Rénover une grange centenaire en plein hiver

Rénover une grange centenaire en plein hiver

Richard Lebel, entrepreneur et gestionnaire du projet, se trouve sous la grange ronde pendant les travaux.

Crédit photo : (Photo gracieuseté – Chantal Éthier)

À Potton, au moment où la plupart des gens cuisinent leurs tourtières et font leurs emplettes de Noël, une équipe de travailleurs restaure une grange centenaire dans le froid et la neige. Car le temps presse. La grange ronde de Mansonville, construite en 1912, menaçait de s’effondrer: par mesure de sécurité, elle a été fermée au public en 2017.

Rénover un bâtiment patrimonial durant la saison froide représente déjà un défi. En plus, cette année, l’hiver s’est pointé au beau milieu de l’automne. «On devait couler le béton des fondations le 27 novembre, mais il est tombé entre 30 et 35 centimètres de neige», raconte Richard Lebel, entrepreneur et gestionnaire du projet.

La bétonnière n’a pu se rendre sur place et on a dû reporter les travaux. «Chaque tempête majeure peut compliquer le respect de l’échéancier» ajoute l’entrepreneur, qui admet en riant avoir connu quelques nuits sans sommeil.

La grange de Mansonville a été soulevée à l’aide de vérins hydrauliques, pour permettre d’excaver le plancher et les anciennes fondations. Comme les matériaux tenaient grâce à des clous centenaires qui, avec le temps, peuvent perdre la moitié de leur diamètre original, il a fallu renforcer la structure avant le levage. Curieux spectacle que ce bâtiment de 21 mètres de diamètre, soutenu dans les airs grâce à des colonnes temporaires. L’étape la plus délicate sera de déposer la grange sur ses nouvelles fondations, en évitant de déboîter la structure. «Nous allons redescendre la grange pouce par pouce grâce à des vérins synchronisés», explique Richard Lebel.

Hans Walser, président du Comité de la grange ronde de Mansonville, vient souvent observer l’avancement des travaux. Après dix ans de travail, cet infatigable visionnaire et son équipe ont réussi à amasser la majeure partie du financement nécessaire à la sauvegarde de ce bâtiment historique. «C’est l’une des six granges circulaires toujours debout en Estrie, et la seule qui soit située au cœur d’un village», explique-t-il.

La grange a été citée monument historique en 2009.

Au début du 20e siècle, on comptait une trentaine de granges rondes dans les Cantons de l’Est. En vogue durant les années 1880 à 1920, ce type de construction permettait d’abriter davantage de bêtes et facilitait leur nourrissage. Toutefois, la forme du bâtiment rendait son agrandissement difficile et sa construction plus onéreuse, ce qui explique son abandon progressif.

La réfection de la grange de Mansonville se poursuivra jusqu’au printemps. Si tout va comme prévu, la grange ouvrira à nouveau ses portes à l’été 2019 pour accueillir le Centre d’interprétation du patrimoine de Potton. «Elle pourrait ainsi devenir le troisième pôle touristique culturel de la MRC, avec la Maison Merry, à Magog, et le Musée Colby-Curtis, à Stanstead», conclut Hans Walser.

 

Chantal Ethier

Secrétaire

Association du patrimoine de Potton  

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