Des Européens convoitent 200 acres en périphérie du parc national du Mont-Orford

Par Dany Jacques
Des Européens convoitent 200 acres en périphérie du parc national du Mont-Orford
Les terrains ciblés sont situés derrière et à l’est de l’Auberge du Mont-Orford. (Photo : Le Reflet du Lac - Dany Jacques)

TOURISME. Des Européens lorgnent deux vastes terrains totalisant quelque 200 acres en périphérie du parc national du Mont-Orford. Des millions en investissements sont dans l’air ainsi qu’une remontée mécanique pour relier le domaine skiable.

Même si ces investisseurs étrangers n’ont pas encore mis la touche finale à l’acquisition de ces propriétés, le député Gilles Bélanger rêve déjà d’un complexe de villégiature d’envergure internationale au même endroit.

Le représentant politique du comté d’Orford profite de cet intérêt pour dévoiler sa vision pour cette zone située en bordure de l’autoroute 10 (presque en face de la halte routière). «Ce secteur pourrait devenir le point central d’un vaste ensemble englobant les sorties 115 et 118, mais sans nuire au développement urbain et commercial de Cherry River et de Magog», suggère-t-il.

Le politicien n’investira aucune somme d’argent, mais semble dans le secret des dieux. Il assure avoir rencontré ces investisseurs étrangers, qui, selon lui, sont tombés en amour avec la région. «Ils sont très sérieux, insiste-t-il. Ils partagent aussi les mêmes valeurs que moi pour assurer un développement écoresponsable et s’articulant autour du concept nature-aventure. C’est de cette façon qu’on va attirer une clientèle internationale. »

Fermeture et rénovation à l’Auberge du Mont-Orford

Signe du sérieux de ce dossier, M. Bélanger indique que l’Auberge du Mont-Orford figure dans les plans d’acquisition des investisseurs. L’établissement est déjà fermé pour quelques mois, le temps de réaliser des travaux de rénovation. Sur leur site web, on y lit que l’établissement cessera ses activités le 1er mai.

Pour l’instant, le député préfère demeurer discret sur l’identité des acheteurs. Même discrétion du côté du courtier immobilier Daniel Leblanc, qui préfère finaliser les documents notariés avant de parler sur la place publique.

Un lien avec le domaine skiable

La clé du succès, aux dires de M. Bélanger, est la possibilité de relier cette possible future destination touristique au domaine skiable, même si celui-ci est situé dans le parc national du Mont-Orford. Il assure que la loi autorise ce lien via une petite remontée mécanique vers le sommet de Giroux, la base de Giroux Est (route 141) ou même le chalet de ski alpin.

«On peut relier ces deux zones sans dévisager la montagne et sans faire de coupe à blanc pour aménager des pistes de ski, détaille-t-il. Ça existe de sobres remontées mécaniques. Et on pourrait facilement faire du ski hors-piste vers le futur développement, car ça se fait déjà.»

Il demeure convaincu qu’une chaise d’accommodement facilitera l’intégration du populaire concept du «ski in, ski out» auprès des amateurs de glisse. Ces skieurs peuvent ainsi sauter rapidement sur leurs planches en sortant du chalet, et ce, sans emprunter leur automobile. Il envisage aussi un lien du côté d’Eastman, mais pas avec une remontée mécanique. Vers l’ouest de la montagne, M. Bélanger voit davantage un corridor d’accès au sol, soit pour la randonnée pédestre et la randonnée alpine en ski.

Entre 200 M et 250 M$ sur dix ans?

Toutes ces infrastructures ont cependant besoin d’immobilier pour rentabiliser les investissements. M. Bélanger ne connaît pas encore le nombre de portes à construire. Au fil de ses rencontres, il croit que les investisseurs pourraient injecter entre 200 et 250 millions de dollars sur une période de dix ans. «Je vous assure qu’on peut intégrer des bâtiments dans la nature. Je n’accepterai pas de développement à la Tremblant », insiste-t-il.

Il espère que les promoteurs dévoileront une maquette d’ici deux à trois ans.

Au-delà de cette zone convoitée par des étrangers, M. Bélanger relance son idée de développer davantage la collaboration entre les stations de ski estriennes. Il voit déjà un service de navette «efficace, rapide et électrique» pour desservir les hôtels, restaurants, centres de ski et autres attractions de la région.

Il voit son rôle comme un levier au développement économique pour faciliter les contacts avec des investisseurs étrangers et l’accès aux subventions. Bref, un peu comme à Owl’s Head, dit-il, mais sans investir de l’argent de sa propre poche. «Je souhaite tout simplement réaliser la vision qu’André L’Espérance avait au pied des pentes du Mont-Orford. On pourra le faire, car la zone convoitée est située à l’extérieur du parc», rêve-t-il.

Pas de levée de boucliers

Le président du Memphrémagog Conservation Inc. (MCI), Robert Benoit, confirme l’autorisation du gouvernement de relier le domaine skiable avec une zone hors des limites du parc national. Il assure que le groupe SOS Parc Orford ne renaîtra pas de ses cendres pour monter aux barricades, comme cet organisme avait fait par le passé pour s’opposer à la construction de condominiums au pied des pentes.

«La grosse différence entre aujourd’hui et il y a plus de dix ans, c’est qu’on ne joue pas dans le parc, mais sur des terrains privés. Il faudra cependant surveiller l’impact d’un développement sur l’environnement et les cours d’eau situés tout près, comme le ruisseau Castle et la rivière aux Cerises, deux affluents du lac Memphrémagog. »

 

 

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