Carl Marquis veut aider les blessés médullaires à gagner de l’autonomie

Par Patrick Trudeau
Carl Marquis veut aider les blessés médullaires à gagner de l’autonomie
Carl Marquis est bien placé pour savoir à quel point l'autonomie est précieuse pour une personne en fauteuil roulant. (Photo : Le Reflet du Lac - Patrick Trudeau)

RÉADAPTATION. Un centre de réadaptation qui redonne plus d’autonomie physique aux personnes victimes d’une blessure à la moelle épinière, voilà la mission que se donnent les athlètes paralympiques Carl Marquis et Diane Roy, avec le lancement du Centre québécois d’entraînement adapté FSWC.

Bien que ce centre en soit encore à l’étape de projet, il pourrait devenir réalité dès l’automne 2019, dans la région de Sherbrooke.

C’est du moins le souhait de Diane Roy et Carl Marquis, deux athlètes estriens ayant fait leur marque dans le domaine du sport en fauteuil roulant, et qui sont tous deux membres du conseil d’administration de ce nouvel organisme à but non lucratif.

Non affilié au réseau traditionnel de la santé, le centre serait le premier du genre au Québec.

Pour ce faire, les instigateurs s’apprêtent à lancer une campagne de financement visant à amasser 250 000 $ et à recruter quelques bénévoles. «Ça fait déjà trois ans qu’on travaille sur le projet. Un tel centre existe à Regina depuis une dizaine d’années, et plusieurs de ses usagers ont fait des progrès étonnants, grâce à un programme de neuro-plasticité», lance Carl Marquis.

«Le fondateur Chris Lesanko (blessé en 2005) était quadriplégique et avait besoin d’une assistance 24 sur 24 pour ses soins, avant de commencer les exercices de rééducation. Au bout d’un certain temps, il a retrouvé la capacité fonctionnelle de ses deux bras et il n’avait plus besoin que de six heures de soins par jour. C’est toute une différence dans la vie de quelqu’un», a laissé entendre le Magogois d’origine.

Un programme rigoureux

Lorsque Carl Marquis a subi un accident de ski qui l’a rendu paraplégique en janvier 1986, il a tout mis en œuvre pour redevenir actif le plus possible.

Après quatre mois, il était de retour à son domicile, et il avait repris l’école en septembre de la même année.

«À cette époque, j’avais 15 ans et je grafignais les murs pour pouvoir bouger d’une quelconque façon. Aujourd’hui, les blessés médullaires ont seulement deux mois en milieu hospitalier avant d’être retournés à la maison. Je trouve que c’est un peu rapide, car ils sont souvent laissés à eux-mêmes», se désole-t-il.

«Avec un centre comme le nôtre, on pourrait les prendre en charge rapidement et travailler pour qu’ils récupèrent le plus de facultés motrices possible», fait valoir M. Marquis.

Même s’il n’y a pas d’âge ni de délai pour entreprendre un tel programme, Carl Marquis ne prévoit pas s’y lancer comme participant, préférant plutôt se consacrer à son rôle d’ambassadeur et de dirigeant. «J’ai appris à me façonner une vie, malgré mon handicap. J’ai un bon travail (à la Caisse Desjardins) et je suis père de deux garçons. Avec un horaire aussi rempli, ce serait plus difficile pour moi de me lancer dans ce programme», convient-il.

«Il faut comprendre que pour avoir des progrès significatifs, on doit investir quelques heures par jour, plusieurs fois par semaine. C’est un horaire qui s’apparente aux athlètes d’élite. Ça demande beaucoup de travail. Mais juste le fait de gagner un peu d’indépendance, ça n’a pas de prix», a conclu celui qui se distingue aussi en curling adapté.

Pour information sur le futur centre: www.fswcquebec.ca

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