Une édition historique pour le Trimemphré

SPORTS. La 31e édition du Trimemphré s’est inscrite à l’histoire la fin de semaine dernière en rassemblant un record de 2400 athlètes originaires de 16 pays différents. Les organisateurs souhaitent retravailler la formule actuelle afin d’accueillir encore plus de participants pour les prochaines éditions.

Des courses spécifiques à chaque discipline ont été mises de l’avant par les différentes associations sportives de la région. L’épreuve principale de la fin de semaine se déroulait dimanche lors de la course sprint. Celle-ci a été remportée par le Sherbrookois Arnaud Levasseur avec un temps de 1:04:27. 

Samedi avait lieu la course de catégorie olympique du triathlon longue distance. Chez les hommes, c’est le triathlonien ontarien, Frank Sorbara, qui a savouré la première place avec un temps de 4:04:16, une vingtaine de minutes devant son poursuivant. 

Du côté des femmes, c’est la Dre Catherine Guyot qui a été la plus rapide en complétant le circuit en 5:11:53. « On a de très belles journées, a témoigné René Pomerleau, directeur de course au Trimemphré. Quand on se promène, on voit des sourires sur tous les visages. Nous avons eu quelques problématiques au départ, mais le reste de l’événement se passe très bien passé. Je suis content. »

Avec plusieurs rues fermées et des stationnements congestionnés, le Trimemphré comporte son lot de défis organisationnels. « Le travail avec la Ville de Magog est toujours facile. Par contre, trouver 250 bénévoles est toujours un grand défi, a admis M. Pomerleau. Mais sans eux, rien de tout cela ne serait possible. » 

Même s’il est impossible d’avoir les chiffres exacts, M. Pormerleau rappelle que cet événement génère des retombées économiques majeures pour les hôtels, les restaurants et les attraits touristiques. « L’événement peut sembler encombrant pour les citoyens et on le comprend très bien. Je pense cependant que le Trimemphré a aussi plusieurs impacts positifs. Nous avons d’ailleurs eu de la difficulté à loger des participants puisque les hébergements affichaient complet. » 

Reprendre le contrôle de sa vie

Pour certains, le Trimemphré est une opportunité de relever des défis personnels. C’est le cas de Roger Meunier, qui se présente maintenant comme Ruggerio. Le Magogois a accepté de lever le voile sur les motivations personnelles qui l’ont conduit à prendre le départ du parcours découverte. 

« J’ai longtemps ignoré le fait que j’avais besoin d’aide. Durant une bonne partie de ma vie, j’étais dans un état sombre. Je souffrais de bipolarité. Quand j’ai rencontré mon médecin de famille à l’automne dernier, je me suis dit: Roger c’est fini, tu arrêtes de mentir et tu avoues tout. » 

Celui qui exerce le métier de préposé aux bénéficiaires témoigne du moment où l’un de ses patients lui a ouvert les yeux. « Un matin, je suis rentré dans la chambre de mon patient et c’était vraiment une mauvaise journée. Tout de suite, il m’a pris dans ses bras et ça m’a donné une claque au visage.  Je suis chanceux, j’ai la santé et je n’ai pas à me plaindre. » 

Après cette révélation, M. Meunier a fait le choix de se reprendre en main et par désir de se surpasser, il a décidé de s’inscrire au Trimemphré. « J’ai même recruté un entraîneur privé pour l’occasion! », raconte l’homme de 63 ans.

Roger Meunier estime avoir changé de vie dans tous les sens du terme. « Aujourd’hui, c’est la première victoire de ma nouvelle vie. Roger Meunier est mort, je l’ai enterré. Maintenant, je suis Ruggerio », conclut-il avec beaucoup de joie.

Roger Meunier s’est donné le défi de participer au Trimemphré dans le but de reprendre sa vie en main. (Photo Le Reflet du Lac – Alex Villemaire)