Serge Gaudreau rend hommage aux pionniers de la Manche

Serge Gaudreau rend hommage aux pionniers de la Manche

L'historien Serge Gaudreau a puisé dans l'histoire sportive des années 1920 pour la publication de son plus récent livre.

LIVRE. Redonner aux sportifs oubliés la place qui leur revient dans la mémoire collective, voilà l’une des missions de l’historien Serge Gaudreau, dont le dernier ouvrage est consacré aux pionniers de la nage longue distance au Québec.

Avec «Les aventuriers de la Manche», l’écrivain magogois raconte l’improbable quête du Québécois Omer Perreault, qui tente de devenir l’un des premiers à réussir à la traversée de la Manche, dans les années 1920.

Avec des moyens modestes, mais un gérant passablement ambitieux – Armand Vincent – Perreault se rendra à quatre reprises en Europe pour vaincre (sans succès) le bras de mer entre la France et la Grande-Bretagne, réputé pour son côté impitoyable.

«S’il avait réussi à sa première tentative, il serait devenu, l’espace d’un moment, le Canadien français le plus connu de la planète. À cette époque, la traversée de la Manche faisait l’objet d’une couverture médiatique phénoménale en Europe», explique Serge Gaudreau.

Ayant participé activement à l’élaboration du «Dictionnaire des grands oubliés du sport au Québec/1850-1950» il y a quelques années, M. Gaudreau avait alors eu un premier contact avec l’histoire du défunt nageur. «J’avais écrit un petit résumé pour le Dictionnaire…», mais je trouvais que cet homme méritait beaucoup plus qu’un article de deux pages. Je me suis donc mis à l’ouvrage pour en apprendre davantage».

Colliger des informations sur un athlète décédé en 1973 et dont les exploits datent de plus de 90 ans n’a pas été une mince tâche. «Ses enfants étant aussi décédés, j’ai rencontré quelques-uns de ses petits-enfants, qui, finalement, ignoraient bien des choses sur leur grand-père. M. Perreault était un homme peu bavard, et surtout, il ne s’était jamais vanté de ses exploits auprès de sa famille», fait-il remarquer.

«Dans un cas comme celui-là, il faut se référer aux articles de journaux de l’époque, L’ancien nageur Jacques Amyot a aussi été un collaborateur de premier plan,», ajoute-t-il.

Un gérant flamboyant

Si l’histoire d’Omer Perreault s’est avérée fertile en rebondissements, celle de son gérant Armand Vincent l’a été tout autant, sinon davantage. «Cet homme avait un don pour vendre ses idées et organiser des événements d’envergure. Il a notamment mis en scène des compétitions de raquettes, des épreuves d’athlétisme et des combats de championnat du monde de boxe, qui ont attiré des dizaines de milliers de spectateurs. Malheureusement, il est décédé dans l’oubli total en 1948», relate Serge Gaudreau.

Après avoir obtenu la confiance des Éditions JCL pour la publication de son ouvrage, M. Gaudreau aura la chance de présenter «Les aventuriers de la Manche» lors du 39e Salon du livre de l’Estrie, ce week-end au Centre de foires de Sherbrooke.

Question de redonner à Omer Perreault et Armand Vincent la place qui leur revient dans l’histoire du Québec.