Le cauchemar des goélands

Par Patrick Trudeau
Le cauchemar des goélands
La fauconnière Marie-Ève Castonguay a participé à la conférence de presse en compagnie de Dakota

OISEAU DE PROIE. Les goélands qui fréquentent la Baie de Magog n’ont qu’à bien se tenir. À compter du 16 juin prochain, l’endroit sera «patrouillé» quotidiennement par un oiseau de proie, dans le cadre d’une opération visant à faire fuir les oiseaux indésirables qui nuisent à la qualité de l’eau du lac Memphrémagog.

Au cours des deux premières semaines, la surveillance sera assurée par une buse de Harris, alors qu’un faucon gerfaut prendra la relève durant tout le mois d’août.

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Ce projet-pilote à caractère environnemental a été confié au Groupe Prévost-Fortin, une société spécialisée dans le contrôle aviaire et faunique. À son actif, on compte entre autres un mandat de cinq ans avec l’aéroport de Montréal, ainsi que de nombreuses opérations dans des sites d’enfouissement sanitaire.

Bien qu’il s’agisse d’une première expérience en milieu urbain pour cette compagnie, ses responsables sont convaincus d’avoir des résultats tangibles avec ce projet. «Nous avons travaillé dans des dépotoirs, où la présence des goélands est extrêmement importante, et il n’y a plus aucune trace de ces oiseaux après trois ans», a fait valoir la fauconnière Marie-Ève Castonguay, lors d’une conférence de presse organisée aujourd’hui par la Ville de Magog.

Depuis une trentaine d’années, goélands, bernaches, etc. sont particulièrement nombreux dans la Baie de Magog et causent plusieurs désagréments, dont la dermatite du baigneur.

Pas de danger pour l’humain

Présente en compagnie de Dakota, une buse de Harris qui lui obéit au doigt et à l’œil, Marie-Ève Castonguay a expliqué que le fauconnier ou la fauconnière serait toujours à portée de vue de l’oiseau de proie. «Nous devons toujours être dans le champ visuel de l’oiseau, afin de le rappeler rapidement en cas de besoin. Il n’y a pas de danger pour la population, car ce n’est pas dans la nature de ces oiseaux de s’approcher des humains. Et ils ont même peur des chiens», laisse entendre la fauconnière.

Nécessitant un investissement total de 13 500 $ – dont 7 % est remis à l’UQROP (Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie) -, ce projet assure une surveillance de quelque 250 heures autour de la Baie-de-Magog.

Cette initiative originale fait suite aux nombreuses méthodes d’effarouchement telles que les canons sonores, fusées pyrotechniques et autres, utilisées dans le passé par la Ville de Magog. «Nous avons même essayé des poursuites en chaloupe, lance la technicienne en environnement, Marilyne Guillemette, avec une pointe d’humour. Certaines méthodes ont bien fonctionné et plusieurs oiseaux ont fui le secteur. Mais quelques-uns se sont habitués à nos techniques et sont toujours présents. On espère que la présence d’un prédateur naturel rendra le milieu plus hostile», ajoute Mme Guillemette.

Afin de rassurer la population qui pourrait être inquiétée par la présence des oiseaux de proie, la Ville de Magog mettra en place différentes mesures pour vulgariser et faire connaître ce projet-pilote innovateur.

Les citoyens sont d’ailleurs invités à une conférence gratuite le 29 juin prochain au Centre d’interprétation de LAMRAC, afin de rencontrer des experts et de voir des spécimens vivants.

Parions que Dakota deviendra rapidement une vedette à Magog!

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