Tribune libre: Le filet social québécois n’est pas à vendre, il est à bout de souffle

On nous appelle souvent les  » anges de l’ombre  » ou le  » dernier recours « . Mais aujourd’hui, l’ombre nous étouffe et le recours s’épuise. Nous, travailleuses et travailleurs des organismes communautaires autonomes, ne sommes pas seulement en colère : nous sommes révoltés.

Un constat amer : la mission avant la survie

Depuis des années, nous pallions les manques d’un système public qui craque de toutes parts. Que ce soit en santé mentale, en itinérance, en sécurité alimentaire ou pour les droits des femmes, nous répondons présents. Pourtant, pendant que les besoins explosent et que l’inflation dévore nos maigres budgets, le financement provincial reste, lui, désespérément stationnaire.

Le sous-financement chronique : On nous demande de faire des miracles avec des miettes.

La précarité du personnel : Nos intervenants quittent le milieu, non par manque de passion, mais parce qu’ils ne peuvent plus payer leur propre loyer.

La gestion par  » projets «  : Le gouvernement préfère saupoudrer des montants temporaires sur des projets spécifiques plutôt que de financer adéquatement notre mission globale.

Ce que nous demandons

Nous ne quémandons pas  la charité, nous exigeons de la justice sociale. Le communautaire n’est pas un sous-traitant à rabais du gouvernement ; c’est un pilier de la démocratie.

Un rehaussement significatif et récurrent du financement à la mission globale.Une indexation réelle des subventions basée sur le coût de la vie.La reconnaissance de notre autonomie : nous savons mieux que quiconque ce dont nos communautés ont besoin sur le terrain.

Conclusion

 » Quand un organisme ferme ses portes, c’est toute une communauté qui perd sa boussole. Combien de fermetures faudra-t-il pour que Québec réalise que nous sommes essentiels ? « 

La colère qui gronde dans nos locaux n’est pas un caprice. C’est le cri d’alarme d’un secteur qui refuse de voir ses usagers payer le prix de votre austérité déguisée.

Le filet social du Québec est en train de craquer. Allez-vous attendre qu’il se déchire complètement avant d’agir ?

Nous exigeons un rehaussement immédiat du financement à la mission globale et une indexation réelle au coût de la vie.

Monique Allard

Coordonnatrice AQDR Memphémagog