Deux adversaires politiques devenus complices

Par Patrick Trudeau
Deux adversaires politiques devenus complices
Les différents politiques ont fait place à une grande complicité entre Pierre Reid et Yvon Bélair au fil des ans.

AMITIÉ. Lorsque Pierre Reid s’est lancé à la conquête du poste de député du comté d’Orford en 2003, il a dû affronter Yvon Bélair, qui sollicitait le même «emploi», mais pour le Parti québécois. Les deux hommes étaient alors loin de se douter qu’ils deviendraient des complices dans leurs différents projets pour les 15 années suivantes. Quelques jours avant de laisser officiellement son siège de député, M. Reid a tenu à rendre hommage à M. Bélair, un bénévole à la générosité légendaire. En plus de lui remettre la Médaille de l’Assemblée nationale, il a partagé avec lui la présidence d’honneur du souper-bénéfice du Train des mots, le 19 septembre dernier au sous-sol de l’église Saint-Jean-Bosco. «Il a commencé sa carrière politique avec moi et il la termine aussi à mes côtés», a lancé Yvon Bélair, sur un ton amusé. Tenir ses promesses Celui qui est connu notamment pour son rôle de Grand Chevalier au sein des Chevaliers de Colomb de Magog n’a jamais gardé de rancœur  envers son rival politique de l’époque. Bien au contraire. «Nous avions fait sensiblement les mêmes promesses électorales, et après le scrutin, je me suis assuré qu’il allait respecter sa parole. Je peux vous dire qu’il a tenu ses promesses et qu’il en a même fait davantage tout au long de sa carrière», a louangé l’homme de cœur. «Il n’a jamais manqué une Guignolée et il a même participé à la distribution de nos paniers de Noël», a ajouté celui qui a été décrit comme le père Noël de Magog. Issu d’un milieu (universitaire) où l’élite est monnaie courante, Pierre Reid avoue avoir été ramené sur terre par Yvon Bélair à ses débuts. «Je connaissais le beau côté de la région de Magog, comme tout le monde. Mais Yvon m’a aussi fait découvrir une autre réalité, celle des gens qui vivent plus de difficultés», s’est remémoré le député sortant d’Orford. «J’ai toujours tenté de l’appuyer le plus possible dans ses projets d’aide aux démunis. Et lorsque je voulais avoir l’heure juste sur un sujet, j’allais en parler avec Yvon; j’étais certain d’avoir la vérité, que ça me plaise ou non», a précisé M. Reid avec un sourire en coin. À l’instar de leur complicité, le souper spaghetti au profit du Train des mots a connu beaucoup de succès, avec la présence de plus de 400 personnes.

Quelque 7000 $ ont été récoltés au terme du souper-bénéfice pour le Train des mots, au grand bonheur de l’organisateur Serge DuTremble et de la directrice de l’organisme, Michèle Gaudreau. M. DuTremble, soit-dit en passant, organisait du même coup son 25e souper spaghetti en carrière.
Un montant de quelque 7000 $ sera ainsi remis à l’organisme d’alphabétisation qui aide les personnes ayant des difficultés en lecture et écriture. «Avec la prolifération des tablettes, ordinateurs et téléphones intelligents, il est important plus que jamais pour les parents de savoir lire ou écrire. Il est primordial de surveiller et de comprendre ce que font nos enfants avec ces appareils», a plaidé Pierre Reid, qui a confirmé l’octroi d’un montant annuel de 80 000 $ pour le fonctionnement du Train des mots.  

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