«Mais si vous voulez faire un coup d’éclat, on peut très bien vous vendre ou vous louer un arc-en-ciel de 24 pieds de hauteur. C’est certain que vous ne passerez pas inaperçu», conclut-elle en riant.

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