Magog: l’avenir «québécois» de la série animée d’Amos Daragon en péril

Par Pierre-Olivier Girard
Magog: l’avenir «québécois» de la série animée d’Amos Daragon en péril
La mairesse Vicki-May Hamm, l'auteur Bryan Perro et le président fondateur d'IceWorks Animation, Sylvain Viau, lancent un ultime appel au gouvernement et au privé pour obtenir un prêt de 2,9 M$. (Photo : Le Reflet du Lac – Pierre-Olivier Girard)

MAGOG. L’histoire se suit et se répète pour les producteurs de la série animée d’Amos Daragon. Le gouvernement du Québec refuse pour une deuxième fois d’appuyer financièrement le projet, si bien que les droits des prochains épisodes pourraient être vendus à l’étranger.

Pour Sylvain Viau, président fondateur d’IceWorks Animation, la réponse négative du gouvernement à une demande de garantie de prêt de 2,9 M$, nécessaire à la réalisation des 26 prochains épisodes, représente une «déception totale». Il estime que lui et son équipe avaient fait leurs preuves en réalisant les 13 premiers épisodes, uniquement par des fonds privés totalisant 5,3 M$.

L’homme d’affaires interprète de bien des façons ce manque d’appui du secteur public. Il va même jusqu’à croire qu’Investissement Québec ne veut pas «créer un précédent» en soutenant un producteur québécois.

Chose certaine, selon lui, les conséquences sur son entreprise sont claires et inquiétantes. «Si on ne trouve pas de solution rapidement, ce sont 45 emplois de qualité qui seront perdus à Magog. Cinq personnes de mon équipe sont déjà parties. C’est décevant, car la région perdra une expertise importante, sans compter les retombées économiques potentielles», laisse entendre M. Viau, qui les estime à plus de 400 M$ uniquement par la vente de produits dérivés.

 

Beaucoup d’intérêt à l’étranger

Tout en assurant que le Québec demeure son choix de cœur, Bryan Perro se montre réaliste par rapport à la suite des choses.

Pour lui, les épisodes actuels pourraient être une «fantastique porte d’entrée» pour vendre les droits à l’international. «Je suis un peu amer, mais je me rallie à la décision gouvernementale et je la respecte», assure l’auteur.

«Ce n’est pas la première chose que le Québec perd, ni la dernière. À ce jour, 17 pays ont déjà montré de l’intérêt pour acheter la série. Ailleurs, la culture, l’économie et la télévision, c’est important. Et les Chinois et les Japonais ont, eux aussi, besoin de travailler», ajoute M. Perro, sur un ton un peu cinglant.

Pour sa part, la mairesse Vicki-May Hamm s’est dite «extrêmement déçue» de la tournure des événements. Elle rappelle que Magog a pris les grands moyens, il y a quelques années, pour diversifier son économie et attirer des entreprises technologiques. «On n’est pas resté les bras croisés à attendre l’aide gouvernementale. Au contraire, on s’est retroussé les manches en se tournant vers les gens du milieu pour y arriver. Maintenant, il serait grand temps que le gouvernement nous vienne en aide», soutient Mme Hamm, qui compare le potentiel de ce projet à celui d’Harry Potter.

Rappelons que les livres Amos Daragon ont été vendus à plus de 2,5 millions d’exemplaires et traduits dans une vingtaine de langues.

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Alain Milette
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Alain Milette

Quelle déception et incompréhension, on parle ici d’une garantie de prêt, un endossement de 2.9 M c’est tout. Les gouvernements changent mais les hauts fonctionnaires demeurent, alors qui est-il celui qui met des bâtons dans les roues à toute demande de IceWorks Animation ? Monsieur le député, on s’attend à mieux comme support pour nos nouvelles entreprises qui font rayonner Magog Technopole partout sur la planète.

Mario Bruneau
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Quelle perte ce serait pour le Québec que la série soit acheté par des intérêts étrangers. Il va sûrement y avoir quelqu’un dans ce gouvernement actuel pour redresser le tir. J’ai confiance… Gilles es-tu là ?

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