Carney affirme qu’il n’y a «pas de drame» concernant le pont Gordie-Howe
OTTAWA — Le premier ministre Mark Carney a insisté mercredi sur le fait qu’il n’y a «pas de drame» concernant le statut du pont international Gordie-Howe, mais que son ouverture pourrait prendre plus de temps que prévu.
«Tout le monde travaille fort pour que le pont soit ouvert aussi tôt que possible», a dit M. Carney, avant de se rendre à la réunion du caucus libéral.
«Il n’y a pas de drame, si ça prend un peu plus de temps, ce sera le cas», a-t-il ajouté. Il a précisé que le pont apportera des bénéfices pour les Canadiens et les Américains, tout comme pour les touristes et les commerçants.
M. Carney a déclaré mardi que le deuxième pont entre Windsor et Détroit «sera ouvert à la fin de la semaine».
Une cérémonie d’inauguration du pont, détenu conjointement par les gouvernements du Canada et du Michigan, devrait avoir lieu vendredi.
Le maire de Windsor, Drew Dilkens, a déclaré qu’il avait été invité à l’inauguration, mais qu’il ne savait toujours pas quand le pont ouvrirait.
«J’espère que cela aura bien lieu et la rumeur dit que le pont ouvrirait lundi, mais je n’ai rien d’officiel. Donc, littéralement, ce n’est qu’une rumeur qui circule», a affirmé M. Dilkens à La Presse Canadienne.
«Je ne connais vraiment pas la date (d’ouverture). Je sais que nous sommes impatients de voir ce pont ouvert. Cela fait pratiquement 25 ans que ce projet est en cours.»
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a rapporté mercredi qu’il ne prévoyait pas d’assister à la cérémonie d’inauguration, si celle-ci devait avoir lieu vendredi, mais qu’il comptait se rendre sur le pont une fois que la circulation aurait repris.
Le premier ministre a ajouté qu’il espérait que le président américain Donald Trump verrait l’intérêt économique mutuel de l’ouverture de ce pont transfrontalier.
«Nous voulons que les marchandises circulent de manière fluide à travers nos frontières. Notre autre pont voit passer environ 1 milliard $ par jour, alors espérons que le président Trump change d’avis sur ce point, car si cela nuit à son économie, cela nuira aussi à la nôtre», a expliqué M. Ford.
Le président Donald Trump a dit en février que les États-Unis devaient être indemnisés avant qu’il n’autorise l’ouverture du pont, et un responsable de la Maison-Blanche a indiqué mardi à Global News que sa position n’avait pas changé.
Le Canada a pris en charge le coût de construction du pont, qui s’élève à 6,4 milliards $. Ce coût devrait être amorti grâce aux péages et les deux parties se partageront les recettes une fois que le pont aura été entièrement financé.
Le pont a fait l’objet d’une forte opposition de la part des membres de la famille Moroun, propriétaires du pont concurrent, le pont Ambassadeur, et les démocrates de la Chambre des représentants à Washington enquêtent pour déterminer s’ils ont agi dans le but d’entraver la construction du nouveau pont.
M. Dilkens a indiqué qu’il essayait de ne pas se laisser trop influencer par la rhétorique de M. Trump. Il a ajouté qu’il considérait le pont comme une aubaine pour le secteur automobile des deux côtés de la frontière, car il offre aux constructeurs une liaison directe d’autoroute à autoroute.
Le maire a affirmé que si l’ouverture était retardée par M. Trump exigeant des concessions, le Canada devrait attendre que la situation se règle.
«Si les États-Unis tentent de nous pousser, nous les Canadiens, à accepter un mauvais accord et à nous mettre à genoux pour ouvrir ce pont, il suffit d’attendre», a-t-il soutenu.
«Nous ne devons pas accepter un mauvais accord sur un projet auquel nous avons travaillé ensemble pendant plus de 25 ans et que nous avons entièrement financé en tant que Canadiens.»
Une source canadienne au fait du projet, mais non autorisée à s’exprimer publiquement à ce sujet, a rapporté que les invitations à l’événement de vendredi avaient été envoyées et que tous les signaux reçus par le gouvernement fédéral indiquaient que le pont était prêt à ouvrir.
La source a indiqué que l’Autorité du pont Windsor-Détroit — une société d’État canadienne chargée de la construction et de l’administration du pont — dispose de toutes les autorisations techniques nécessaires pour aller de l’avant.
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a déclaré mardi aux journalistes à Washington qu’il doutait que l’ouverture puisse avoir lieu comme prévu.
«Voyons s’il s’ouvrira ou non, a-t-il affirmé. Espérons que ce sera le cas, s’ils disent qu’il va ouvrir. J’entends simplement deux versions différentes.»
La Presse Canadienne a contacté le bureau de la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, pour obtenir des commentaires, mais celui-ci a renvoyé les questions à l’Autorité du pont Windsor-Détroit.
La Presse Canadienne a contacté l’autorité du pont, mais n’avait pas encore reçu de déclaration au moment de publier.
— Avec des informations de Kelly Geraldine Malone, à Washington, et d’Allison Jones, à Toronto
