Ottawa rapporte avoir perdu 20M$ en médicaments pour une porte de congélateur ouverte

OTTAWA — Des responsables fédéraux de la santé publique ont indiqué qu’une porte d’un congélateur de la réserve nationale d’urgence laissée ouverte en décembre 2024 a entraîné la perte de médicaments d’une valeur de 20 millions $. Le porte-parole conservateur en matière de santé a estimé qu’une séance d’information sur l’incident a soulevé de sérieuses questions de sécurité nationale.

Des responsables de l’Agence de la santé publique du Canada ont été convoqués cette semaine devant le comité de la santé de la Chambre des communes pour répondre à des questions sur ce qui s’est passé.

Une partie de l’audience s’est déroulée à huis clos en raison de préoccupations liées à la sécurité nationale concernant la réserve, qui est maintenue afin de se préparer à des épidémies et autres situations d’urgence.

L’incident de décembre 2024 a été rapporté pour la première fois par La Presse Canadienne en novembre, après que la perte de produits eut été révélée dans les comptes publics annuels, les états financiers vérifiés du gouvernement fédéral.

Bien que les responsables n’aient pas précisé ce qui avait été détruit ni en quelle quantité, l’ASPC avait déclaré précédemment qu’une quantité d’un type de médicament thérapeutique avait été perdue en raison de fluctuations de température qui, selon elle, étaient «causées par plusieurs facteurs».

Au cours de la réunion, le député libéral Doug Eyolfson a affirmé que les élus ont appris qu’une porte de congélateur avait été légèrement poussée après qu’une boîte à l’intérieur se fut déplacée, prenant de l’expansion sous l’effet du froid.

Le député conservateur Burton Bailey a souligné que les flacons de médicaments perdus coûtaient environ 2000 $ chacun et a demandé si le stock était protégé.

«L’accès est restreint. Il existe certaines exigences de sécurité à respecter pour pouvoir entrer dans les locaux», a déclaré Nancy Hamzawi, présidente de l’Agence de la santé publique du Canada.

Un ressortissant étranger

Le porte-parole conservateur en matière de santé, Dan Mazier, a demandé si l’ASPC avait connaissance de «l’existence d’acteurs étrangers hostiles» qui auraient tenté d’accéder à la réserve nationale d’urgence après l’incident.

«Nous savons, par l’intermédiaire d’un fournisseur avec lequel nous travaillons en étroite collaboration, qu’un ressortissant étranger a manifesté son intérêt pour accéder à notre entrepôt. Il n’y est pas parvenu», a déclaré Stacey Mantha, directrice générale du Centre de mesures et d’interventions d’urgence de l’ASPC.

Mme Mantha a affirmé qu’elle n’était pas en mesure d’indiquer au comité le pays d’origine de cette personne, car elle ne disposait pas de cette information, mais elle a promis de tenir au courant le comité. Elle n’a pas précisé quand cet incident s’était produit ni si la personne était au courant de la perte de médicaments en décembre 2024.

Dans une entrevue, M. Mazier a indiqué que le comité souhaitait obtenir plus de détails.

«Cela soulève honnêtement toute une série de préoccupations en matière de sécurité pour les Canadiens, a-t-il déclaré. Nous dépendons de la réserve d’urgence de nombreuses façons différentes.»

La réserve nationale est un réseau d’entrepôts répartis dans tout le pays où le gouvernement stocke des fournitures médicales, des vaccins et du matériel d’intervention d’urgence.

Créée pendant la guerre froide, cette réserve était initialement destinée à répondre à une urgence nucléaire.

Depuis, elle a été adaptée pour répondre aux épidémies, notamment le SRAS et la COVID-19, aux catastrophes naturelles comme les ouragans et les inondations, aux attaques bioterroristes et à d’autres situations d’urgence.

L’ASPC n’a pas répondu aux questions écrites concernant les enjeux de sécurité.

M. Mazier s’est dit frustré que personne n’ait été tenu responsable des erreurs qui ont entraîné une perte de 20 millions $.

Mme Mantha a déclaré que l’enquête interne avait déterminé qu’il y avait eu «une erreur dans notre système de gestion de la qualité» qui impliquait une communication inadéquate et le non-respect des spécifications techniques du congélateur.

Elle a également défendu la décision de ne punir personne.

«Le système de gestion de la qualité (des stocks) n’est pas punitif. Il encourage vraiment les employés à se manifester lorsqu’ils identifient un problème», a déclaré Mme Mantha.

Les responsables ont indiqué que des systèmes mis à jour, notamment un système modernisé de surveillance de la température, sont désormais en place dans l’installation et ont souligné qu’il s’agissait du premier incident de ce type.

La vérificatrice générale du Canada procède actuellement à un audit des stocks, et les responsables ont indiqué qu’ils attendaient avec impatience ce rapport.