Les proches livrent des témoignages sur les jeunes victimes de Tumbler Ridge
TUMBLER RIDGE — Une petite ville située à l’ombre des Rocheuses en a appris davantage jeudi sur les victimes d’une tuerie qui a coûté la vie à des enfants âgés d’à peine 12 ans, l’un d’entre eux luttant toujours contre une grave blessure par balle au cerveau.
La mère de Maya Gebala, 12 ans, a expliqué que sa fille a été blessée par balle à la tête et au cou.
«Notre bébé a besoin d’un miracle», a écrit Cia Edmonds sur les réseaux sociaux.
Paige Hoekstra, 19 ans, a également été transportée par hélicoptère à l’hôpital dans un état grave. Son frère a publié sur les réseaux sociaux: «Nous avons peur, nous espérons, et nous vivons au jour le jour.»
Mardi après-midi, selon la police, Jesse Van Rootselaar a d’abord tué sa mère et son demi-frère de 11 ans dans une maison familiale. Elle s’est ensuite rendue à l’école secondaire locale Tumbler Ridge, en ayant avec elle plusieurs armes.
Là, elle a tué par balle cinq élèves et un membre du personnel adulte, et a gravement blessé Maya Gebala et Paige Hoekstra avant de tirer sur les policiers qui approchaient, puis de retourner l’arme contre elle.
La GRC a révélé jeudi l’identité des victimes de la tuerie qui s’est produite cette semaine à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, notamment les cinq enfants et l’enseignante qui ont été tués dans une école, ainsi que la mère et le demi-frère de la tireuse.
Les victimes de l’école secondaire Tumbler Ridge sont Abel Mwansa, Kylie Smith, Zoey Benoit et Ticaria Lampert, tous âgés de 12 ans, ainsi que Ezekiel Schofield, 13 ans, et l’enseignante Shannda Aviugana-Durand, 39 ans.
La mère de la tireuse a été identifiée comme étant Jennifer Jacobs, également connue sous le nom de Jennifer Strang, 39 ans, qui est décédée à son domicile avec Emmett Jacobs, 11 ans.
La GRC a indiqué que les noms et les photos des victimes sont divulgués en consultation avec les familles, afin d’«honorer les vies perdues».
Certaines photos sont accompagnées de déclarations personnelles de leurs familles, notamment des messages décrivant Zoey comme «une petite fille dynamique, intelligente, attentionnée et la plus forte que l’on puisse rencontrer» et Kylie comme «la lumière» de sa famille.
«Un cœur énorme»
Trois filles ont été tuées, toutes âgées de douze ans. Kylie Smith a été décrite par ses parents comme une fille qui aimait les dessins animés et l’art et qui rêvait d’aller à l’école à Toronto.
«Elle avait un cœur énorme et était une fille si douce, aimante et attentionnée, qui illuminait tout autour d’elle. Elle n’aurait pas fait de mal à une mouche», a écrit la mère de Kylie, Desirae Pisarski, sur Facebook.
Une autre victime était Ticaria Lampert, qui, selon un organisateur de GoFundMe, laisse derrière elle sept frères et sœurs et sa mère Sarah.
Deux garçons sont morts, dont Abel Mwansa Jr., âgé de douze ans. «Mon fils, j’ai chéri chaque moment passé avec toi, tu étais un fils formidable et tu resteras toujours formidable à mes yeux, a déclaré sa mère sur Facebook. Cette blessure est la plus profonde.»
L’autre garçon, Ezekiel Schofield, âgé de 13 ans, a été salué par son grand-père Peter Schofield. «Tout semble tellement irréel. Les larmes ne cessent de couler», a-t-il publié sur Facebook.
Jour de deuil officiel
Tumbler Ridge, ses 2700 habitants et le Canada ont reçu des messages de soutien de la part de dirigeants du monde entier, provenant d’aussi loin que l’Ukraine déchirée par la guerre et l’Australie.
Le premier ministre Mark Carney a annoncé qu’il se rendrait à Tumbler Ridge pour assister à une veillée vendredi. Son bureau a déclaré que M. Carney avait été invité par le maire de la ville, Darryl Krakowka, et qu’il avait invité tous les autres chefs de partis fédéraux à se joindre à lui.
Jeudi, jour de deuil officiel en Colombie-Britannique, les habitants ont bravé le vent glacial pour continuer à déposer des fleurs sur un mémorial improvisé dans le centre-ville. Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, et sa ministre de la Sécurité publique, Nina Krieger, ont discrètement ajouté des bouquets et sont restés silencieux pendant quelques instants avant de partir.
Une résidente a déclaré qu’elle était reconnaissante du soutien reçu et qu’elle espérait que l’héritage de cette ville autrefois prospère grâce à l’exploitation du charbon serait celui de la compassion et non de la douleur.
«Notre communauté ne veut pas être connue comme le lieu d’une tragédie, a affirmé Yvonne Poulin aux journalistes. J’adore cet endroit. J’adore cette ville et maintenant, j’aime encore plus le Canada grâce à ce que vous nous avez donné.»
La veille, des enfants, des adolescents, des parents et des grands-parents se sont rassemblés pour une veillée, blottis les uns contre les autres pour se protéger du froid et du chagrin. Le maire Krakowka a déclaré aux personnes en deuil : «Vous avez le droit de pleurer.»
La police poursuit son enquête
Jeudi, des enquêteurs vêtus de combinaisons blanches, destinées à empêcher les agents de contaminer la scène du crime, se trouvaient devant la maison où Mme Strang et l’enfant de 11 ans sont morts.
La police a précisé avoir effectué plusieurs visites au domicile de Van Rootselaar pour des raisons de santé mentale et, à un moment donné, pour saisir des armes, qui ont ensuite été restituées.
Elle a indiqué que Van Rootselaar avait été assignée homme à la naissance, mais avait commencé une transition de genre il y a six ans. Il y a quatre ans, elle avait abandonné ses études.
Une amie de Mme Strang, dans un message publié sur les réseaux sociaux, l’a qualifiée de parent attentionné.
«Je sais que tu as fait de ton mieux malgré tout», a déclaré Rhen-Rhen Reyes Ceredon dans son message.
La page Facebook de Mme Strang indique qu’elle était originaire de la petite ville de Lawn, à la pointe sud de Terre-Neuve-et-Labrador, qu’elle s’était séparée de son mari en 2015 et qu’elle cherchait à ramener ses enfants de la Colombie-Britannique dans sa province d’origine.
Au lieu de cela, un juge a décidé que les enfants devaient retourner en Colombie-Britannique, invoquant dans sa décision qu’ils avaient mené une «vie presque nomade».
Une arme longue et une arme d’épaule modifiée ont été retrouvées dans l’école après la fusillade et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) affirme qu’elle s’efforce de déterminer leur provenance, leur propriétaire et si ces armes étaient détenues légalement.
