Marc Miller dément les propos d’une conservatrice concernant des producteurs télé
OTTAWA — Le ministre de la Culture, Marc Miller, a accusé une députée conservatrice d’avoir induit en erreur un comité parlementaire en affirmant qu’un commentaire du chef d’un groupe de producteurs indépendants en faveur du gouvernement avait été fait au nom des médias d’information.
«Le travail de ces personnes consiste à produire des émissions. Comme avec des marionnettes, a rappelé M. Miller à la députée Rachael Thomas. Je pense que vous avez tort et je pense que vous le savez.»
Le litige portait sur les commentaires de Reynolds Mastin, directeur de l’Association canadienne de la production médiatique, qui représente les producteurs indépendants de télévision et de cinéma. Lors d’une conférence qui s’est tenue à Ottawa fin janvier, M. Mastin a présenté le premier ministre Mark Carney lors d’un événement.
L’un des principaux thèmes de la conférence était le financement du contenu canadien dans le cadre de la Loi sur la diffusion continue en ligne.
Dans son discours d’ouverture, M. Mastin s’est adressé à M. Carney ainsi : «toutes les personnes présentes dans cette salle et les 180 000 personnes qui travaillent dans ce secteur vous soutiennent, tout comme nous savons que vous nous soutenez».
Les conservateurs ont presque immédiatement réagi en envoyant une lettre de collecte de fonds accusant les libéraux d’avoir «les médias grand public de leur côté». Mme Thomas a également soulevé la question lors du récent congrès du Parti conservateur.
Mme Thomas l’a soulevée de nouveau auprès de M. Miller lors d’une réunion du Comité du patrimoine qui s’est déroulée jeudi.
«Le rôle des médias est de dire la vérité, de rapporter les nouvelles comme les Canadiens méritent de les entendre», a soutenu Mme Thomas lors de l’audience du comité jeudi.
M. Miller a répondu en soutenant que Mme Thomas présentait cette remarque comme provenant d’un représentant des médias d’information.
«Vous inventez cela (…) vous insinuez que ce sont les journalistes qui vont présenter les informations sous un jour favorable au premier ministre parce qu’ils le “soutiennent”, a déclaré M. Miller. C’est tout à fait faux. Il s’agit de producteurs d’émissions comme Le Vagabond, bon sang».
M. Miller a ajouté que ces commentaires avaient été lancés dans le contexte des négociations commerciales avec les États-Unis, qui ont qualifié la loi sur la diffusion en ligne de «source de friction commerciale».
«Ce qui a été dit lors de l’événement, Mme Thomas, par les producteurs d’émissions comme Rivalité passionnée, et qui a fait l’objet de longues discussions, c’est que dans les négociations commerciales, ces personnes qui défendent le contenu canadien apportaient leur soutien au premier ministre», a affirmé M. Miller.
En vertu de la loi sur la diffusion continue en ligne, l’organisme fédéral de réglementation de la radiodiffusion a ordonné aux grandes plateformes étrangères de verser une contribution de 5% au contenu canadien. Les créateurs de l’émission à succès Rivalité passionnée ont défendu la législation lors d’une intervention à la conférence.
Un porte-parole de l’Association canadienne de la production médiatique a précisé dans un communiqué précédent que le groupe est «une organisation non partisane représentant plus de 600 petites et moyennes entreprises à travers le Canada qui produisent des films et des émissions de télévision, et non des informations».
