Rapports de la CNESST: deux décès de signaleurs qui auraient pu être évités

Coup sur coup, la CNESST vient de publier deux rapports sur le décès d’un signaleur de chantier et d’une signaleuse routière, tous deux heurtés par un véhicule lourd au travail.

Le signaleur de chantier de construction est décédé le 4 avril dernier, à Drummondville, après avoir été heurté par la remorque d’un tracteur routier qui reculait.

La signaleuse routière est décédée le 17 juillet dernier à Saint-Calixte, lors d’une manoeuvre en marche avant d’un opérateur de niveleuse, alors qu’elle se trouvait dans son angle mort. Deux travailleurs avaient aussi subi une lésion psychologique dans ce contexte.

Dans les deux cas, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) conclut que ces décès auraient pu être évités.

Pour le signaleur de chantier, elle note qu’il y a eu une planification insuffisante de l’accès au chantier. «Le conducteur du tracteur routier muni d’une remorque basculante entreprend une manoeuvre de recul sans être dirigé et heurte le signaleur de chantier qui se trouve directement derrière celle-ci. Une planification insuffisante de l’accès au chantier, incluant la gestion des manoeuvres de recul, expose le signaleur de chantier à un danger de heurt», conclut la CNESST.

Elle identifie aussi une autre cause: «la gestion et le contrôle de la circulation des usagers de la route par un signaleur de chantier exposent ce dernier à un danger de heurt, alors qu’une telle mesure aurait pu être évitée».

Pour la signaleuse routière, la CNESST conclut à une gestion inadéquate de la circulation des usagers de la route et des véhicules de chantier. Son décès aurait pu être évité si des plans de circulation et de signalisation routière conformes à la réglementation avaient été préparés et appliqués, conclut-elle.

«Les plans disponibles au moment de l’accident n’indiquent pas la position des signaleurs routiers, peu importe l’endroit sur le chantier. Ils n’indiquent pas non plus la présence des panneaux ‘signal avancé du signaleur’ annonçant la présence d’un signaleur routier ni de la ligne d’arrêt à l’approche de ce dernier. Ces panneaux ne se retrouvent pas non plus sur le terrain. Les plans de signalisation élaborés en avril 2025 ne sont pas maintenus à jour avec l’évolution du chantier», relève la CNESST.

La signaleuse avait été écrasée lorsqu’elle s’était déplacée de dos vers une niveleuse, dans l’angle mort de l’opérateur, alors qu’il effectuait une manoeuvre de marche avant.

Elle avait suivi une formation de signaleur routier. Elle portait les équipements de protection obligatoires et utilisait un drapeau de signalisation.

Les inspecteurs de la Commission notent que les niveleuses comme celle qui a heurté la signaleuse possèdent plusieurs angles morts.

De même, le bruit généré par une rétrocaveuse, une niveleuse et un rouleau compacteur à proximité peut l’avoir empêchée de détecter la présence de la niveleuse, souligne la Commission.