TRIBUNE LIBRE: Y aurait-il une leçon dans l’affaire de la «petite maison blanche» pour nous tous?

 Marc Gilles Bigué
TRIBUNE LIBRE: Y aurait-il une leçon dans l’affaire de la «petite maison blanche» pour nous tous?

Madame la mairesse,

Mesdames et Messieurs du conseil municipal d’Orford,

Depuis l’an dernier, la polémique perdure au sujet de la «petite maison blanche» (PMB),  datant de 1891 et située au 2304 chemin du Parc. Votre conseil semble, dès le début, faire fi de la PMB. Vous avez rejeté, sans plus, le projet du conseil précédent qui, lui, osait incorporer la PMB au futur centre communautaire dont le premier niveau, le solage, est déjà en place! Vous avez sorti un second projet qui ne reposait même pas tout à fait sur cette base en place… Vous l’avez ensuite mis au rancard pour tirer un autre lapin du chapeau ! À apparaître sous peu…

Je reviens à la charge puisque votre dernière communication publique à ce sujet indiquait que votre conseil ne pouvait prendre une décision sauf pour aller de l’avant vers un nouveau centre communautaire qui jouxterait la PMB… sans en tenir compte! Bâtir l’avenir sans égard pour le passé ? Construire un imposant bâtiment public en ignorant son voisinage (patrimonial) immédiat? On connaît la recette : laissons de côté les traces de notre humble passé et allons-y avec du «beau’», «au goût du jour» pour oublier «nos trop modestes racines».

Ces  gens «ordinaires’» venus d’Europe pour défricher de nouvelles terres loin en Amérique, on laisse tomber ça! Ils ont abattu des arbres pour bâtir, pour s’abriter, pour se nourrir, pour lutter contre nos hivers…, bref, pour survivre! Ils défrichaient le Nouveau Monde avec leurs mains. Pas intéressant! Mais pourquoi donc tourner le dos ainsi aux premiers arrivants?

Leur ténacité, leur simplicité, leur humilité, leur débrouillardise n’ont-ils rien à nous apporter? Pas de message là pour les gens d’aujourd’hui? Dans notre présent, menacé par la surconsommation, le pillage des ressources, l’extinction des espèces, n’aurions-nous pas besoin de revoir quelques-unes de ces qualités «anciennes»?

Rappelons-nous que la municipalité de comté (MRC) de Memphrémagog a désigné huit maisons anciennes de Cherry River comme possédant «un intérêt patrimonial indéniable puisqu’il constitue l’un des rares témoins de l’ancienneté de l’implantation dans le canton d’Orford…»

De plus, le rapport que votre conseil a commandé à l’architecte Daniel Quirion juge que celle du 2304 chemin du Parc «est assez bien préservée». Il aurait été inspirant, en cette année morose de pandémie de pouvoir rassembler les gens d’Orford autour d’un projet communautaire qui unirait, au lieu de diviser la population. Surtout qu’une année nouvelle nous apportera des élections municipales… Veut-on vraiment cette controverse sur son chemin? Il est encore temps de rapprocher les parties….

À nous tous, je propose un mot de l’auteur français Julien Green à méditer : «Ignorer le passé, c’est aussi raccourcir l’avenir».

Un citoyen, ami du patrimoine, toujours optimiste.

 Marc Gilles Bigué

Canton d’Orford

 

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