La solitude tue ou rend malade

Par superadmin
La solitude tue ou rend malade

«Les personnes souffrant de solitude sont deux fois plus susceptibles de mourir prématurément que les autres.» Les personnes souffrant de solitude ne sont pas nécessairement une personne seule. Il ne faut pas confondre l’isolement à la solitude. La solitude est un sentiment. Un moine qui choisit l’isolement peut vivre heureux dans un monastère sans jamais connaître la solitude. Je vous parlerai d’eux un jour.

La période de l’adolescence, par exemple, est souvent une période de solitude pour l’adolescent; il a beau être entouré de l’amour de sa famille, il se croit seul au monde; il ne voit pas, il ne sent pas l’amour de ses parents. Cette solitude fait mal, personne ne l’aime, croit-il. Heureusement, dans notre monde, on sait que dans la très grande majorité, les adolescents s’en sortent de cette solitude passagère. Le problème de cette solitude est souvent relié à l’incapacité de la personne de communiquer ce qu’elle ressent dans cette période de changement.

Une personne peut vivre ce sentiment de solitude entourée de beaucoup de personnes, de connaissances et je dirais même plus, même avec un conjoint ou une conjointe. Le couple est souvent une cellule où un des deux conjoints vit une solitude. Il y a des personnes qui sont prisonnières de leur conjoint, conjointe. Les circonstances telles que la maladie, la situation financière, le courage, la peur d’un réel bonheur ou d’un réel amour font que le déni apparaît comme une défense toute naturelle à sa solitude.

Le danger, dans ces situations, est qu’une fausse paix intérieure s’installe et que l’on croit trouver la réponse à notre sentiment de solitude par exemple, dans une nouvelle carrière. La solitude est un manque d’amour flagrant; la carrière n’apportera jamais l’amour ou la présence amoureuse que l’on a besoin. En bon québécois, c’est un «plaster».

Quelqu’un me demandait comment une personne peut vivre dans cette solitude intérieure; il n’y a que le déni qui puisse permettre de vivre cette solitude. Malheureusement, une épreuve telle que le cancer peut faire prendre conscience à une personne qu’il y a des choses dans sa vie qu’elle doit changer, qu’elle doit améliorer. Mais encore faut-il que cette personne ait une ouverture au message, au changement, sinon le déni revient prendre sa place. La peur d’avoir peur nous fait souvent passer à côté de l’essentiel.

Nous sommes en période de Noël où la solitude y trouve souvent une période fertile. Je vais vous conter une aventure qu’a vécue un ami. Cette histoire se passe il y a quelques années. Appelons cette ami Lorenzo et son amoureuse Albertine aux fins de l’histoire. Albertine est mariée et tombe amoureuse de Lorenzo. Quelque temps après, on apprend qu’Albertine a un cancer. Pendant des mois et des mois, les deux vivent amoureusement chaque seconde. Lorenzo est présent aux traitements du cancer d’Albertine. Les amoureux se rencontrent en secret. Tous les soirs sans exception, pendant au moins trois heures, Albertine descend seule dans son sous-sol pour «texter» avec Lorenzo. Les amoureux se «textent»; plus de 2000 pages de déclarations d’amour sont écrites pendant ces mois.

Albertine passe à travers ses traitements d’une façon admirable. Puis elle part en vacances et en revenant de vacances, elle n’est plus l’Albertine que Lorenzo a connue et rompt la relation avec Lorenzo. Elle est guérie, elle n’a plus peur; elle redevient la fille superficielle qu’elle était avant cette aventure amoureuse. Lorenzo me disait que dans cette aventure, il n’a jamais connu Albertine comme une fille superficielle; elle était heureuse, drôle, chaleureuse, ouverte. Elle a choisi de revenir dans sa solitude avec son conjoint, c’est plus facile et le déni a repris sa place dans le couple et la vie fade et superficielle continue.

Cette histoire m’a fait réfléchir. C’est la signification du mot «aimer». Dans notre langue française comparativement aux mots «love» et «like» dans la langue anglaise, il y a une grande différence de signification dans le choix des mots. En français, on dit : j’aime mon conjoint, j’aime mon mari, j’aime mes enfants, j’aime mon frère, j’aime ma maison, j’aime mon auto, j’aime mon chien. En anglais, on dit I love my husband, I love my children, I like my brother, I like my house, I like my car, I like my dog. Donc, en français, il peut y avoir une grande différence dans ces deux expressions : j’aime mon amoureux, mon amant et j’aime mon conjoint. En anglais, on dirait plutôt dans ce sens : I love my lover and I like my husband.

Ceci étant dit, je souhaite en cette période des Fêtes que tous puissions apprivoiser notre solitude que l’on soit seul ou avec d’autres. Georges Moustaki a écrit ceci dans sa merveilleuse chanson, Ma Solitude : «Non je ne suis jamais seul avec ma solitude, je m’en suis faite presque une amie. Faudra-t-il que j’y prenne goût ou que je réagisse?»

Je vous laisse sur cette pensée de Mère Thérésa : «la plus grande maladie actuelle n’est pas la lèpre ou la tuberculose, mais le sentiment d’être indésirable, mal-aimé et abandonné de tous».

Merci à la vie de me garder en santé, heureux, d’avoir les deux plus belles filles du monde et d’avoir toujours le goût de continuer, de ne jamais lâcher et de me tenir loin du déni. Et c’est ce que je vous souhaite de tout cœur.

 

Me Laurent Pelletier, avocat à la retraite

laurent@laupel.com

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