TRIBUNE LIBRE: Projet de sauna flottant à Magog: plus de questions que de réponses

Jean-Paul Plante Et signataires

TRIBUNE LIBRE: Projet de sauna flottant à Magog: plus de questions que de réponses
Il est possible de nous envoyer une lettre d'opinion à l'adresse suivante: djacques@lerefletdulac.com (Photo : (Photo gracieuseté))

C’est sur un vote très serré de 4 contre 3 que les membres du conseil municipal de Magog ont approuvé le processus de modification de zonage pour permettre à la firme Solstice Sauna de poursuivre ses démarches en vue de l’ouverture d’un sauna flottant au quai MacPherson à l’automne 2023.

Tout en étant favorables aux projets novateurs et qui ont pour objectif de consolider l’offre touristique de la région, d’aucuns se demandent encore ce qui incite les élus municipaux à autoriser un tel projet à l’un des endroits publics les plus prisés des citoyens et des visiteurs. 

Car, à moins de retombées exceptionnelles pour le milieu et pour les citoyens, aucun projet d’investissement privé du type de celui proposé par Solstice Sauna ne devrait s’implanter au quai MacPherson d’autant plus que, pour l’instant, plusieurs questions restent encore sans réponses:

1) Sur le plan de la protection de l’environnement, une étude réalisée à la demande des promoteurs s’avérerait favorable au projet. Non seulement serait-il impératif que cette étude soit rendue publique, mais la municipalité en a-t-elle validé les conclusions auprès d’experts indépendants?

2) Sur le plan financier, quels sont le plan d’affaires du promoteur et le potentiel du projet (clientèle visée, fréquence d’utilisation prévue…)?  Et à partir de quelles données de marché les promoteurs prévoient-ils un achalandage sur une période de 12 mois?

3) Sur le plan de l’hygiène personnelle et collective, comment expliquer que les installations prévues ne comportent ni douches ni toilettes?. À l’heure où nous devons composer avec une pandémie qui est appelée à perdurer, n’est-il pas à prévoir que les clients potentiels seront peu enclins à des activités basées sur une aussi grande promiscuité?

4) Sur le plan de la contribution de la ville, quels seront les coûts reliés aux services et aménagements sans lesquels le projet ne pourrait se réaliser, comme l’installation d’une passerelle d’accès, accès à des douches et des toilettes, entretien des abords du sauna flottant, déneigement du site? En contrepartie, quelles seront les retombées pour la municipalité?  

5) Sur le plan social, en quoi le projet contribuera-t-il à l’amélioration de la qualité de vie du milieu et quels seront les bénéfices pour les citoyens et les visiteurs? Sur quelle analyse de marché les promoteurs se basent-ils pour affirmer que le coeur du modèle d’affaires ce sont les gens de la MRC de Memphrémagog et de l’Estrie? 

6) Enfin, sur le plan de la protection du patrimoine visuel et des paysages qui font la réputation de Magog, qu’est-ce qui justifie le choix du quai MacPherson par rapport à d’autres endroits qui seraient en mesure d’accueillir un tel projet?

La Municipalité exigera-t-elle une analyse de l’impact visuel du projet et des simulations de la passerelle et des installations qui seront implantées sur le quai et la promenade?

7)  Et, si le projet devait se réaliser, en créant ainsi un précédent, comment la Municipalité pourrait-elle, dans le futur, refuser des demandes pour d’autres projets flottants (glissades d’eau…) au quai MacPherson? 

En conclusion, le secteur en bordure du lac Memphrémagog offre aux citoyens et aux visiteurs une vue exceptionnelle sur le lac et sur les montagnes environnantes à l’instar de certains des plus beaux sites touristiques d’Amérique et d’Europe. Une vue que l’on pourrait qualifier d’imprenable au sens où elle ne devrait être obstruée par aucune construction, qu’elle soit flottante ou non! 

À moins de retombées exceptionnelles pour le milieu et les citoyens, aucun projet d’affaires et d’investissement privé ne devrait porter préjudice à un tel joyau. Nous le devons aux générations qui nous suivent.

 

Jean-Paul Plante, Louis Bergeron, Jean-Marc Cliche, Carmen Mathieu, Lise Messier, Pierre-Marie Trottier, Michel Gariépy, Monique Desroches, Ginette Meloche, Yvan Meloche, Hilda Galienne, Jean-Marc Poulin, Louise De Bellefeuille, André Pétrowski, Yves Gérin,, Clémence Corriveau, Anita Comeau, Esther Parent, Louise Bouvier, Suzanne Laflamme, Maurice Cusson, Marie-Andrée Roy, Hélène Bélanger-Martin, Micheline Rivard, Claire Bédard.

 

Les signataires sont tous et toutes résident(e)s de Magog

 

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Marthe Gaudette
Marthe Gaudette
2 mois

Je co-signe avec enthousiasme. Merci pour ce texte.

Colette Charron
Colette Charron
2 mois

Je suis bien d’accord avec ces signataires sur tous les points de vue. J’espère que ces commentaires seront pris en compte par la municipalité.

Daniel Faucher
Daniel Faucher
2 mois

Félicitations à ces citoyens de Magog qui, comme certains membres du Conseil municipal, posent des questions fort pertinentes au sujet de ce projet. Ce sauna flottant, un concept plutôt inédit, me fait penser au projet de Beergarden apparu soudainement à Magog en 2018.

Fort heureusement, devant ce projet de Beergarden qui a enflammé les passions, les élus ne se sont pas contentés de la pression énorme exercée sur eux par une pétition en ligne de plus de 2000 signataires. Ils ont finalement assumé le plus froidement possible leurs responsabilités d’élus en se préoccupant de plusieurs aspects cruciaux comme la sécurité des éventuels clients, individus et familles avec enfants, par rapport à l’intense circulation automobile à l’intersection des rues Merry Nord et Principale Ouest; ils ont aussi évalué la pertinence de ce projet par rapport à la dynamique et à l’architecture du centre-ville et évalué les retombées économiques du projet.

Il est à souhaiter que, dans les semaines qui viennent, les élus de l’actuel Conseil poursuivront leur réflexion et se rappelleront, toutes et tous, des responsabilités qui leur incombent à titre d’élus. Il est beau de vouloir accueillir des projets « novateurs », mais en 2022 il faut aussi être extrêmement rigoureux quant aux impacts écologiques de tout projet, ne pas de contenter d’études fournies par les promoteurs, prendre en compte l’intérêt de l’ensemble des citoyens, s’assurer que les projets sont en accord avec des aspects comme les paysages naturels qui constituent un élément fondamental du Schéma d’aménagement de la MRC depuis les tout débuts, etc.

L’acceptabilité sociale des projets n’est plus une « option » aujourd’hui. Et cette acceptabilité sociale, les élus doivent aller la chercher de manière sérieuse. La lettre des signataires ci-haut donne aux élus une intéressante feuille de route des devoirs qu’ils doivent faire avant d’accepter le projet de sauna flottant au quai MacPherson, si « inédit » ou « innovateur » qu’il puisse paraître à première vue. Ils doivent, au surplus, se demander aussi si accepter un tel projet à cet endroit ne reviendrait pas à permettre une concurrence déloyale par rapport aux autres entreprises exploitant des activités semblables ou connexes dans la région et si, de permettre un tel projet commercial les pieds dans l’eau du Memphrémagog ne serait pas à la limite de la légalité – la juridiction sur les eaux des lacs et cours d’eau ne relevant pas, à ce qu’il me semble, de la juridiction des villes.

Bonne réflexion à tout le monde!

Daniel Gagnon
Daniel Gagnon
2 mois

Le quai fédéral MacPherson est déjà tellement sous stress, on ne voit pas pourquoi on surchargerait cet espace public encore avec un projet privé. Pensons au nombre de motomarines bruyantes au Quai MacPherson qui a doublé, la flotte du concessionnaire étant passée de 4 à 8 puissantes motomarines, ce qui cause encore plus vagues dans la Baie de Magog. Très peu d’utilisateurs des motomarines respectent les consignes et s’envoient en l’air à la hauteur de la Pointe Merry pour le spectacle, nuisant à l’écosystème de l’endroit.
Si on surcharge inconsidérément le quai MacPherson, il perd de ses atouts et de son charme. La vue est magique au quai MacPherson, la tranquillité du lac est importante et merveilleuse, il y aussi le plaisir de la vue et du panorama imprenable avec la haute tour du quai. L’avancée que le quai donne sur le lac permet de jouir d’une vue exceptionnelle. Avec des projets de la sorte (sauna flottant), on finit par nuire à l’offre touristique souhaitée au départ et on crée plutôt un handicap au lieu d’apporter une ressource.

Last edited 2 mois by Daniel Gagnon
André cardyn
André cardyn
1 mois

C’est un projet ridicule, quétaine, mal ficelé (pas de douches) et pas aligné avec le respect de l’environnement naturel. La région mérite mieux que cela surtout à un endroit où le lac et la vue doivent être préservés.

Céline Delorme
Céline Delorme
14 jours

J’approuve tout à fait ce texte. Je suis résidente de Magog. D’ailleurs j’ai assisté cette année à une conférence sur le lac et le marais, par Mme Laura Dénommée Patriganni, biologiste et directrice du Centre du Marais aux Cerises. (UTA-université de Sherbrooke) Elle n’a pas abordé le sauna, mais elle mentionnait que la circulation sur le lac est trop forte actuellement et risque d’en détériorer l’écologie.
Aucun renseignement sur ce qu’on espère de ce projet, à part faire plaisir aux entrepreneurs: Augmenter le tourisme? Les touristes se déplacent ici pour la nature et la beauté du lac, ou pour le sport, pas pour avoir plus de constructions.