Rien n’arrête Lyne Tremblay
KAYAK. Quand on connaît Lyne Tremblay et qu’on sait qu’elle a déjà été la plus jeune pilote d’avion au Canada, ou encore qu’elle a représenté le pays dans huit sports différents, on ne s’étonne guère de la voir transporter ses kayaks d’entraînement derrière son quadriporteur. N’empêche que, pour le commun des mortels, ça peut surprendre.
L’athlète paralympique le reconnaît, plusieurs randonneurs et cyclistes lui jettent un regard perplexe lorsqu’elle circule sur la piste cyclable avec son véhicule adapté et ses deux embarcations. “Il y en a qui promènent leur chien, alors que moi, je promène mes kayaks”, lance-t-elle en riant.
Il faut dire que la courageuse athlète n’a pas eu le choix de faire preuve d’ingéniosité il y a quelques semaines, lorsque sa fidèle complice Linda Gagnon s’est fracturé la clavicule.
“Linda me donnait un précieux coup de main pour apporter mes kayaks de notre véhicule jusqu’à la rivière aux Cerises (où elle s’entraîne six fois par semaine). Mais en raison de sa blessure, j’ai dû construire moi-même une remorque et je peux maintenant me débrouiller seule pour le transport. Et quand j’arrive à la rivière, je reçois l’aide d’un employé de l’entreprise Vie de plein air pour la mise à l’eau”, explique Lyne Tremblay sur un ton reconnaissant.

Lyne Tremblay s’entraîne plusieurs fois par semaine sur la rivière aux Cerises, tout juste à côté de l’entreprise Vie de plein air. (Photo gracieuseté)
Retour aux sources
Ayant découvert le kayak adapté l’an dernier, la Magogoise est littéralement retombée en amour avec ce sport qu’elle avait pratiqué assidûment dans les années 1990.
À tel point qu’elle a participé aux essais nationaux de kayak de vitesse le 29 juin dernier au bassin olympique de Montréal, et qu’elle y a même remporté deux médailles d’or.
“J’étais déjà inscrite pour la course de 200 mètres, mais là, on a introduit pour la première fois une compétition de 5000 mètres. J’étais davantage dans ma zone de confort, car les épreuves d’endurance, c’est vraiment ma tasse de thé”, reconnaît-elle.
“Et à ma grande surprise, j’ai fait un temps de 39 minutes, alors que ça me prend habituellement 1 h 15 sur la même distance à l’entraînement.”

Les essais nationaux se sont plutôt bien déroulés pour Lyne Tremblay, qui est repartie du bassin olympique avec deux médailles d’or en poche. (Photo gracieuseté)
Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, elle a appris quelques jours plus tard qu’elle obtenait son laissez-passer pour les Championnats du monde de marathon de parakayak qui auront lieu en Hongrie au début du mois de septembre.
“Je suis très contente, car je ne m’attendais pas à être sélectionnée pour ce niveau après seulement une année de pratique”, se réjouit-elle.
Toujours membre de l’équipe nationale de paratir à la carabine, Lyne Tremblay avoue qu’elle devra faire des choix au cours des prochaines semaines, à savoir si elle poursuit dans les deux disciplines ou si elle se consacre à une seule. “Je n’ai pas fait une croix sur le tir, et il y a toujours une possibilité que je participe à une coupe du monde aux Émirats arabes unis en novembre”, évoque l’athlète de 61 ans.
