Le Collectif des Tisserands digère mal la démolition partielle de l’ex-Difco

Par Dany Jacques
Le Collectif des Tisserands digère mal la démolition partielle de l’ex-Difco
(Photo : Gracieuseté)

PATRIMOINE. Le Collectif du Quartier des Tisserands (CQT) digère mal la demande de démolition d’une portion non significative de l’ancienne filature Difco.

Ce regroupement se dit très surpris d’avoir appris les intentions du propriétaire (Anahid Hospitality Management), la semaine dernière via Le Reflet du Lac. Il se pose plusieurs questions concernant notamment les bâtiments touchés, l’impact sur la vieille structure principale et la décontamination du site.

«Est-il nécessaire de démolir une partie d’édifice pour savoir ce qui se cache derrière les murs alors que tous les plans d’architectes et d’ingénieurs sont disponibles», s’interrogeait le porte-parole du groupe, Robert Renaud, lors de la séance publique du conseil municipal de Magog, lundi soir.

Le CQT propose un moratoire sur toute demande de démolition, le temps de tenir une consultation publique, afin de développer une vision d’ensemble.

Selon ce groupe, les partisans de la mise en valeur de l’ancienne Dominion Textile «doivent être mieux informés et avoir l’occasion de réfléchir davantage avant de se retrouver devant une décision prise à la hâte à la suite d’une demande inopinée et mal justifiée.»

Le Collectif rappelle qu’en juin 1989, «la Commission des lieux et monuments historiques du Canada a déclaré l’ensemble des bâtiments du complexe textile de Magog comme site national historique du Canada et qu’à cet égard, il n’y a pas de partie non significative.»

Ne pas répéter le scénario de Cowansville

L’état du 160, rue Principale Est, préoccupe le CQT. Encore plus depuis une rencontre avec l’ancien maire de Cowansville et un représentant du service incendie de cette Municipalité.

«Nous avons appris que les entrepôts de Consoltex à Cowansville, dont le propriétaire est aussi Anahid Hospitality Mangement, ont aussi vécu d’énormes problèmes de manque d’entretien, de sécurité, et qu’ils ont subi, le 31 octobre 2017, un violent incendie d’origine suspecte. Certains bâtiments ont même dû être démolis par la suite aux frais de la Municipalité», lit-on dans une lettre de du Collectif adressée aux élus magogois. Ce document était signé des mains de Ghislaine Blache et de Robert Renaud.

Dans cette missive, on réitère la demande de citation patrimoniale pour assurer la conservation du bâtiment. Le CQT propose également d’entreprendre des procédures d’expropriation pour éviter des drames comme à Cowansville.

Une demande de démolition sous analyse

En remplacement de la mairesse Vicki-May Hamm, lundi soir au conseil municipal, le maire suppléant Jacques Laurendeau a indiqué que les élus n’avaient pas l’intention d’accorder une citation patrimoniale à l’ancienne Dominion Textile.

En réponse aux inquiétudes du Collectif, qui craignent une «démolition à haut risque», M. Laurendeau a mentionné qu’aucun permis de démolition n’avait été délivré jusqu’à maintenant. «Le demande est en analyse et aucun projet ni plan n’a été déposé», spécifie-t-il.

 

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