Un exil payant pour deux joueuses de rugby

FRANCE. Sachant qu’il leur serait difficile de continuer à pratiquer leur sport en région, deux Magogoises ont pris le taureau par les cornes en janvier dernier en s’exilant en France pour une période de six mois, afin de s’aligner avec une équipe semi-professionnelle de rugby.

Toutes deux étudiantes à l’Université de Sherbrooke, Alysia Comtois et Ariane Bouchard ont appris avec déception la fin du programme de rugby (masculin et féminin) à leur institution, en décembre dernier.

Après une vaine tentative de jumelage, qui leur aurait permis d’étudier et de jouer au sein d’une université française, elles ont finalement décidé de faire leurs propres démarches et de décrocher un engagement avec l’organisation du Lons Section Paloise Rugby féminin, dans la région de Pau.

« Nous jouons dans le circuit élite, le niveau le plus élevé en France. Au sein de notre équipe, on retrouve des joueuses de 19 à 37 ans, de différentes origines. Certaines font même partie de l’équipe nationale de leur pays respectif », explique Alysia.

« Même s’il y a des athlètes d’expérience, on a droit à beaucoup de temps de jeu », se réjouit-elle.

Les deux Estriennes avouent cependant avoir dû apporter des ajustements une fois sur le terrain, en raison du style différent pratiqué en France. « Au Québec, on met beaucoup l’accent sur l’aspect technique, alors que les Françaises priorisent plutôt le jeu agressif. Ici, on fonce dans le tas et après on pense à la technique », lance Ariane en riant.

Déjà un premier championnat

Devenues des joueuses de rugby pratiquement à temps plein, Alysia Comtois et Ariane Bouchard apprécient cette nouvelle vie consacrée à leur sport de prédilection.

Les deux femmes habitent le même appartement à Pau, dans le Sud de la France, et elles se retrouvent à proximité de plusieurs points d’intérêt. « On est à une heure de route de l’Espagne ou encore à une heure de la plage. Et avec tous nos matches, on a la chance de visiter plusieurs villes comme Lyon ou Montpellier », citent-elles en exemple.

« En plus, on se retrouve dans une région où le rugby est le sport le plus populaire. Quand tu ouvres la télé, tu vois beaucoup plus de matches de rugby que de soccer. Dès leur jeune âge, les enfants apprennent les rudiments de ce sport. À 5, 6 ou 7 ans, ils savent déjà comment plaquer », s’étonnent-elles.

Et question de rendre le séjour encore plus agréable, leur équipe a récemment mis la main sur la Coupe Heineken lors d’un tournoi en Irlande. « Maintenant, on doit batailler pour accéder aux séries de fin de saison et au championnat de la Coupe de France. Au plus tard, les éliminatoires vont se terminer le 11 juin et on devra ensuite penser à rentrer au pays », expliquent-elles.

Enrôlée par Ottawa

Âgée de 25 ans, Ariane Bouchard a grandi à Magog avant de déménager à Sherbrooke. Évoluant à la position de centre, elle pratique le rugby depuis la fin de son secondaire. Elle ignore toutefois si elle pourra poursuivre sa carrière encore longtemps, elle qui complète actuellement un bac multidisciplinaire à distance.

Les choses sont un peu plus limpides pour Alysia Comtois, qui a déjà officialisé son engagement avec l’équipe de rugby de l’Université d’Ottawa. « J’ai terminé mon bac en kinésiologie à l’Université de Sherbrooke, et j’entreprendrai ma maîtrise en Ontario en septembre prochain. J’ai bien hâte de m’aligner avec les Gee-Gees », laisse-t-elle entendre.

Ancienne joueuse de basket avec les Volontaires du Cégep de Sherbrooke, la Magogoise de 24 ans avoue avoir découvert le rugby sur le tard. « J’ai commencé à y jouer à l’université seulement, mais j’ai tout de suite aimé ce sport. Et en plus, ça nous permet, à Ariane et moi, de vivre une expérience unique en France », se réjouit la joueuse de première ligne.