Cannabis comestible: apprendre à le cuisiner, à défaut de pouvoir en acheter

Par Pierre-Olivier Girard
Cannabis comestible: apprendre à le cuisiner, à défaut de pouvoir en acheter
Véronique Lettre offre des ateliers de cuisine à base de cannabis, autant pour la consommation médicinale que récréative. (Photo : Depositphotos)

CANNABIS. Alors que les produits comestibles à base de cannabis sont devenus légaux au Canada le 17 octobre dernier, à l’exception du Québec, une résidente de la région propose aux citoyens de faire eux-mêmes leurs propres recettes.

Véronique Lettre offre depuis un certain temps ses trucs et astuces pour incorporer le cannabis dans des plats faits maison, notamment sur la plateforme d’information finefleur.ca. Pour ce faire, elle apprend aux intéressés comment fabriquer du beurre et de l’huile au cannabis, qui peuvent ensuite être utilisés comme ingrédient de base de toute recette.

Au cours des dernières semaines, elle a même offert un atelier sur le sujet au supermarché IGA Gazaille de Magog. «C’était le deuxième cours que je donnais et d’autres sont prévus prochainement. Il y a vraiment un intérêt, autant pour un usage médicinal que récréatif. Et le profil des participants est très disparate. Il y a des jeunes, des vieux, des hommes et des femmes, qui sont tous là pour des raisons différentes, mais avec le même but: apprendre à cuisiner le cannabis», raconte-t-elle.

Même si elle tire indirectement profit du fait que la vente de cannabis comestible demeure interdite au Québec, Véronique Lettre est loin de saluer la décision du gouvernement provincial. Selon elle, cette orientation est tout, sauf sensée. «Je trouve que c’est très infantilisant pour les Québécois, comme si l’on n’était pas assez intelligent pour protéger nos enfants et faire les bons choix», déplore-t-elle.

«D’autant plus que l’interdit est toujours plus attrayant pour les jeunes, poursuit la principale intéressée. Et puisque c’est légal partout au Canada, il leur très facile de s’en procurer sur Internet. Au lieu de miser sur l’interdiction, il aurait été préférable de légaliser en éduquant et en sensibilisant la population.»

 

1000 patients traités au cannabis

Propriétaire de la clinique Nature Médic de Magog, qui mise sur le cannabis pour traiter les patients, Véronique Lettre est bien placée pour connaître les bienfaits de cette plante. D’autant plus qu’elle y a eu recours durant plusieurs années pour soulager ses douleurs liées à des cancers du sein et du cerveau.

«Il y a des gens qui se déplacent de l’Abitibi ou encore de la Gaspésie pour nous consulter, car les résultats sont concluants. En moins de deux ans, on a déjà atteint les 1000 patients, se réjouit-elle. Nous avons 12 médecins qui peuvent prescrire du cannabis médicinal un peu partout au Québec et on continue de travailler pour prendre de l’expansion, car les besoins sont grands.»

«Depuis la légalisation, en 2018, les gens sont moins gênés de parler de cannabis et se montrent plus ouverts à l’utiliser. On le voit même chez les médecins, qui nous approchent pour avoir de la formation. Ce n’était jamais arrivé auparavant», conclut la femme d’affaires.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires