Opération nettoyage au ruisseau Castle

Opération nettoyage au ruisseau Castle

L'intervention durera quelques jours.

ENVIRONNEMENT. Un dossier s’étirant sur une période de 17 ans pourrait se conclure avec le nettoyage du ruisseau Castle, cette semaine à Magog.

Pas une opération pour amasser déchets et débris sur les rives, mais une intervention avec pelles mécaniques dans le lit du cours d’eau pour y retirer un à deux mètres de sédiments. Le chantier s’est activé mardi sur une partie de ce tributaire du lac Memphrémagog.

Selon le porte-parole de l’Association pour la protection et l’aménagement du ruisseau Castle (APARC), Yves Viens, un entretien similaire a été réalisé à trois reprises par le passé, «mais pas de façon adéquate». Pour lui et ses membres, cette fois-ci, c’est la bonne.

M. Viens est convaincu que la Ville de Magog a tout en main pour corriger le problème d’ensablement qui s’accumule au fond du ruisseau, mais aussi dans l’estuaire du lac Memphrémagog, ainsi que devant plusieurs résidences et plages (Southière, Lestage et des Cantons).

Il rappelle l’importance de solutionner ce problème de pollution, car les sédiments, selon lui, représentent beaucoup plus que du simple sable.

«Ces sédiments contiennent des nutriments comme du phosphate et du phosphore, ce qui contribue à la prolifération des algues, soutient M. Viens. Le niveau de l’eau étant moins profond, l’eau se réchauffe davantage et provoque plus d’inondations. Sans compter les conséquences négatives sur la qualité de l’eau, la reproduction des poissons et les activités nautiques.»

En d’autres termes, selon l’APARC, tous ces éléments contribuent malheureusement au vieillissement du lac Memphrémagog.

Un des riverains, Robert Ranger, qui est aussi conseiller municipal à Magog, apprécie la décision de ses collègues, car il ne pouvait participer au processus décisionnel. «On va améliorer enfin l’environnement et la qualité de l’eau, mais on pourra aussi profiter davantage de nos bateaux, espère-t-il. Ça fait quatre ans que je n’ai pas navigué sur le lac, car le niveau de l’eau est passé de 3 pieds à 6 pouces en 12 ans. Et je ne suis pas le seul.»

Quant à M. Viens, son ponton a été déplacé au lac Massawippi, même s’il habite sur les rives du ruisseau Castle.

L’APARC explique l’accumulation de sédiments par l’érosion des berges, la déforestation, l’urbanisation, l’agriculture, des activités de loisirs, etc. La situation se dégrade lors de fortes pluies. On ne cible personne ni aucune compagnie en particulier, car le problème est collectif. Les sédiments proviennent évidemment de Magog, mais aussi d’Austin et du Canton d’Orford. M. Ranger évalue à 20 M$ la facture pour stabiliser les berges de tout le bassin versant du ruisseau Castle.

Maintenant que le ruisseau Castle semble retrouver son état d’antan, l’APARC veut s’attaquer à d’autres cours d’eau situés en amont.

 

FAITS SAILLANTS

 

106 000 $

Facture avant taxes pour le retrait des sédiments dans le ruisseau Castle

———–

214 000 $

Coût pour l’aménagement des berges du ruisseau Broadbent, mais aussi de trois autres cours d’eau situés ailleurs à Magog (bassin Notre-Dame), de la Licorne et des Tourterelles

———-

1500

Quantité en mètres cubes de sédiments accumulés à sortir du cours d’eau (des dizaines de camions dix roues)

———–

23,5 millions $

Valeur des 72 propriétés riveraines au ruisseau Castle, qui risquent, selon les estimations de l’APARC, une perte de 20-25 % si rien n’est fait