Jérémy Grégoire profite pleinement de sa nouvelle vie en Europe
HOCKEY. Bien que le rêve de tout hockeyeur soit d’atteindre la Ligue nationale, il est possible d’avoir une carrière professionnelle plus que respectable en bifurquant du côté de l’Europe. L’ancien joueur des Cantonniers et ex-espoir du Canadien de Montréal, Jérémy Grégoire, en est un parfait exemple.
À quelques semaines de fêter ses 31 ans (5 septembre), Grégoire s’apprête à entamer une cinquième saison sur le Vieux Continent, la quatrième avec les Capitales de Vienne.
Cette formation évolue dans la ligue ICE regroupant d’autres équipes de l’Autriche, mais aussi de l’Italie, de la Hongrie et de la Slovénie. “C’est un format qui me convient bien. Les équipes pratiquent un style de jeu physique, mais sur des glaces de dimension olympique. Comme c’était le cas en Amérique du Nord, je récolte la plupart de mes points en étant près du filet”, explique-t-il avec un sourire en coin.
Un entonnoir
Repêché par le Canadien de Montréal en 2013 (6e ronde), Jérémy Grégoire n’a jamais eu de véritable chance de percer dans le circuit Bettmann, lui qui a évolué avec le club-école du Tricolore, dans la Ligue américaine, durant ses trois premières campagnes professionnelles – à St.John’s et Laval. “J’ai quand même eu la chance de disputer quelques joutes hors-concours et j’ai été bien traité par l’organisation. Quand tu arrives chez les pros, il y a un effet d’entonnoir et ça devient de plus en plus difficile de percer”, rappelle-t-il, sans une once d’amertume.
Après avoir passé cinq autres saisons de la Ligue américaine – avec Milwaukee, Tucson et le Texas – , le hockeyeur sherbrookois a décidé qu’il était temps de passer à un autre appel. “Je n’avais pas beaucoup joué lors de ma seule saison au Texas (en 2021-2022), et pourtant, l’équipe était prête à m’offrir un nouveau contrat parce qu’on aimait beaucoup mon travail de grand frère avec les recrues. Personnellement, je me trouvais trop jeune pour être déjà confiné à un tel rôle à mon âge”, explique l’attaquant droitier, qui a toujours été reconnu pour son leadership.
“Je connaissais plusieurs joueurs qui avaient connu une belle carrière en Europe et c’était le bon timing pour tenter l’expérience à mon tour.”
Une aventure en famille
En plus de visiter des villes au riche passé et aux paysages époustouflants, Jérémy Grégoire a la chance de vivre cette expérience culturelle en famille.
Depuis six ans, il partage son quotidien avec Justine Gélinas, une ancienne hockeyeuse originaire de Lac-Drolet, qui a notamment joué trois ans au Collège de Stanstead et une saison à Plymouth State University, une équipe universitaire américaine de division 3.
Et en cours de route, se sont ajoutés Jules (2024) et la petite Jordane (2026), sans oublier le chien Oslo, un Husky de 40 kilos. “C’est toute une logistique de voyager avec deux jeunes enfants et un chien. Ça prend une certaine planification dans les bagages lorsqu’on revient passer l’été au Québec ou lorsqu’on retourne en Europe”, concède Justine en riant.

Le chien Oslo est lui aussi devenu un grand voyageur, par la force des choses. (Photo Le Reflet du Lac – Patrick Trudeau)
“Mais ça reste une expérience unique pour nous et les enfants. On a la privilège de découvrir plusieurs cultures et Jules sera bientôt en mesure de s’exprimer dans deux langues différentes, soit le français et l’allemand. Même Oslo a déjà une dizaine de pays visités à son actif”, lance la jeune mère de famille.
Détentrice d’une maîtrise en gestion du sport, Justine Gélinas a œuvré au sein du Comité olympique canadien lors des Jeux de Beijing, en 2022.
Ayant mis sa carrière sur pause pour suivre son mari et consacrer ses énergies à son nouveau rôle de maman, elle souhaite revivre l’expérience olympique lorsque ses enfants seront plus âgés.
Un souhait partagé par Jérémy Grégoire. “Lorsque ma carrière de joueur sera terminée, ce sera à mon tour de passer un peu plus de temps avec la famille afin de permettre à Justine de se réaliser professionnellement. D’ailleurs, les prochains Jeux d’hiver auront lieu dans les Alpes françaises (en février 2030) et il n’est pas impossible qu’on essaie éventuellement de se rapprocher, soit en France ou Italie, pour qu’elle puisse s’y impliquer”, a émis celui qui habite dorénavant la région Magog-Orford durant la saison morte.
