Une fillette a été blessée lors d’une fusillade impliquant la police du Nunavik

MONTREAL — Le maire d’un village du Grand Nord québécois a déclaré qu’une fillette de six ans figurait parmi les deux personnes blessées lors d’un échange de coups de feu impliquant le service de police du Nunavik au cours de la fin de semaine.

Le maire d’Inukjuak, Bobby Epoo, a indiqué que la fillette avait été transportée par avion à un hôpital de Montréal où elle recevait des soins, mais il n’a pas donné d’informations sur son état de santé par respect pour sa vie privée.

«J’offre mon plus profond soutien à la famille de la fillette et à tous les membres de la communauté touchés par cet événement tragique, a déclaré M. Epoo dans un communiqué publié lundi. Nous demeurons pleinement engagés à collaborer avec les autorités chargées de l’enquête.»

Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), organisme de surveillance de la police du Québec a expliqué que les agents du Nunavik avaient échangé des coups de feu avec un individu à l’extérieur d’une maison de la communauté peu après 3 h 30 du matin le 20 décembre, après avoir été appelés pour une personne qui aurait représenté un danger pour les autres occupants.

Le BEI indique que l’individu a été blessé lors de l’intervention policière et a été arrêté, tandis qu’une autre personne a été retrouvée gravement blessée à l’intérieur de la résidence.

Le communiqué de presse de l’organisme de surveillance souligne que la personne arrêtée était dans un état stable et que la personne retrouvée à l’intérieur de la maison était dans un état critique dimanche.

Le BEI n’a pas répondu aux questions complémentaires concernant la fusillade, notamment pour savoir si l’une ou l’autre des personnes avait été blessée par une balle de la police.

M. Epoo a expliqué que le BEI, ainsi que la Sûreté du Québec, qui mène également l’enquête, avaient terminé la collecte de preuves sur les lieux à Inukjuak.

«L’enquête se concentre maintenant sur la phase technique», a-t-il écrit. Il a ajouté que les enquêteurs «devront procéder à des analyses plus approfondies pour faire progresser l’enquête sur l’incident impliquant un homme d’une trentaine d’années et une fillette de six ans».

Le bureau du procureur de la Couronne a annoncé lundi qu’un homme de 35 ans a été accusé de possession illégale d’une arme à feu, décrite dans les documents judiciaires comme une «carabine .22 Long Rifle».

Il a comparu par visioconférence devant un tribunal d’Amos, en Abitibi-Témiscamingue, lundi après-midi, où il a indiqué au juge qu’il était hospitalisé à Montréal. L’audience a été reportée à mardi afin de permettre à l’accusé de consulter un avocat.

Le procureur de la Couronne a déclaré qu’il s’opposerait à la libération du suspect et a demandé une ordonnance lui interdisant de contacter certaines personnes.

La Presse Canadienne a choisi de ne pas publier le nom de l’homme afin de protéger l’identité de l’enfant. Le Service de police du Nunavik n’a pas répondu à une demande de commentaires lundi.

Cet incident survient alors que la police du Nunavik fait face à des critiques et à des appels à la réforme après de récentes fusillades. Le gouvernement régional de Kativik a lancé une enquête sur le Service de police du Nunavik en juillet, après trois fusillades mortelles impliquant la police en huit mois.

Un nouveau chef de police intérimaire a été nommé en novembre. Jean-François Bernier a promis de mettre en œuvre les recommandations de l’enquête et d’«apporter des changements qui témoignent d’une plus grande sensibilité aux réalités culturelles et d’une collaboration plus étroite avec les leaders communautaires», selon un communiqué de presse publié à l’époque.